SCÈNE PREMIÈRE
LA PYTHONISSE , seule.
I'.lle est placée sur un rocher et penchée vers la tente de Saul , dans l'attitude d'une personne qui regarde et écoute attentivement, p
Lj enfer ne quitte plus sa victime vivante. Des longs cris de Saùl sa garde s'épouvante, Et, détournant la tête en son muet effroi , Jette un voile en fuyant sur ce malheureux roi.
11 est là De ces monts j'ai voulu redescendre
Pour contempler Saiil étendu sur la cendre.
0 SAUL
Dieu ! quel affreux démon de momens en momens
Visible pour moi seule , irrite ses lourmens?
Sa lille à ses côtés prie et verse des larmes.
Que pour mes yeux sans pleurs ce spectacle a de charmes!
Depuis qu'un pacte horrible a consacré mon sort
Aux esprits de l'abîme, au culte de la mort,
Par le souffle infernal sur la terre animée ,
A tout penchant humain mon âme s'est fermée.
Pythonisse d'Endor et vouée aux forfaits,
Je n'ai d'autre bonheur que le mal que je fais.
Sur le seuil des mourans, dans l'horreur des ténèbres,
On m'entend murmurer des paroles funèbres ;
J'accours aux cris du meurtre, à ceux de la douleur;
Ma présence est toujours l'indice d'un malheur ;
Des plus mortels poisons mes filtres se composent ;
Sur un ht d'ossemens mes membres se reposent;
Et les peuples voisins s'éloignent effrayés
De mes rocs ténébreux sans cesse foudroyés.
Saiil seul me consulte et brave 1 analhèmc :
Je retrouve en Saiil quelques traits de moi-même.
L'enfer l'unit à moi par un affreux lien;
Mais son démon l'accable, et je commande au mien.
On dit que Samuel à son heure suprême
Sur un autre cj» secret plaça le diadème.
Quel est ce roi caché marqué* du sceau divin
Que mon art et Said parioni cherchent en vain?
Je le découvrirai, je le sens à ma haine
1 < s cris du réprouve m sVniendent qu'à peine
Accroître son malheur n'est plus en son pouvoir; Si ses loupincns Cegsaieni je viendrais le revoir.