‹ Satires (volume 2)Chapitre 22 sur 58 · A UN QUI VEUT RIRE · texte numérisé non relu

A UN QUI VEUT RIRE

r AR pitié! sois tout d'une flèche.

Toi qu'on lit toujours en bâillant ; N'imite pas un jour Bobèche, Vn autre jour Chateaubriand.

Un sol tpii Iravaille et se lime Ne devient qu'un sot plus parlait; Tu n'es pas né pour le sublime ; I.o grotesque. \oilà ton lait.

Si pourtant l'honneur te démange.

Si ton kalife ainsi l'entend.

Lâche-toi, sois sublime, man!:;e Au làlelier de Pellelan 1

Va barbouiller en haulc splière, Rends-loi proplièle par accès :

Pour loi ce n'est pas une allairo, Tu sais bien le mauvais français.

Superbemenl jette l'insulte Au pai)isme qui va Iinii- ; Fais-nous des codes, ponds un culte.

Le beau culte de l'avenir!

Mais sois ferme en celle manière.

Elle rentre dans ta façon.

Vois comme fait La Bëdollière.

Prends exemple du limaçon.

De l'abonné docile esclave, Tu combleras ainsi les vœux :

Il prendra pour un jet de lave Ton sillon luisant et baveux.

Tu grandiras dans son estime, Au Siècle lu seras puissant ; El moi, mon fils, moi ta victime.

Tu me veri'as reconnaissant.

lioiilieur que je ne puis décrire!

Quoi ! ce sot n'est plus folichon !

Je n'entends plus grincer son rire, ('nmme sur la vitre un bouchon !

11 connut ma peine profonde, L'excellent garçon ; il comprit Qu'on est trop rude au pauvre monde Quand on est sot et bel-esprit.

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