REPRÉSENTÉE POUR. LA PREMIÈRE FOIS LE MARDI H NOVEMBRE
nSE AS TBtATBE PAR LES SOIRS DE BU. DAKCBET ET CAOPSA.
Le succès des Fragmcns deLully fit naître aux acteurs l'idée de mettre îi profit ceux des opéras modernes qu'on avait condamnés à ne plus paraître au théâtre. Pour en fiiirc quelque chose de singulier, l'auteur entreprit de les
rendre intéressans en y mettant une action. Cela parui d'abord iiiqiossibie. Mais le dcsii* de plaire au public lui fit résister à toutes les dillicultés, et aux conseils de sis amis, qui voulaient l'en détourner. 11 choisit donc le suj.i
BIBLIOTHEQUE CHOISIE
de TéUmaque. Il fit le plan de sa tragédie ; il la composa des morceaux de musique choisis dans les opéras dont on vient de parler (1). Ces morceaux sont liés par des vers
(1 ) Ces fragmens sont pris des tragédies d'Enée et Lavinie , d'Aréthuse , d'Astrée, de Canenle , de Mcdée , du Carnaval de Veriise, d' Ariadne, de Circé, des Fêtes galanlesel d'Ulysse, dont nous avons parlé ci-devant. Mlle Desnjâtins, Armand etMaupin y jouèrent Calypso , Eucbaris et Thétis, et Poussin fît Télémaque.
de l'auteur, dont Campra fit la musique. « Cet ouvrage, ajoute l'avertissement qui le précède, peut être comparé à un cabinet de tableaux choisis de diflërens maîtres. »
Cette idée, qui avait paru si riante k l'auteur, eut un succès contraire k ses espérances, et l'événement fit bien voir qu'il aurait dû croire ses amis, qui avaient voulu le dissuader d'y travailler, et qui étaient des personnes de goût. Au reste, c'était le premier opéra que Guyenet donnât après avoir pris possession de son bail, comme on vient de le voir.