SCÈNE IV
Les préçépens , LA PYTHONISSE.
LA PYTHONISSE du haut du rocher.
Tombez à mes genoux.
D'affreux enchantemens couvrent ces rochers sombres ■ Cette nuit est à moi , j'en ainoirci les ombres ; J'ai des morts sans cercueil dispersé les lambeaux ; Les cieux mont reconnue en voilant leurs flambeaux.
( La symphonie.)
MICHOL
Samuel ! Samuel ! entends nos voix tremblantes !
LA PVTHONISSE.
La guerre en feu rugit sur ces hauteurs sanglantes ; Les esprits de l'abîme , en brûlans tourbillons , Pressent du roi maudit les pâles bataillons. Saùl même , courbé sous un bras invisible, En vain contre la mort lutte pâle et terrible ; Sans s'abreuver de sang ses traits volent dans l'air ; Comme soudain frappé des lueurs de l'éclair , Son coursier s'épouvante, et sa lance impuissante Se brise d'elle-même en sa main frémissante. MICHOL.
Mon père !
LA PYTHONISSE
Ses guerriers fuyant de toutes parts
Roulez, lorrens impurs, leurs cadavres épars;
Dieux du sang, dieux des morts, dieux des noirs maléfices,
Je vous appelle tons à ces grands sacrifices ;
8o SATJL.
Attaquons Israël et renversons ses tours, Livrons tous ses héros à la faim des vautours:
( La symphonie. )
Mais quoi ! des Philistins la victoire s'arrête !
Quel guerrier. .? à ses coups, aux flammes de sa tête. . .
C'est David !
M1CHOL.
Dieu !
LA PYTHONISSE
C'est lui. Par Jonathas armé, La victoire en courant sur ces monts l'a nommé; Mes dieux tombent devant son céleste cortège; Relevez-vous, frappez! mais son Dieu le protège; Et parmi les guerriers marqués à sa fureur L'ange de Gédéon jeta moins de terreur. Les uns du haut des monts loin de David s'élancent, D'autres tombent frappés des flèches qu'ils lui lancent; Tous au loin , poursuivis du glaive étincelant Veulent de Goliath fuir le trépas sanglant, Et croient voir sous leurs pas , à peine refermée, La tombe du géant s'ouvrir à leur armée.
MICHOL
O prodige!
LA PYTHONISSE
O fureur! Jour de honte et d'affront ! MICHOL.
Saûl sauvé triomphe !
LA PYTHONISSE
Oui, je vais sur son front Attacher de mes mains cette palme nouvelle
A ma joi<- infernale un forfait se révèle.
(Elle ditparait par Le chemin delà montagne. )