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Je ne veux point parler des livres comme le pamphlet du P. Loriquet, pamphlet indigne d'un homme d'esprit et de cœur écrivant en français, et vingt fois réimprimé sous le titre d'Histoire de France. On ne nie fera jamais croire que les maisons d'éducation qui, avec cet ouvrage, osent fausser l'esprit et le cœur de la jeunesse, agissent pour la plus grande gloire de Dieu. Au reste, les jésuites font actuellement disparaître, autant qu'ils le peuvent, surtout les éditions avoisinarçt 1814. le ne fais allusion qu'aux livres de bonne foi, mais auxquels on peut appliquer cette réflexion de M. Villcmain, que j'ai entendue, si je ne me trompe, à une séance de l'Institut : « Quand un siècle est trop préoc-
cupé de lui-même, il teint de ses couleurs les temps éloignés qu'il veut décrire. »
Le juif W... a fait une traduction d'Homère. Celui qui l'a signée allait être décoré quand la supercherie fut découverte. Dieu sait ce qu'il a payé au malheureux savant! Un homme de lettres veut donner l'histoire d'un allemand célèbre; c'était un travail fort difficile; c'est encore W... qui le compose. On fait observer à cet homme de lettres qu'il donne si peu au pauvre diable, qu'il meurt de faim. Que répondit-il? « Je ne sais jusqu'à quel point, en ma qualité de catholique, j'ai le droit de m'opposer à ce qu'un juif meure de faim. » L'ouvrage a eu un grand succès. On m'a appris que cet infortuné W... s'est jeté, corps perdu, dans les troubles populaires de l'Allemagne. Depuis, je n'ai plus entendu parler de lui. Ceux qui, par leur dureté et leur injustice, réduisent au désespoir les hommes qu'ils exploitent, sont de bien grands coupables.