ACTE H
Il suffit. Qu'on demeure !
Qu'on retire à l'instant l'ordre que j'ai donné !
Avec cgareriient et à demi voix.
Hélas ! et tu péris, jeune homme infortuné ! Et pour pleurer ta mort, jeune et tendre victime, Les palmiers de Cadès ont incliné leur cime. Le sang de Samuel sur toi sera vengé !
MICOL, bas.
Dans quel égarement le Roi paraît plongé !
Haut à Saïil :
A quels nouveaux ennuis votre âme est-elle en proie ? Quand tout respire ici l'espérance et la joie, Quand le Dieu d'Israël, lassé de ses rigueurs, Semble annoncer enfin un terme à nos malheurs ?
Insensés, qui parlez d'espérance et de joie.
Que plutôt dans ses pleurs tout Israël se noie !
Quoi^ n'entendez-vous pas ces lugubres accents,
Ces soupirs dans les airs, ces sourds gémissements ?
Qjaoi ! ne voyez-vous pas, dans toute la nature,
Du sort qui nous attend l'épouvantable augure ?
Mais non ! Les malheureux ! Le Dieu qui les poursuit
Leur dérobe l'abîme où son bras les conduit !
O Race infortunée ! ô misérable père !
Est-ce vous que Dieu trompe? Est-ce moi qu'il éclaire ?