‹ Satires et chantsChapitre 126 sur 148 · LE COMTE D'EGMONT · texte numérisé non relu

LE COMTE D'EGMONT

Voioi ma tête... c'est la plus libre que jamais tyrannie ait fait tomlier.

Gœthe.

Liberté, liberté, bel ange aux larges ailes! Lorsque, plauant dans l'air au-dessus des cités, Tes regards tout à coup vers la terre emportés Descendent sur les murs de la riche Bruxelles;

Quel est dans cet amas de toits noirs et heurtés L'aspect qui sait le mieux enflammer tes prunelles. Et qui fait palpiter d'ivresses immortelles Ton sein toujours ouvert aux nobles voluptés?

Est-ce ce beau palais aux tourelles gothiques, A la flèche hardie , aux créneaux fantastiques. Que du vieux Jean Ruysbroeck éleva l'art profond?

Est-ce la cathédrale et sa superbe masse? —

Non; l'objet est moins haut. Enfant, c'est dans la place

Le pavé sur lequel coula le sang d'Egmont.

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