‹ Saül: Le roi CandauleChapitre 12 sur 95 · PREMIER GARDE · texte numérisé non relu

PREMIER GARDE

Dans la cour.

SAUL

Avec le peuple ! {A part.) J'aurais dû faire ceïa secrètement.

LA REINE, s'approche.

Seigneur Saûl, est-ce donc vrai ce qu'on raconte

dans le palais? Vous auriez fait mourir les prophètes?

SAUL

Pas les prophètes, Madame; les sorciprs. Vous savez bien que Dieu ne peut pas les souffrir.

LA REINE

Alors qui maintenant nous dira Tavenir?

SAUL, criant.

Le roi, (Au garde.) Allons! qu'on les appelle!

Le garde sort par la f^auche. Jonathan arrive par la droite.

SAUL, l'apercevant:

Ça! Prince Jonathan ! Bonjour. Je suis heureux de vous voir près de nous à cette heure. Vous verrez comme il faut qu'on gouverne. Il est temps que vous appreniez. Venez là.

Jonathan à gauche du roi. La reine à droite.

LA REINE, se penchant.

Encore trois cheveux blancs, mon Seigneur ! — Barbier! vous soignez mal le roi. Vous le recoifferez dès après la séance. — : Ses traits sont fatigués aussi, et sa barbe imparfaite...

Ce disant, elle s'approche du barbier. Le garde rentre.

LE GARDE

Seigneur, les messagers sont là.

LE ROI

Qu'ils entrent.

Pendant l'entrée des messagers, la reine, près du barbier, à voix basse :

LA REINE

Eh bien ?

LE BARBIER

Eh bien ! Madame, j'ai trouvé. C'est...

LA REINE

Parle vite...

Leurs voix sont couvertes.

LE ROI

Eliphas. C'est à toi que j'avais confié la liste.

ELIPHAS, un des messagers.

La voici.

Il la tend, et tandis que le roi l'examine, LA REINE, au barbier :

David, dis-tu ?

LE BARBIER

David, Bethléemite...

LE ROI, lisant.

Deux à Rama : à Keila, l'évocateur : trois sur la montagne de Béthel, et quatre sur celle de Guilboa : à la citerne de Secou, un expliqueur de songes ; àMicmasch...

Il continue à lire à voix basse. — La reine s'est rapprochée du grand prêtre et quand baisse la voix du roi on entend celle de la reine.

LA REINE, au grand prêtre, comme continuant.

David.

LE GRAND PRÊTRE

David ?

LA REINE

Fils d'Isaï, oui, de Bethléem. Va vite, et fais-le chercher dans le camp.

Le grand prêtre sort.

LE ROI

Alors, dites, — c'est vrai ; vous les avez frappés

par derrière, — ■- ou si c'est par devant, c'est parce qu'ils étaient endormis? Ils n'ont donc pu vous voir. Ils n'ont nendii^ (Jonathan chancelle.) Mais Jonathan... Eh quoi ! vous chancelez.

JONATHAN

Eh non ! mon père. Nous gouvernons.

SAQL

Appuyez-vous sur moi; voyons ! — Soyez solide.,. Et je ne puis le demander à tous : je suis trop fatigué ce matin ; ils n'ont rien dit ?... Ah ! je vous avais dit d'arracher à chacun la langue...

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