APOGÉE, OU PLÉNITUDE
Germes, Art nautique, chimie expérimentale»
Caractères, Déboisement, emprunts fiscaux.
tf8 SAUVONS
▼11U.ITÉ, ov 3« rmiksm.
I Germe simple. Esprit mercantile et fiscal.
» composé. Compagnies actionnaires.
Pivot, Monopole maritime.
Contre-poids, Commerce anarehiqae.
S l Ton, Illusions économiques.
D I Germe simple, Monts-de^îété urbsdns.
» composé, Maîtrises en nombre fixe.
Pivot, Féodalité industrielle.
Contre-goids, Fermiers de monopole féodal.
Ton, Illusions en association.
À ce tableaa nous n'ajouterons rien. II contient à k vérité des termes qui ne seront pas compris de teos, et l'on cherchera, sans la trouver ici plus que dats Foiirier, la raison de certaines dispositions typographqa^. C'est la première fois que nous laissons dans ces pages une obscurité, mais Tœuvreque nous devons faire n'est ici qu'annoncée» et le développement complet de la loi sériaire , par lequel débutera l'ouvrage intitulé Sui- GiON y jettera de la clarté sur ces mystères.
Nous ferons encore observer que ces phases se rapportent à l'histoire de l'Europe moderne , et que la civilisation complète ne s'est jamais développée ailleurs. Les colonies des peuples européens ne sont pas des souches, mais des rameaux. Parmi les peuples anciens, les Grecs et les Romains seuls peuvent être appelés civilisés, et l'instinct qui les portait à nommer toutes les nations
étrangères barbares était juste ; mais la ciYilisation grecque et romaine ne grandit pas. Elle eut, dans les arts et la philosophie chez les Grecs, dans le droit et Torganisation militaire chez les Romains , des déve** loppements hors de toute proportion avec son âge* Empruntant à la barbarie presque tous ses caractères, étroitement unie au paganisme, si étroitement que Rome chrétienne ne put vivre, consommant en paresseuses orgies les biens créés par des travailleurs dans les chaînes, cette civilisation n'a mérité un pareil nom que pour Thommage rendu par elle aux droits civils de réponse.
LES FLÉAUX LIHBIQUES.
La douleur attend Tbomme auK portes de TÉden et ne le quitte plus, dorant toute lasiuit qu'il doit passer sur la terr^, jusqu'aux premières lueurs de V Harmonie.
Jusqu'à cette aurore, l'inomme est dans les limbes; il attend le Messie de vérité^ de liberté et de justice.
fourier disait avec raison que lespliases antérieures à l'Hapinonie constituaient un état >d incohérence. Mais l'incohérence n'explique pas tout le mal, et la justice qm doit udus ^uver est autre chose qu'un mécanisme«
mes concitoyens^ écoutez ce «que j'ai entendu «t retenez lacrainte, car la boorlé domine eu Dieu. Dieu^ c'est la sphère supérieure d'amour, d'où la miséricorde émane, aussi naturellement ^ue le jour vient du soleU.
Mais sachez bien que les sociétés ne progressent pas comme des végétaux , que Thomme entrave la nature quand il veut le mal, et que la France n'a pas fait tout ce que le Créateur attendait d'elle, en échange des dons qu'elle avait reçus.
Les vengeurs envoyés pour anéantir Tancien régime ont pris goût à la destruction pour elle-même, lis n'ont pas même su garder la contenance digne et attristée d'un bourreau. Us ont brûlé, pillé sans raison. Us ont*fait un jouet de la tête de Thomme, et la Providence les a écrasés, comme la république romaine, sous le pied d'un nouveau César.
Ce qui s*est passé depuis lors, je ne veux pas vous le redire. Oublions le sang, pour vous parler d'un plus grand malheur, de l'endurcissement des âmes.
Chez vous, toute conscience était fermée; rien d'humain ne répondait plus dans les cœurs; les plus généreuses inspirations, les dévouements à l'humanité les plus absolus s'éteignaient devant votre insouciance.
Les avertissements préliminaires ne vous ont pas manqué, mais tout se perdait. Vous aviez, comme la Chine , une religion à laquelle vous ne vouliez plus croire. Et cependant vous osiez remployer, comme un bouclier impénétrable, contre les atteintes de l'Esprit de Dieu.
