LC POÊBC DE M. DC LA MOTTE. L* MUSIQUE DE SI. C0LA3SE
De belles choses dans un pocrnc lyri([uc et de grands morceaux de musique ne font pas toujours la fortune d'un opéra; c'est ce qu'éprouvèrent les auteurs de celui qui fait le sujet de cet article. Je me sou\ iens. d'avoir vu une critique du poème par le noble auteur des Pasquinades;
dans celte critique il y avait une épigrammc de La Molle, où il traitait son adversaire de fade l'asquin, et celui-ci y répondait assez vivement. Je n'ai pu retrouver depuis, celle critique, quelques soins que je nie sois donné.
HESIONE,
BEPRiSENTÉE POCR LA PREMIÈRE FOIS LE MARDI 21 DÉCEMBRE 1700.
LE POËIDE DE U. DAKCBET. LA MOSIQCE DG m. CAMFlU.
Cette tragédie, qui est le premier ouvrage que M. Dancnet ail donné au théâtre de 1 Opéra et la proniicrc que M. Camjjra ait mise en musique, fut reçue du public avec de grands applaudisstmens. Ou trouva la vonsilicalion du noème 1res exacte, et la musique chantante d'un bout à l'autre.
Le prologue est estimé, le spectacle des jeux séculaires est une idée heureuse que l'aulcur a employée avec art. Au deuxième acte, le dialogue d'IIésione et Anchise esl très attendrissant; ce dernier fait ensuite un beau monologue, dont la musique est généralement très estimée. Tout le monde convient que la scène de la princesse et de Télamon au troisième acte, est liés Ihéâtrale. et il est impossible de n'être pas touché de celle d'Anchisc et d'IIésione au quatrième, oii ces deux amans, également trompés, s'accusent réciproquement d'infidélité.
Malgré ces beautés et l'indulgeuce qu'on doit avoir pour un auteur qui ouvre si heureusement sa carrière, on trouvera peu d*^. poème lyri(|iic qui ail plus essuyé les traits de la salire; c'est ce (|u'il a de commun avec les ■meilleurs ouvrages. Les critiques n'épargnèrent ni le plan de la pièce ni les principaux personnages. Cependant les censures et les parodies qu'on a faites de cet
opéra n'ont pu l'empêcher de réussir . ni d'être mis au nombre de ceux qui sont restés au théâtre, où il fut représenté dans sa nouveauté depuis le 21 décembre 1700 jusqu'au mois de juillet suivant (1),
(1) Voici quelle était la distribution des rôles aux premières représentalions de cet opéra :