SCÈNE IV
ASTYANAX, retirant vivement ics jambes.
Sapristi! comme l’eau est chaude!
BAGDBNAUDIR.
Voici la connaissance qui lui revient.
ASTYANAX, se tâtant.
Ah! ÇÆ, où suis-je? comment se fait-il que je me retrouve au-dessus et non au-dessous du niveau de la Seine? BAGUENAVDIN, b part.
Il va me tomber dans les bras.
ASTVANAX.
Dos meubles! une cheminée!.,. Ah! je devine, ou m’a sauvé!,.. Quel est l’audacieux qui...
BAGDENAUDIN, s'avanrant.
Oui? mais moi, Baguenaudiu !... Baguenaudin qui est trop heureux d’avoir exposé sa vie pour...
ASTYANAX, se levant.
Comment! c’est vous! et pourquoi cela, est-ce vous?
BAGOENAUDIN,
Pourquoi?... il va me tomber dans les bras... mais parce que... (il lui ouvre ses bras).
ASTYANAX, le repoussant.
Ah ! ça dites-donc! je vous trouve bien indiscret de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.
BAGUENAUDIN, stupéfait.
Hein?... plait-il?
A.STYANAX.
Qui diable vous priait de venir à mon secours... savez
vous que vous venez de commettre un grave attentat à la liberté individuelle?
BAGUENAUDIN.
Voilà sa façon de se jeter dans mes bras.
ASTYANAX
Allons ! lais'sez-moi sortir, (n sc dirigo vers le fond.) BAGUENAUDIN, courant b lui.
Pourquoi faire?
ASTYANAX
Pour retourner... d’où je viens!,., et que je ne vous retrouve plus sur ma route., ou sinon!...
BAGUENAUDIN.
Mais je m’y oppose!,,. Quand je devrais employer la
fui'Ce... (il fait paaser Gédéon detant lai, celui-ci descend à ganche.) A-t-on idée d’une chose pareille !... moi qui ai plongé à .S3 mètres de profondeur!... (a part). Ne lui disons pas que j’ai pris un bateau.
ASTYANAX, se croisant les bras.
Ah ! ça, monsieur, raisonnons froidement... Est-ce que vous me prenez pour un imbécile.’
BAeUENADDIN.
Je n’ai pas encore eu le temps de m’en apercevoir.
ASTYANAX
Alors, monsieur, comment stipposez-vous qu’un homme qui n’est pas un imbécile, prenne comme je viens de le faire un bain complet... sans fond de bois, s’il n’a pour cela les motifs les plus graves.
BAGUENAUDIN.
Permettez ! j’avais des motifs non moins graves pour vous empêcher de prendre ce bain dont vous parlez... sans fond de bois.
ASTYANAX
Soit! mais maintenant que vous m’avez sauvé, qu’est-ce que vous comptez faire de moi?
BAGUENAUDIN.
Dame! je compte vous rendre à la société dont vous pouvez encore faire l’ornement.
ASTYANAX
Et puis?
BAGUENAUDIN. ■ .
Et puis... voilà tout.
ASTYANAX
Très-bien! bonjour chez vous!... je retourne à mon bain, (il s’élance de nouveau vers le fond.)
BAGUENAUDIN, court à lui et l’arrête.
Ah! mais non!... il ne manquerait plus que cela, et ma présidence!... et mon mariage... vous ne passerez pas, je ferai plutôt mettre deux verroux à la porte.
ASTYANAX
Ainsi, monsieur, vous tenez absolument à ce que je vive?
BAGUENAUDIN.
Si j’y tiens!... il me semble que je vous l’ai prouvé suffisamment.
ASTYANAX
Alors vous me permettez de vous poser mes conditions. Donnez-vous donc la peine de vous asseoir.