REPRÉSENTÉE POUR U PREMIÈRE FOIS LE
LE POtBO: DE a. ROUSSEAU. LA nUSIQUE DE ■. DCSHARETS.
Le mauvais succès de l'opéra de Jason aurait dégoûté | ne l'eiit pressé de réparer son malheur, en tâchant, dans Rousseau de travailler pour ce spectacle, si M. Francinelun nouveau poème, de mieux suivre les traces de Qui-
BIBLIOTHÈQUE CHOISIE
naull. Il lui proposa en même temps d'en faire un dans le goût à'Atys. Ne vous abandonnez pas, lui dit-il, à votre génie; suivez un guide dans un pays dont" vous ignorez encore les routes Ces conseils lui liront entreprendre l'opéra de Vénus et Adonis. Malgré la musique, qui n'était pas mauvaise, il pensa tomber à la première représentation, sans M. le prince deConti, qui, voyant lacour prête à se retirer dès le troisième acte, la retint en disant qu'il devait revenir une bure de sanglier au cinquième, qui ne serait peut-être pas mauvaise.
Tout le monde convient cependant que la musique a soutenu l'Opéra pendant quelque temps ; mais suivant M. de Preneuse, témoin oculaire et ami de Desmarels, il n'eut que douze représentations dans sa nouveauté. On le reprit en 1717 : il n'eut pas plus de succès, et n'a point paru depuis.
Terminons cet article par une réflexion, que Rousseau, poète d'ailleurs très recommandable, après avoir satirise tout le Parnasse, s'est mis lui-même par les ouvrages
3u'il a donnés à l'Académie royale de musique, à la portée e ces deux épigammcs de Gacon :
EPIGBAMME
Svr un opéra de Rousseau, qui a eu quelque réussite, mais qui est pourtant très mauvais.
Jadis le Bis d'un boulanger Nous fit des opéras pleins de force et de grâce,
Le héros comme les bergers Y récitaient des vers avoués du Parnasse ; Le fils d un cordonnier prend aujourd'hui sa place;
Mais, malgré toute son audace, 11 approche aussi peu de cet homme divin,
Que le cuir approche du pain.
Sur l'opéra d'Adonis.
Dans une seule et courte scène, Vénus presse Adonis de lui faire l'amour. Le beau blondin, pour soulager sa peine,
Ne demeure pas sans retour.
Ainsi, Rousseau, ce grand poêle, Sait bien représenter la femme de Vuicain : Croyant que c'était peu d'en faire une coquette.
Il en a fait une câlin.
BALLET E!V CIXQ ACTES,
hEPRÉSENTK POUR LA PREMIERE FOIS LE
LE rOttSZ DE n. PIC. l« miEIQUE DB n. LACOITC.
Ce ballet parut si mauvais et si peu propre à être représenté, que le musicien se crut obligé d'en faire par avance ses excuses au public et tâcher de le prévenir sur ce divertissement : «Ce ballet, dit-il, n'était, dans sa naissance, qu'un petit concert que j'avais composé pour le faire iouer devant des personnes di.stinguéos qui m'honorent de leur protection et de leur amitié. J'en lis d'abord une répétition qui ne déplut pas; on en rendit compte à M. de Francine, qui, par une bonté qui lui est naturelle, ne demanda pas mieux que d'avoir occasion de favoriser les jcunesgcnsqui ont envie de bien laire; il voulutentendre ce petit essai, et il trouvaqu'il pourrait luiconvenir.s'ilyavait moyen de l'ajuster au théâtre, et de lui donner plus d'étendue. Si je suis assez heureux d'être applaudi en qucl- (lues endroits de ce ballet, j'ai besoin qu'on ait beaucoup a'indulgcnce pour le reste, où je n'ai pas laissé que de faire de mon mieux. Je ne suis pas encore assez versé dans la composition, pour produire un ouvrage qui puisse soutenir le jugement du parterre. »