‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 89 sur 135 · AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES · texte numérisé non relu

AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES

Tout ce qu'ils (les docteurs de la loi' vous disent d'observer, observez-le et faites-le; mais ne faites pas comme eux: ils disent et ne fout pas.

(S. JIatt., XXIII, 3.)

L'or, nous répétez-vous chaque jour dans les chaire?. Nous verrouille le cœur; que les portes cochères Des vôtres, s'il se peut, ne se ferment jamais. Vous signalez le mal, craignez-en les effets. Ètes-vous, mieux que nous, abbés, ferrés à glace? Vous ne devez pas, vous non plus, tenter la grâce. Dieu permet forl souvent qu'un prêtre en son chemin Passe outre, quand s'arrête un bon Samaritain. Les prêtres, il est vrai, restant célibataires, Ne sentont pas en eux ballre des cœurs de pères. Un trop long célibat rend personnel, dit-on; Vieux garçon, vieille fille ont un fâcheux renom.

Plus de douze cents ans après que le Messie Sur terre eut apporté la parole de vie, On voulut des devoirs de la paternité, Sans doute pour le bien seul de l'humanité, D'autres raisons du moins ne m'édifieraient guère, Affranchir à jamais le sacré ministère.

On crut que, détaché d'intime affection,

Il appartiendrai! mieux à la religion.

Et la religion, n'est-ce pas Dieu lui-même,

Ce Dieu d'amour qui veut qu'on l'aime et que l'on s'aime?

Si, loin de dilater les parois de leur cœur,

On en a rétréci la primitive ampleur,

Réparons sans tarder l'erreur du moyen âge :

Que le clergé renaisse avec le mariage!

D'ailleurs il est écrit : « A qui vil seul, malheur! »

« Croissez, multipliez! » a dit le Créateur7.

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