‹ Saul, tragédie en cinq actesChapitre 24 sur 58 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

SAUL

N'était-il dans mon cœur d'autre enfer que ma haine ? Pourrais-je encore prétendre... Ah! monarque insensé, Quel pacte peux-tu faire avec le sang versé ?

DAVID

Hymne de réconciliation.

(On entend le bruit des harpes. )

Oui , ton Dieu veut ta délivrance ,

Lorsque tu crains son abandon.

Au nombre des vertus il plaça- L'espérance : Sa justice toujours marche avec le pardon.

« A peine le remords commence

» Que de la céleste clémence » Rayonne sur nos fronts le jour paisible et doux..

» Sors de tes ombres éternelles ,

» Aigle tombé, reprends tes ailes :

» Viens , laissons en fuyant ton crime loin de nous. » Viens , Saul, l'esprit saint qui m'enlève à la terre, » Sur ta tête , à ma voix , ne descend pas en vain. »

Déjà ton cœur se désaltère

Aux sources de l'amour divin.

Cet amour , immortelle flamme , Lumière de la vie, existence de rame ,

Manquait à tes jours ténébreux.

J'ai brisé ta chaîne fatale ;

Tu dormais dans l'ombre infernale ,

Tu te réveilles dans les cieux.

( La symphonie )

38 SAUL

JONATHAS

Vous voyez le pasteur de la sainte colline...

Ah ! ne me prive pas de celle voix divine! Jamais, depuis le jour où. Saùl, jeune encor, En Galilée , au pied du chêne du Thabor , Vit passer dans les airs trois anges de lumière , Jamais des pleurs si doux n'onl mouillé ma paupière; L'ineffable pardon vient d'être prononcé , Mes maux ont disparu comme un songe effacé. Dieu m'a cherché lui-même , et mon âme nouvelle Semble se perdre en lui pour renaître immortelle.

JONATHAS

Du géant philistin voilà l'heureux vainqueur ; 11 dompta Goliath...

SAUL

Il a changé mon cœur.

A son divin pouvoir qu'Israël rende hommage. Mais, David, ce bonheur dont tu nous peins l'image Est-il fait pour Saùl... ? dans l'ombre de l'oubli Faudra-t-il cjue mon nom demeure enseveli ? Ton Dieu m'a défendu la gloire, les conquêtes.

DAVID

/A unie de triomphe.

Les exploits de Saùl sont chantés dans ses fêles. \ ainement contré lui ton grand creur se débat ; Saisis son étendard, viens diriger nos glaives,

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