‹ Saul, tragédie en cinq actesChapitre 14 sur 58 · M1CH0L · texte numérisé non relu

M1CH0L

Mon cœur n'ignore pas la douceur de ses chants.

JONATHAS

Comment ?

MICIIOL.

Ce fut un jour qu'auprès de mes compagnes Je cueillais pour l'autel des lis sur nos montagnes. Tandis qu'en longs festons j'enlaçais leurs couleurs, David nous apparut sous des palmiers en fleurs ; L'aloès embaumé , la myrrhe précieuse Entouraient de parfums sa tête gracieuse ; Ses traits d'un feu divin s'animaient éclairés, L'amour divin brillait dans ses yeux inspirés ; Sur une harpe sainte et de fleurs couronnée , 11 chantait le bonheur d'une âme pardonnée , Et je crus un moment qu'un regard de ses yeux Au pardon de mon père intéressait les cieux : Mais bientôt, du Seigneur célébrant la puissance, 11 chanta l'univers dans ses jours d'innocence, Les délices d'Eden , ses berceaux odorans , Et les premiers amours de nos premiers parens. Oh! comme autour de lui mes compagnes craintives Tenaient à ses acccns leurs âmes attentives! J'imitai leur exemple 3 et, cueillis pour l'autel , Nos lis furent laissés sous les pas d.'un mortel. J'abandonnai mon âme à cette voix si tendre; Je me souvins des chants que je venais d'entendre, Et David, un moment devant moi présenté, Comme un songe céleste en mon cœur est resté. .J'espérais le revoir, mais non pas sur la terre.

l/y SAUL.

JOJNATHAS.

Dieu de cette rencontre a béni le mystère.

11 inspire David, et ne vous défend pas

D'aller vous joindre au peuple accouru sur ses pas.

MICHOL

11 me serait permis de chérir sa présence?

JONATHAS

] /amour que Dieu protège est cncor l'innocence. Allez J'entends au loin des hymnes retentir.

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