Le mal était irréparable, impossible k concevoir pour l'intelligence humaine. Dieu retranche du monde les cœurs pourris, il sacrifie les peuples indignes; mais il ne pouvait frapper la France (et il allait la frapper] sans frapper la terre.
Ne sentez-vous pas que les prodiges vdus entourent, que vos sciences sont désorbitées, que l'in-
quiétude est dans les consciences? Repentez-yons.
Repentez-YOQS, car Dieu n'a recours aux miracles qu'après avoir offert à Thomme tontes les occasions, tous les moyens de se sauver seul , et après ce miracleci, vous pouvez lui en épargner de redoutables.
Laissez-moi vous dire dans quel abtme avait glissé cette Société dont vous êtes fiers.
Indigence.
Avez-vous assez de richesses pour nourrir toute la population? Le cultivateur est obligé de renoncer aux instruments et aux méthodes nécessaires; le manque d'argent fait de lui la chose des usuriers. Vos grandes villes contiennent une race entière maigre et pâle, parce qu'elle ne mange pas assez. Vous ne pouvez chasser les mendiants de vos plus belles rues. II y a de temps en temps, au fond d'un grenier, un homme ou une femme qui meurt de faim à !a lettre. En fait de vêtements, la pénurie n'est pas moins grande. Le bas peuple, c'est-à-dire la masse de la population, est généralement vêtu de toile; beaucoup d'enfants manquent de souliers et de bas ; les logements sont affreux, sans feu en hiver. Dans l'absence des objets matériels les plus nécessaires, il devient superflu de mentionner les jouissances de l'art. Cependant le prolétaire en a besoin ; elles lui manquent, si ce n'est aux rares occasions de réjouissances publiques. Le dénûment du peuple est proportionnellement ressenti par les classes supérieure;^, qui souffrent à peu près autant par leurs désirs plus développés.
222 siOJVONS
Fourberie.
La droituure, dans votre société, conduit à la ruine. Fourder Ta souvent dit, et avec raison : a Le ressort qui domine en barbarie, c'est la violence ; en civilisation, c'est la fraude. » Aussi cette phase est-elle le règne des marchands. Quelle profession chez vous est en harmonie avec la vérilé ^ la justice? Celle du marchand? Vous ne le pensez pas. Chacun sait comment sont falsifiés les comestibles et toutes les denrées, comment l'agiotage est fondé sur des fluctuations de prix qui ne^eposent sur aucune valeur. L'avocat serait-il l'homme juste? Je suis avocat, et je ne veux sonder la conscience de personne ; mais, si je n ai jamais pu exercer celte profession sérieusement, si j'y ai laissé périr des avantages de position que d'autres auraient cultivés avec autant de soin que j'y ai mis de dégoût, c'est que je ne suis pas né pour gagner ma vie àplaider des causes souvent mauvaises, et qu'on ne doit pas examiner à fond, sous peine de les refuser presque toutes.
Ces deux professions, le marchand et l'avocat, font l'envie de la société. On y pousse les fils de famille. Il y a fourberie dans le mariage, où les caractères des prétendus sont déguisés des deux parts. — La chasteté indispensable au mariage est enseignée dans les sermons et les livres de morale. — Vous changez de femme avec voire ami. Vous suivez le soir les filles des rues, et vous sacrifiez, sans hésitation, la pureté du sang de vos enfants à la séduction la plus immonde.
LE GEN&£ HdtfAIN. ââ3
Vous dites qu'il n'y a plus de castes, que nulle barrière n'est infranctissatle, que tout homme peut s'élever aux premiers rangs. Mais l'inégalité de fortune met le pauvre dans la dépendance absolue du riche. L'éducation, les instruments essentiels lui manquent. Sa nature étouffe.
Carnage.
99, ttS, «4, »S, »• et !»r Juin tS4S!!!
Intempéries outrées.
Dans l'état du globe et dans l'atmosphère, c'est l'horreur qui règne, comme dans votre société. La science vous dit que la culture agît sur tous les éléments ; que la Gaule, au temps de Diodore de Sicile, était un pays froid, couvert de forêts; que la Gaule, en se déboisant, s'est tempérée. Le paratonnerre a porté une première atteinte au royaume électrique de Tatmoi^hère. Quel pas nouveau avez-vous fait dans cette voie? Aux deux pôles, des terrains immenses demeurent inutiles et glacés. Dans presque tous les climats du globe, certaines saisons deviennent des tortures, par l'excès du froid ou celui du chaud. Vous n^avez pas même su forcer la pluie à respecter lavenir du cultivateur.
