C. COI.OUB
A FERDINAM
Poëte merveilleux de la force du Dante, Qui ton rêve écrivis non sur du froid papier, Mais sur le sein mouvant de TOcéan altier Avec le bois ferré d'une carène ardente;
Toi qui, plein de génie et de foi débordante, Fus méconnu des tiens, et, pâle aventurier, Forcé de sol en sol d'errer et mendier, Rire des faux savants à la lèvre impudente,
O Colomb, que de maux pour atteindre ton but! Et pourtant durs affronts, misère, rien ne put Arrêter ton élan , troubler ton œil de flamme :
C'est qu'en la mer d'angoisse où te plongeait le sort Naviguant pour Dieu seul, il était le point nord Où, malgré vents et flots, se tournait ta grande âme.
JEROME SAVOiNAROLE.
Aimez-vous les uns les autres, e^rous serez libres. Savoxarole.
Moine à l'âme mystique, au cœur républicain , Sombre amant de Flor^ce , 6 grand Savonarole! Il fut triste le jour où ta sainte parole Jeta ses derniers bruits comme un lugubre airain.
Hélas! tu vis, dit-on, d'un regard surhumain, Quel serait le paîmentde ton amitié folle; Tu vis le peuple ingrat flétrir ton auréole Et la mort sur ton front prête à porter la main.
Alors, comme le maître au jardin des Olives, Contemplant le tableau de tes souffrances vives, Tes membres délicats saignant sous les liens,
La torture féroce et le bûcher immense, Tu fis un grand soupir et pardonnas d'avance A tes lâches bourreaux qui tous étaient chrétiens.