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BELLÉROPHON

TRAGÉDIE

REPRiSENIÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A PARIS PAR l' ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUlt, LE ÎURDI 31 JANVIER 1679.

LE POtHE OB B. COmiEaLC LE JEUNE. LA DIDSIQUE DE H. LQLLT.

Thomas Corneille, rebuté par le peu de succès de Psyché, avait renoncé au théâtre lyrique; mais Racine et Despréaux, qui n'avaient rien oublié pour décrier Quinault, n'oublièrent rien aussi pour ranimer Corneille à faire des opéras ; et ne se flattant pas d'en pouvoir venir à bout par eux-mêmes, ils firent si bien, que Louis XIV lui fit l'honneur de lui témoigner qu'il le souhaitait. Il n'en fallait pas moins pour le rembarquer sur une mer qui lui paraissait trop orageuse. Corneille choisit le sujet aQ Bellérophon. Il en fit le premier acte avec beaucoup de facilité; il le montra à Lully, à qui il déclara que le plan de ses quatrième et cinquième actes était tracé, mais qu'il ne savait comment disposer le deuxième et le troisième. Lully lui dit de consulter Quinault. Ce dernier s'y prêta de bonne grâce ; mais il pensa le désespérer par la rigueur avec laquelle il fit main basse sur les deux tiers de ses vers, qu'il ne trouvait pas assez lyriques. 11 le tira enfin d'embarras. BdUrophon (1 ) fut achevé, et les représentations emportèrent également les sufl'rages de la cour et de la ville.

Avant que de faire paraître cet opéra à la cour, Lully voulut s'assurer de l'approbation du public; il avait promis de le donner au mois de décembre J 678; mais étant tombé malade en ce temps , la première représentation de BelUrophon fut remise au mardi 31 janvier 1679; cet opéra parut à Paris avec un concours prodigieux. « On peut assurer, dit Devisé, que tout Paris y était et que jamais assemblée ne fut plus nombreuse, ni plus illustre. J'entends crier miracle de tous côtes : chacun convient que M. de Lully s'est surpassé lui-mê

(1 ) Cet opéra fut annoncé dans le public sous le titre des Triomphesde Beltérophon. [Mercure galant, décembre 1678, p. 124).

me , et que ce dernier ouvrage est son chef-d'œuvre. »

En effet, cet opéra a eu un succès des plus marqués, puisqu'il resta au théâtre, sans discontinuation, depuis le 31 janvier jusqu'au 27 octobre suivant, outre deux représentations extraordinaires, dont la première fut donnée le mercredi 31 mai pour M. le dauphin, et l'autre le mercredi 6 septembre pour la reine d Espagne (Marie-Louise d'Orléans), fille de feu Monsieur, lorsque cette princesse étant sur son départ, pour aller trouver le roi son époux, souhaita de voir cet opéra, qui n'avait point encore paru ii la cour.

Passons présentement à un examen précis des beautés et des défauts de cet opéra; l'exposition de la première scène a, d'un consentement universel, passé pour la plus belle du théâtre lyrique.

Le second acte est celui qui a le plus prêté au musicien, par le moyen de la magie, qui est, sans contredit, la plus frappante qu'on ait jamais vue au théâtre. 11 y a une singularité à observer dans celte magie, c'estqu'elle est toute versifiée en rimes plates, c'est-à-dire non croisées; on ignore les raisons qui ont pu porter l'auteur (I) à s'imposer celte loi, car le hasard ne saurait avoir produit cela pendant trente vers de suite.

On a trouvé les fêtes du troisième acte trop longues, et que le quatrième n'est pas assez rempli. On aurait aussi souhaité que la pièce eiit fini par la mort de SthenobéCc La fêle qui suit a paru hors de raison, après une catastrophe SI tragique.

En 1728, lorsqu'on reprit cet opéra,' on fit quelques changemens dont nous parlerons à son temps.

(1 ) Tout le monde sait que le rôle d'Amisodar est entièrement de la composition de M. de Fontenelle, dont nous aurons lieu de parler ci-dessous avec éloge.

BIBLIOTnÈQUE CHOISIE.

TDESEE,

TRAGÉDIE

REPRÉSENTÉE POUR LA TROISIÈME FOIS PAR l' ACADÉMIE EOÎALE DE MUSIQUE , LB DIMANC G 29 OCTOBRE 1679.

cîon^nrirl'LS'^fio''^^ '^'"-''^^ ^^ '^^°"'■• ^^ r<^'server| la dauphinc, remit au théâtre, le 29 octobre, Thésée, lorsson opéra nouveau de Proserpine, pour l'arrivée de Mme | .ju'oa eut cessé les représentations de BclUrophm.

CADMUS ET HERMIONE

TRAGÉDIE

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