ACTE il
SAUL, hors de lui.
Monstre, qu'a trop longtems épargné ma clémence, Ton audace à la fin appelle la vengeance. Il lève sa lance et la poursuit.
Tiens, va dire à ton Dieu, va dire à Samuel, Comment Saûl punit ton imposture...
Au moment où il va frapper, il aperçoit l'ombre de Samuel ; il laisse tomber le fer, il recule.
Oh ! ciel !
Ciel ! que vois-je ? c'est toi ! c'est ton ombre sanglante ! duels regards ! Son aspect me glace d'épouvante ! Pardonne, ombre fatale ! ah pardonne ! oui, c'est moi, C'est moi qui t'ai porté tous ces coups que ]c voi ! Quoi! depuis si longtems? quoi! ton sang coule encore? Viens-tu pour le venger ! — Tiens !
Il découvre sa poitrine et la présente à Samuel.
Mais il s'évapore !
La Pythonisse disparaît pendant ces derniers vers. 6i8. ma vengeance. NAf. — 622. m'a opiacé NM.
620-626. L'idée de ce coup de théâtre lui vint sans Joute en lisant lans l'Examen de Saiïl, par Petitot, qui suit la traduction de :1a pièce l'Alfieri, le passage suivant :
« Un auteur français, presque oublié, a fait une tnigédie de Sailt où 'on trouve de grandes beautés. Duryer a conçu le principal personnage l'une manière toute opposée à celle d'Alfieri. Il le représente comme m prince accablé d'une juste punition, mais opposant un grand couage à tous les revers. Une scène surtout ofire une situation très pathéique. L'ombre de Samuel consultée par Saiil... Il me semble que la lièce d'Alfieri, si supérieure à celle de Duryer sous d'autres rapports, le présente pas une situation aussi tragique. » Il est d'ailleurs plus |ue douteux que Lamartine ait lu le Saiil de du Ryer. Soumet n'ose as faire apparaître l'ombre de Samuel. La Pythonisse^ dans sa tragédie, ntraîne Samuel, à la fin du IIP acte vers le tombeau du grand-prêtre 'lacé à côté de la scène. Au début du IV" acte, Saùl en sort épouvanté.