SCÈNE I
ABNER
Entendez-vous, Seigneur, ces transports d'allégresse ? Autour de son héros, tout ce peuple s'empresse : S H le nomme son chef, son vengeur, son appui, Et toutes les tribus s'inclinent devant lui,
Oui, ce peuple, en effet, lui rend un digne hommage, Et des laveurs du ciel il voit en lui le gage ; Songeons à profiter de ce moment d'ardeur, ) Un guerrier sûr de vaincre est à demi-vainqueur. Mais toi, si par ton front je dois juger ton âme, Tu ne partages pas l'espoir qui les enflamme ; Quel est ce changement? Parle, fidèle ami.
ABNER
Seigneur, vous savez trop si jamais l'ennemi
A fait trembler ce cœur vieilli dans les alarmes ;