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Les querelles religieuses se terminent presque toujours par ce triste, refrain :
Tant de flel entre-l-il dans l'âme des dévots !
(Boileau, Lutrin, I.)
On connaît les impitoyables attaques de saint Bernard contre Àbeilard : «Cet auteur, disait-il, dont il serait plus juste de battre la bouche avec un bâton, que de le réfuter avec des paroles *. » Dom Gervaise, au
« Vie de S. Bernard. Paris, Antoine Vitré, 1649, p. 547.
livre V de La Vie d'Abeilard qui ne rendu pas injure pour injure et dont les termes furent réglés par la. charité jusque dans ses lettres confidentielles à Héloïse, se trouve fort embarrassé pour expliquer la conduite de l'adversaire du grand dialecticien; car il avait écrit, entre autres au cardinal Yves, en des termes qui pourraient surprendre, si l'on ne savait, dit-il, en citant l'évèque Godeau, que Dieu laisse les saints parler et écrire conformément à leur humeur, afin que nous reconnaissions que les vérités qu'ils nous enseignent sont de lui, et que l'aigreur est de l'homme. D. Gervaise reproduit alors la lettre de saint Augustin à son ami saint Jérôme, à propos des différends religieux de ce dernier avec Ruffin. Bien que saint Jérôme ne fasse que repousser les invectives très-piquantes de son ancien camarade d'études, et qu'il semble se contenir, saint Augustin n'en est pas moins pénétré de douleur, car c'est un mauvais exemple qu'on donne aux fidèles, etc. D. Gervaise ajoute ensuite fort judicieusement que « le zèle de la religion les emporte souvent (les plus grands hommes) hors d'eux-mêmes et les empêche de sentir ce qu'ils doivent même au plus grand ennemi de l'Église, pour qui Jésus-Christ est mort, et qui peut, par sa grâce, se convertir. »