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ISIS

TRAGÉDIE

REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A SAINT-CERMAIN-EN-LAYE , LE 5 JANVIER ICT?.

LE rOim DE n. QUIIfAOLT. LA nDSIQaG DE ■. LITLLT.

Cet opéra , selon M. de Preneuse , est le plus savant de ceux de Lully et celui pour lequel il a pris une peine infinie, lorsqu'il le (it exécuter à la cour Le grand nombre d'instrumens touchés par les plus habiles maîtres du temps, ne contribua pas peu h faire sentir les beautés de la musique. Les habits furent trouvés parfaits, soit pour la richesse, soit pour le goût; Berain se surpassa en cette occasion, et on peut assurer que Beauchamps et d'OIivet firent des merveilles dans la composition du ballet ; de sorte que si cet opéra eut un faible succès dans sa nouveauté , on ne doit s'en prendre ni au musicien , ni h ceux qui l'exécutèrent, mais seulement aux discours et aux applications malignes que les ennemis de QuinauU semèrent alors pour le perdre dans l'esprit du feu roi.

Entre mille beaux morceaux dont cette tragédie est remplie, on ne peut assez admirer le fameux trio des Parques, que Lully même aimait tant, et qui passe pour le plus beau qu'il ait jamais fait eu ce genre. La plainte de Pan (actcUI, scène vi) : Ilélasl quel bruit étrange? etc., est regardé comme un ciiel-d'anivre, par la manière dont le musicien l'a rendue, après l'avoir copiée d'après nature, à ce qu'on prétend. En un mol, tout le monde convient que la musique de ce poème est parfaitement belle.

A l'égard du poète, il est toujonrs le même pour la versification, qui est très lyriq^iic et très élégante. Mais on lui reproche que la furie Lrinnys, qu'il y a introduite, est trop tranquille; qu'on ne sent point dans sa pièce cet intérêt qui doit être lame de tous les ouvrages de théà-

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tre. Malgré la critique, on rend cependant justice à Quinauit, il a fait tout ce qui a dépendu de lui. On pourrait plutôt le reprendre d'avoir choisi un sujet qui ne peut offrir rien que de triste et de désagréable; ainsi plaignons-

le d'avoir été obligé de traiter un fond ingrat et stérile dont il a été contraint de remplir le vide de scènes épisodiques, et qui, après lui avoir coûté un travail infini, n'a servi qu'à lui attirer la disgràcç de la cour.

THESEE,

TRAGÉDIE

BEPRÉSENTÉE POtJR LA SECONDE FOIS A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE , LE 16 FÉVRIER 16T7, ENSUITE A PARIS APRÈS PAQUES

L'accueil peu favorable que reçut ;> la cour la tragédie d'/sî's, engagea Lully à lui substituer Thésée qui reçut beaucoup d'applaudisseraens, et occupa le reste du carnaval. C était 1 usage de Lully de faire paraître à Paris les nouveaux opéras, aussitôt qu'on cessait de les jouer devant le roi. 11 n'en usa pas de même à l'égard d'/«ts. La disgrâce marquée de cet opéra lui (it prendre la résolution de continuer sur son théâtre les représentations A'Atys, qu'on ne pouvait se lasser de voir, et même il voulut ouvrir son Académie après Pâques par Thésée (1), qui était

(1) Nous ne répéterons point i es noms des acleurs puis-

tout prêt, et recula la première représentation d'/sis, qui ne fut donnée qu'au mois d'août suivant.

qu'ils étaient les mêmes qui avaient joué en 1675. Un auteur du temps nous apprend que Lully ayant obtenu un ordre du roi qui défendait à toutes personnes de livrées, etc. d'entrer aux troisièmes loges de l'Opéra, il fut publié à l'ouverture du théâtre ; de sorte que dans 13 suite ces mômes places ont été et sont encore occupées par de très honnêtes gens, et même de grande qualité.

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