‹ SatiresChapitre 59 sur 72 · Deui, Tenerunt gentes · texte numérisé non relu

Deui, Tenerunt gentes

Contre ces meurtriers qui sifflent leurs victimes Devrons-nous longtemps t'appeler?

Nous sommes en risée aux peuples : ils se disent : — « Ce Jacob, où donc est leur Dieu? »

Réponds-leur; dans ta main prends les traits qu'ils aiguisent Contre toi ; prends l'arc, prends l'épieu!

Dieu! que ton silence est terrible à la terre I

Parle-nous, rends-nous ton amour; Sors de ta paix et fais éclater ton tonnerre ;

Qu'ils te connaissent à leur tour I

Car nous sommes pécheurs, mais ceux-là sont impies;

Ils n'ont pas invoqué ton nom.

Tu voulais réveiller nos âmes assoupies,

Mais leurs âmes sept au démon.

Pour l'honneur de ton nom, fais-nous miséricorde;

Nous sommes dans l'abîme, accours!

Pour l'honneur de ton nom, disperse cette horde;

Le succès la grossit toujours.

Pour l'honneur de ton nom, qu'ils ne puissent plus dire : « Où donc est leur Dieu? » Montre-toi.

Pour l'honneur de ton nom, que leur jactance expiij; L'opprobre monte sur ta loi !

Garde les fils de ceux qui sont morts pour ta cause,

Venge, Seigneur, le sang verse; Console le captif, et que Tespoir repose

Les rêves sombres du blesse I

Afin que dans Moab ton nom se perpétue, Et qu'ils craignent unième sort,

Dieu, rends-leur sept fois Topprobre qui nous tue; Dieu, rends-leur sept fois la mort !

Octobra tSIO^ tprèt It «ervîM Anèbn d« Ptmodan.

ET VIDEBUNT

Matth,, niT, 30.

Ils ont scellé la pierre, ils ont fait bonne garde; Ils ont dit : Il est mort, et nous le tenons là t Mais quelques jours après, dans la foule hagarde Ce bruit étrange circula *

Que, malgré les soldats et leç sceaux et la pierre, Sans secours du dehors, comme un roi se levant. Laissant dans le tombeau pour témoin son suaire, 11 en était sorti vivant 1

La Madeleine et Jean et quelques-uns des autres L'avaient vu. Sur son corps les clous avaient laissé Des stigmates ouverts; et les mains des apôtres Avaient touché son flanc percé !

On disait : Sa parole, à nos sens obscurcie, Resplendit maintenant des clartés du Thabor ; Et quiconque l'entend reconnaît le Messie.... Les bourreaux dirent : — a II est mort.

« Qui croira contre nous des témoins imbéciles? S'ils veulent trop parler, nous les étoufferons. Us disentqu'ils l'ont vu ? Nous sommes bien tranquilles : Ce n*est pas nous qui le verrons I

« Ce Vainqueur de la mort, ce Fils de Dieu, ce Maître, Qu'il ose se montrer à des yeux éclairés :

Nous aussi, l'ayant vu , nous le croirons peut-être... > — Vous le verrez, et vous croirez î

Us le verront I Moment horrible 1 Sans miséricorde pour eux, Triompliant, irrité, terrible.

Us le verront, les malheureux I Quand le Très^Haut, las de la terre, Donnera cours à sa colère Dont les archanges frémiront ; Quand viendra Theure inexorable, C'est sa promesse formidable :

Et videbunt^ ils le verront I

Voici le jour I la foudre éclate, Les étoiles tombent des cieux.

Viens, viens, Hérode! viens, Pilate!

Viens, Calphe ! levei les yeux.

Voyez le Roi dans son cortège, Le Juge trônant sur son siège.

Le Dieu qui se montre aujourd'hui l.«, Pleins de terreurs inénarrables.

Ils regardent : — Oh I misérables !

terre, engloutis-nous : c'est lui II!

Restez, regardez bien. L'abime Attend son ordre pour s'ouvrir.

Regardez bien votre victime.

Morts qui ne pourrez plus mourir.

Reconnaissez ces mains divines.

Ce front qui porta les épines, Et ce visage souffleté.

Voilà l'objet de vos outrages I Allez nourrir de ces images La nuit de votre éternité.

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