Maladies provoquies.
Indépendamment des crises forcées attachées aux degrés ascendants de la vie humaine, la naissance, la dentition, la puberté» des autres crises que rhomm éprouve sur le retour, et qui perdraient incontestabl^ ment leur danger, si les conditions hygiéniques devenaient meilleures, vous êtes accablés de maladies que votre société vous donne. Sans parler des infirmités qui sont le ridicule résultat de vos vêtements, de votre chaussure, ces ateliers, où des hommes, des femmes et des enfants exercent un seul organe, incessamment surexcité, vous donnent des apoplexies, des douleurs de tous les membres. Dans le cabinet, Thomme d'étode brûle ses entrailles. Les verriers donnent au feu leor âme. Chacun de vos métiers a ses martyres.
Si rhomme, dont les aptitudes sont toujours multiples, devait réparer, dans d'autres occupations, ses forces épuisées, exercer ses membres engourdis par une fonction monotone. Dieu aurait des serviteurs et non des esclaves. — Les obstacles apportés au mariage tuent la jeune fille par le tempérament, rhomme par la débauche. Enfin, Tétat de morcellement, d'incohérence de noire globe, rinsolidarité oniverselle des nations, évoquent, des marais empestés de rinde, Tange asiatique de la mort.
Cercle vicieux.
En vertu de la construction radicalement faasse de votre monde civilisé, Dieu ne peut y faire entrer la
Indre réforme. II est contrarié par tout Tensemble,
!orcé de reconnaître que le meilleur moyen d'amé-
rer la civilisation, c'est d*en sortir; — que le génie
main perfectionne lachimie, la falsification du corn-
îrce en profitera seule. — Dites à un marchand d*être
^prochable, de payer largement le fabricant, de ne
lis augmenter le prix des objets, en dénaturant les
lalités, il répondra qu'il se ruinerait, et que la bonne
i les tue. — Enfermez les prisonniers sans travail,
s se corrompront; faites-les agir, ils détruiront Tin-
istrie. — Mariez les jeunes gens, ils mourront defaim ;
^tardez l'union, la prostitution attend Thomme. Assez,
t dites que rien ne peut s'accorder, dans un monde
d la science ne s'accorde pas avec la foi.
Cet état social, dont Fourier a déchiré l'esquisse de ;es manuscrits, aurait dû donner k ses disciples un point de départ. Ce sera le nôtre.
Dieu a dit que nous devions reproduire, sans aucune modification, les pages du Nouveau monde industriely où se trouve décrite la transition de civilisation en garantisme; les voici.
ci 4c ceci jiarfUcv "Ci* i;cra»ti«Mic.
« C'est ici la section des délassements scientifiques « on 7 traitera, entre autres sujets amusants^ celai « la drate prochaine dii colosse nommé gommeiclI « Quiconque n*esl pas banquier ou «ardhand se fé-| « jouit à cette idée : comment s'y prendrait-on pou' <c écraser cette hydre qui épouvante les rois et les oblige , « à fléchir? II est plaisant de penser qu'une petite opé- < ration, qui ne coûtera qu'un décret, peut mettre h « gouvernements en possession du commerce, de la « banque et de bénéfices ptus énormes que n'en savesl « faire ces deux vampires qui se consument en frais c parashes. Cette réforme aurait lieu, lors même qu'on <c tarderait à organiser fharmonie.
« L'occupation pourrait s'effectuer de deux ma* « niëres, Tune par méthode brusque et coercitive, d'où « naîtrait la 4<» phase de civilisation; l'autre par mi- « thode concurrente et séduisante , d'où naîtraient c l'ambigu et la première phase de garantisme.
