ACTE I , SCENE II
Le retrancha du trône, et ce prêtre expirant, Des volontés des cieivx interprète et garant , Consacra dans le temple , avec un saint mystère , Un roi que le Seigneur cache encore à la terre. Saiïl en fut instruit, et, de haine enflammé, Dans le séjour de paix s'élança tout armé , Terrible , et commandant à ses hordes sinistres , Sous les regards du Dieu, d'immoler les ministres. Vainement les éclairs du nuage sacré Couvraient de toutes parts le monarque égaré; Vainement vers l'autel , le long de ces portiques Qui n'avaient retenti que de pieux cantiques , Sous le lin , la tiare , et sous leurs cheveux blancs , Les vieillards du Seigneur hâtaient leurs pas trembl ans : Rien ne put les soustraire à ces fureurs fatales :
On chargea de liens leurs mains sacerdotales
Ils expirèrent tous sous le couteau mortel :
Le sang humain remplit les vases de l'autel.
Les célestes esprits du temple se bannirent,
Les sept [lambeaux sacrés d'eux-mêmes s'éteignirent;
Et sur le mont terrible où Dieu vint l'allumer ,
L'holocauste éternel a cessé de fumer :
Ce Dieu depuis ce temps venge par nos défaites
La chute de Nobé, cité de ses prophètes ;
Laissons à ses fureurs le monarque maudit,
Allons chercher un roi que Dieu même a prédit.
JONATHAS; Nos pleurs le fléchiront ; il n'est pas implacable.
ITOBAL.
El comment détourner l'an et irrévocable ?
io SAUL.
L'arche sainte jadis, garant de nos destins,
A quitté nos remparts pour les camps philistins.
Votre père a tari la source salutaire
D'un sang qui rachetait les crimes de la terre.
Nul prêtre n'évita le glaive meurtrier;
Il n'est plus sur la terre mie voix pour prier.
La parole de Dieu n'est plus dans cet empire ;
Le fer a tout détruit
JONATHAS
Achimelech respire.
ITOBAL.
Est-il vrai..? Dieu propice! Achimelech sauvé.
JONATHAS
Dans la foule des morts il ne fut point trouvé ; Et l'ange du Seigneur qu'il invoqua sans doute Prit soin du vieil aveugle et surveilla sa roule. Après avoir franchi le fleuve des pasteurs, Et de nos monts sacrés parcouru les hauteurs r Ce prêtre vénérable a regagné l'asile Du temple dévasté d'où Saùl nous exile. L'encens sur nos autels peut encor s'allumer.
ITOBAL.
Ah! conduisez nos pas, courons le désarmer, Aux pieds d' Achimelech allons porter nos larmes.
JONATHAS
Oui, peuple ; il entendra le cri de nos alarmes : Ahncr, de mes projets instruit secrètement, A dirigé ses pas vers le saint monument.