ACTE J , SCÈNE IV. H
J'implore pour lout bien le don de sa faveur. Avec le même calme et la même ferveur Dont j'allais dans le temple où ce Dieu se révèle Porter le pain céleste et l'offrande nouvelle , J'irai vaincre celui qui vainquit si souvent. Bénissez-moi, mon père , au nom du Dieu vivant.
(Il s'agenouille. ) ACH1MELECH.
David, toi qu'Israël appelle a sa défense , Toi dont le tabernacle a protégé l'enfance , Par les mains du vieillard qui garde ses autels , Dieu te bénit lui-même entre tous les mortels ; Sa force est avec toi , sa gloire t'environne : Il ne t'a point eboisi sur les marches du trône ; Il t'a pris sous le chaume, humble, obscur, innocent,
Tout semblable à celui qui naîtra de ton sang
Pars, Goliath t'attend ; la guerre te réclame.
DAVID , se relevant.
De lange des combats j'ai respiré la flamme.
11 m'appelle, il commande à mes sens éperdus;
Peuple, console-toi, tes vœux sont entendus.
Je vois devant mes pas la colonne enflammée
Que suivait au désert notre pieuse armée.
Ces monts se sont couverts tles palmes de Jephic;
Le soleil dans les cieux s'est encore arrêté.
Viens, peuple d'Israël, apaise ton murmure,
Au géant Philistin je marche sans armure ,
Et j'emporte au combat, respirant l'avenir,
Ce Dieu que tout mon cœur ne peut plus contenir
2o SAUL.
Mes accens ne sont plus que des hymnes de gloire ;
Ma vie est une offrande au Dieu de la victoire.
De ses feux immortels je me sens animé ;
Je suis le glaive ardent dont l'archange est armé!
ACHIMELECH.
Eh bien, peuple !
JONATHAS
O David ! ô pasteur tutélaire !
Je vois que le Seigneur et t'inspire et t'éclaire ; Je ne résiste plus, commande parmi nous. Me veux-tu pour ton frère?
DAVID
Ah ! souffrez qu'à genoux David...
JONATHAS
Viens dans mes bras... Sa jeunesse, ses charmes... D'involontaires pleurs...
DAVID
Dieu nous appelle.