SCÈNE X
KAGUENAüDIN, ASTYANAX.
BAGUENAUDIN, redescendant *.
Elle ne m’écoute plus! (Descendant, à Astyanax.) Eh! bien plaie d’Égypte que vous êtes, vous devez être content, voilà mon mariage réduit en poussière.
ASTYANAX, se lève.
Dites donc, monsieur Baguenaudin, maintenant que tout est rompu, je peux vous le dire : savez-vous que celte veuvelà ferait joliment mon affaire?
BAGUENAUDIN.
Hein ! voilà que vous essayez de me prendre ma future.
Ca devait arriver.
ASTYANAX
Dame! puisqu’elle ne veut plus de vous.
. BAGUENAUDIN.
Ah ! permettez! permettez! Que vous consommiez ma nour-
* Ba((atnauain, Ajlyuiss.
sr.KXK X
rilure à ma place, ipie vons endossiez mes habita, que von» dégradiez mon appartement et même que vous me" fasiez passer pour votre oncle... je l’adincLs encore... diftlcilement.., enfin je l’admets, mais si vous croyez que. vous allez pousser la persécution jusqu’à... Ah ! non! j’aime mieux arrêter les frais tout de suite...
• astvanax.
Que parlez-vous de persécution, il me semble que si quelqu’un a été persécuté, c’est moi. Votre égoïsme me révolte à la fin, (il remonte).
BAGUENAliDlN, passant à droite.
Mon égoïsme?
ASTVASAX.
list-ce que je vous demandais de me sauver, moi?... Si après m’avoir arraché à la mort, vous me privez des choses les plus nécessaires à la vie, merci bien ! et si c’est pour me torturer que vous m’avez amené ici ?
BAGUENAUDIN.
Ah ! le misérable! c’est lui (lui m’accuse.
ASTVANAX,
C’est que si je le savais!... (il pousse un papier sur la talde. à gauche, le regarde et s’assied.) Tiens! liens! tiens! (il lit.) .Monsieur, les soussignés, ntembres de la société des sauveteurs de Seine-et-Marne, ont l’honneur de vous adresser ci-joint une copie des statuts de l’association...
BAGDENAUOIX, à part.
Il a mis la main dessus, (tl ra pour lui prendre le papier.)
ASTVANAX se 1ère, le repousse et descend h droite.
Ah! brigand, je tiens donc la clef du mystère! Ah! tii voulais te faire un piédestal de mes infortunes pour arriver aux honneurs.
BAGUENAUDIN, embarrassé.
Mais pas du tout, vous vous méprenez, c’est le hasard, le le hasard seul,., on m’avait offert la présidence et...
ASTYANAX
Et lu ne l’obtiendras pas, vil intrigant. Tu ne l’obtiendras pas tant que tu ne m’auras pas accordé ta veuve avec toutes ses dépendauces.
BAGUENAUDin.
Eh ! bien, vous n’aurez pas ma veuve et j’aurai la présidence, car enfin, je vous ai sauvé, il n’y a pas à dire.
ASTYANAX
Permettez, rien ne le prouve.
RACUENAUDIN.
Comment, rien ne le prouve ?
ASTYANAX
Renonce à la future, ou dès demain je vais au siège de la société faire un rapport contre toi.
BAGDENAUDIN.
Ah ! je voudrais bien savoir ce que vous diriez ?
ASTYANAX
Je dirai que je suis tombé à l’eau, que j’ai appelé au secours et que tu t’es sauvé.
BAGUENAUDIN.
C’est de la diffamation.
ASTYANAX
Je puis dire encore que je me promenais sur la berge, et que c'est toi qui m’as poussé.
^ BAGÜENAUDIN.
Horreur! mais c’est odieux! mais c’est à vous dégoûter de la vie.
Vous êtes dégoûté de la vie?... moi aussi !... Tenez, finissons-eii ensemble... c’est simple comme bonjour... (ii prend quelques liasses de journaux, et les dépose au bas de chaque porte.
BAGUENALDIS, ne comprenant pas.
Comment, c’est simple comme bonjour... (il descend h droite et se retourne.) Que diable faites-vous donc là?
ASTYANAX
J’intercepte les courants d’air... maintenant avec deux sous de charbon...
BAGUENAUDIN, bondissant.
Hein? quoi? mais pas du tout! mais je ne \ eux pas.
ASTYANAX, continuant à boucher les ouvertures.
Puisque vous êtes dégoûté de la vie.
BAGUENAUDIN.
Allons donc! c’est une manière de parler... c’est une métaphore!... (Il va h la table à gauche.) A la garde, au secours! (il sonne violemment.)
sr.KNE XI