‹ Satires et poèmesChapitre 23 sur 43 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

La nef aux flancs salés qu'on nomme l'Angleterre.

0 sombre et lugubre vaisseau, Je vais voir ce qu'il faut de peine et de misère

Pour te faire flotter sur l'eau !

Je vais voir si les mers nouvelles où tu traînes

La flottille des nations Auront moins de vaincus, de victimes humaines,

Ensevelis dans leurs sillons ;

Si le pauvre Lazare est toujours de ce monde,

Et si, par ta voile emporté, Toujours les maigres chiens lèchent la plaie immonde

Qui saignait à son flanc voûté.

Ah ! ma tâche est pénible et grande mon audace ;

Je ne suis qu'un être chétif, Et peut-être bien fou contre une telle masse

D'aller heurter mon frêle esquif;

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