‹ SatiresChapitre 40 sur 72 · L'HOMME · texte numérisé non relu

L'HOMME

JJu haut de la colline, assis sous le vieux frêne, J'ai vu le beau matin rire dans le ciel clair. Des souffles embaumés sans bruit traversaient l'air, Effleurant les buissons plus ornés qu'une reine.

Non loin de mes regards, immobile, la mer, Libre de vils fardeaux dans sa paix souveraine, Autre ciel tout d'azur, épanchait sur l'arène Ses étoiles d'argent où se jouait l'éclair.

Dieu me faisait sentir sa présence sublime :

Il descendait du ciel, il montait de l'abîme I Je priais. — Tout à coup, dans le creux du chemin,

L'homme, hélas! apparut : Un berger maigre et blême, En haillons, l'œil méchant, vomissant le blasphème. Menait ses moutons paître, un fouet à la main.

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