« On va dire qu'il n'y a pas à hésiter sur Taltema- « tive, et que la 2" méthode est bien préférable : cela c< n'importe. On préférera ce qu'on voudra; mais je
« suis obligé de décrire toutes les chances d'opa tion 9 vicieuses ou non , et de commencer par le « moindre progrès, celui de mode violenté, qui ne « conduirait qu'en 4^ phase de civilisation ; ensuite « j'indiquerai le mode concurrent, qui est ingénieux, (c facile et hicratif, et qui conduirait bien plus haut « que la civilisation. Toutefois je dois faire connaître « l'échelle des progrès possibles, des périodes et pha- « ses intermédiaires entre la civilisation et l'harmonie ; (c c'est le sujet de cette XIII notice,
« Venez, subtils athlètes des bourses de Paris, Loncc dres et Amsterdam ; ce ne sont pas des éloges, mais « des huées que vous allez recueillir I Venez, Lillipu- « tiens en pillage, financiers, gens d'affaires et grâce pilleurs de minuties, qui vous arrêtez à des millions, « là od il y a des milliards à griveler. Votre talent se « borne à dévorer le présent et lavenir nu revenu ; si « vous étiez moins pygmées en brigandage , vous (( auriez su attaquer le fonds et non le revenu. Voilà, ce petites gens, ce que vous n'avez pas su faire : vous « êtes dignes de votre siècle; vous êtes médiocres dans « le crime, comme il l'est en génie politique; vous ce n'avez su qu'escarmoucher en rapine fiscale, sans c< oser concevoir le plan de bataille décisive, d* enlèvea ment du fonds. »
<ic Les empires modernes succombent sous le poids
€ des dettes publiques toujours croissantes : ils mar- « chent tous à la banqueroute dont TEspagne donce « le signal ; il ne sera que trop fidèlement compris. H « faut donc, lors même qu'on ignorerait le moyen de| « s'élever à rharmonie sociétaire, découvrir des res- « sources nouvelles pour subvenir aux dépenses croisée santés de la civilisation. Quelques sophistes disent: « il faut monétiser le territoire; mais il faut qoele « gouvernement le possède, au moins en partie, avant « de le monétiser. On va voir que lorsqu'il en possé- <c dera seulement an tiers, il n'aura pas besoin de mo- « nétiser les deux autres*.
oc Au fait : Je suppose un roi qui serait ennuyé de la a stérilité des philosophes, et qui se dirait : voyons» « avec le secours du sens commun je saurai atteindre • aux divers biens d'où nous éloignent les controverses « philosophiques, prévenir Tindigence, éteindre te € dettes publiques, réprimer la banqueroute et l'agio- «c tage, établir la vérité dans le commerce à la place € du mensonge I
or Supposons que ce roi, sans être doué de génie in- «c ventif, eût seulement une volonté forte comme le a tigre Mahmoud, et qu'il se résoliit k tenter des « essais; d abord celui des méthodes coercitives, à dé- « faut de vraie science : on va voir que ce parti dé* ik sespéré conduirait déjà au but.
a Selon ce plan, il opinerait à forcer les réunions L économiques , rassembler toute la classe pauvre , c toutes les familles sans moyens, dans des fermes fis- K cales où on leur procurerait k peu de frais des occupe pations gaies et très-produclives, aux jardins, aux ic étables, et à des fabriques variées à choix. On pour- « rait créer ces fermes en proportion de un dixième ce de la population rurale, car dans les campagnes, sur « mille familles il y en a cent et plus qui n*ont pas de « quoi subsister. On fonderait lesdites fermes en nom- « bre de une par 400 familles, afin de pouvoir réunir a dans chacune y au moins 40 familles , formant «c 300 personnes. C'est le nombre nécessaire pour at- « teindre 3 buts : subsistance bonne et économique, c travaux variés et lucratifs ^ gestion peu coûteuse.
a On forcerait la classe indigente à s'incorporer à « ces fermes fiscales. Il faut, comme on Ta vu lors des « jantes larges, forcer le peuple civilisé à faire le bien, € après quoi il remercie ceux qui Font contraint. D ailce leurs les fermes portées à 40 familles seraient des c( séjours agréables , sauf la variété des travaux et f Toption pour les variantes en divers genres, aux « jardins, aux étables, k la grande culture, aux fac briques.
c( On rendrait ces fermes lucratives, en s*emparant « de la fonction la plus profitable, celle du commerce
« dont chaque ferme réunirait les divers détails, ban- « que, prêt sur gage, commission, entrepôt, vente, « achat; le gouvernement exerce au Mont-de-piété la « plus ignoble de ces fonctions, pourquoi hésiterait-il « à exercer les autres qu'on croit plus distinguées?
