ACTE III, SCÈNE IV
SA UL
Oui, je m'en souviendrai; veille sur ton ouvrage. Si la vicloire est chère à ton jeune courage, Si, ton premier triomphe éveillant ta fierté, Du besoin des combats ton cœur a palpité , Je veux qu'incessamment la guerre nous rassemble; Tu fus armé par moi, nous combattrons ensemble. Au pied des monts sacrés le géant philistin Sous tes coups glorieux a fini son destin : Le démon ténébreux dont j'élais la victime, Vaincu par tes accens, est rentré dans l'abîme ; Mais je ne suis encor délivré qu'à demi.
( S 'approchant de David et lui parlant à voix basse. )
lime reste à punir un plus grand ennemi.
DAVID
Qui , seigneur ?
SAUL
Ce rival , caché, muet, terrible, Ce roi, de mon pouvoir successeur invisible, Par Samuel prédit, mortel plus abhorré Que l'esprit des enfers dont tu m'as délivré. Dieu! que n'ai-je point fait pour découvrir la trace De cet usurpateur si funeste à ma race ! Accusant de lenteur l'oracle injurieux, J'attends , depuis quinze ans , ce roi mystérieux ; Je le cherche partout, mais d'une nuit profonde Le voile protecteur le cache encore au monde. Il m'échappe, et du fond de cette obscurité Nul indice vengeur jusqu'à moi n'est monté.
48 SAUL
Je n'ai pu dans son sang éteindre ma colère ! Toi que l'esprit divin de ses rayons éclaire, Dans quels déserts chercher la trace de ses pas ?
DAVID
Ah ! quels vœux formez-vous...?
SAUL
Tu ne le connais pas ?
DAVID
Moi, seigneur!
De ce roi consacré par un prêtre Ce grand nom dans Nobé fut révélé peut-être ?
DAVID
Je l'ignore.
SAUL
Sur lui lu n'as aucun soupçon?
DAVID
Aucun.
SAUL
Achimelech n'en parla jamais...?
DAVID
Non.
SAUL
S il était informé de ce secret funeste? DAVID.
Ses \ciix se rouvriraient à la clarté céleste An. ml qu'il le trahît.