SCÈNE VIL
Les précédens , excepté MICHOL.,
SAUL
Je l'ai laissé mourant dans leurs bras se débattre ;.
L'insensé parmi nous avait osé combattre.
11 avait osé vaincre , et, fier de ses bauts faits,
Imposer à son roi ses orgueilleux bienfaits.
J'ai paru, j'ai marché sur sa trace sanglante,
J'ai reconnu de loin l'armure étincelanle;
Le fer , le casque d'or , que , pour comble d'affront ,
Ma crédule tendresse attacha sur son front.
J'ai reconnu David...; par ma fidèle épée,
Ma fureur, celte fois, n'a pas été trompée ;
Et ce roi , si Ion g- temps à mes coups dérobé ,
Du haut de son triomphe à mes pieds est tombé.
Qu'un prêtre maintenant proclame ma disgrâce,
Du trône d'Israël qu'il retranche ma race;
De l'arche sainte errante au fond de nos déserts
Qu'il arme contre moi les stériles éclairs;
Qu'au gouffre de Dathan sa menace me plonge;
Mon bras l'a par avance accusé de mensonge,
Et, du sang de David répandant tous les flots,
Ce glaive a déjoué les célestes complots.
Toi, Zabulon, avec la pompe accoutumée,
Rassemble autour de moi les chefs de mon armée,
8/f SAUL.
El qu'à leurs yeux surpris ma garde vienne offrir
Ce pasteur expirant qui ne pouvait mourir.
Qu'ils viennent contempler, qu'ils viennent reconnaîln
Le sang miraculeux dont un Dieu devait naître.
Qu'on appelle mon fds.
(La Pythonisse apparaît sur la montagne.)
Mais qui vois-je en ces lieux?
LA PYTHONISSE
Pour la dernière fois j'apparais à tes yeux.
Auprès de toi, Saùl , ma tâche est terminée.
Je vais rendre aux enfers compte de ma journée.
SAUL
Raeontes-y ma gloire et par quel châtiment David...
LA PYTHONISSE
Ce n'est pas lui qui meurt en ce moment.
SAUL
Ciel ! quel est donc le sang qu'a versé mon délire ? Sur qui ce fer...
LA PYTHONISSE
Ma joie aurait dû t'en instruire.
De mon art redoutable et de mes dieux épris, Tu suivis mes conseils, recueilles-en le prix. Tes destins sont remplis... Ta misère est comblée : Regarde, et reconnais la victime immolée.
i- Ue j'enfuit. !