« J u dit (386) que les S germes à développer pov « élever la civilisation en i« phase sont les^ Honts-de-
• piété et les maîtrises, fai indiqué l'emploi de Tuo
• des deux, il reste à parler des ttaltiri£;es.
« 11 est ridicule et vexatoire de décitter fu'î! n'y « annt que tant de gens exerçant telte profession, lei « nombre de eordonmersy tel nombre d« courtiers, tel « nombre de bouchers, etc. : ce nombre doit varier « sekNi te» temps eH les elintt>ees de travaâè. La maîtrise « ne éoitjamaÎB être Kmilée en nombre, Bièiduaye; c il famt seulement, par nne patentée croissM^e, en éH- « miner tout te superta numérique et ton» eenx q^ oe « préseii'teraiefit pa» des Fessouvces pour coopérer â h ce solidarité qui doit être le but du gouvernement. Elk « doit s'appliquer aux classes passibles de bflfflque- < roule, au'X marchands et febricMfs^ : » telte patente « est de 100 fr. en 1829, il faut l'élever pregressiy^ c ment à SOO fr. en 4830, 300 en 4834, 400 en « 483S> etCo et aii^i du cMltoasMie]^.
« Mais ce sera expulser tous les plus pauvres que
celte patente écraserait 1 Tel en est le but : qu'ils Tetoarnent à la culture, où il y aura place dans les fermes fiscales dont ils deviendront actionnaires, et peut-être employés. Slls n'ont point de capitaux, ils doivent quitter le commerce où ils tomberaient en banqueroute au moindre choc, à la moindre stagnation. S'ils ont des capitaux, ils continueront leur c trafic, parce que la patente croissante, en élaguant : le grand nombre, augmentera les ventes du petit c nombre à qui cette amorce sera nécessaire pour Ta- ( mener à souscrire aux solidarités. Tant que le corps i social confie à des marchands son revenu annuel, c< son capital même, il doit exiger d'eux une garantie K solidaire. Les Parisiens voulurent appliquer cette « règle aux agents de cbange lors de la Jbanqueroute « Sàndrié, où ils furent étrillés; mais le commerce est « trop puissant pour se soumettre à des loisrépr^s- « sives: c'est un valet qui tient le maître enchaîné.
a Qu'on demande à présent les détails d'f i^misa- « tion de ces établissements de maîtrise solidaire et <x fermes fiscales^ le mode d admission et participation « des actionnaires coïntéressés avec le fisc, et toutes a les minuties relatives à cette régie ; je ne peux pas, c( dans une section d'argument, descendre % ces parti- « cularités ; je me borne à poser les bases de îopéra- « tion : elle roule, comme on le voit, sur deux germes a qui ne sont pas d'imaginative ; ce ne sont pas des
c ressorts de faiseurs de système, car il y a bien longt temps que nous les voyons en usage sans enlrevoir c les développements dont ils sont susceptibles. Obser- < vons à ce sujet que les gouvernements étant sous h c griffe du commerce, ils devraient tenter quelqae c moyen de résistance ; le plus naturel est de s*en emc parer par concurrence.
c Archimède disait : Quon me donne un potnl « d* appui, et je soulèverai Vunivers . Il en est de même « dans cette affaire : ayez un point d*appui et vous c opérerez contre le commerce qui ne pourra pas tenir c un instant ^ parce qu*il n*a ni unité d'action , ni « concours de Topinion qui déteste ses fourberies. Le « point d^appui pour le gouvernement se composera c des fermes flscales ou fermes d'asile dans les campa- « gnesy et des maîtrises réduites dans les villes où on « les subordonnera par la solidarité et les cautionnec nients croissants.
« J'indiquerai plus loin le mode d'envahissement du « commerce. Observons ici qu il y va de Thonneur des « gouvernements; ils sont sous la férule, sous le coa- « teau des agioteurs : une manœuvre d'agiotage, une a famine factice renversa Bonaparte, en faisant avorter « la campagne de Russie par un délai qui donna des « soupçons aux Turcs^ et les détermina à signer la
paix. Les agioteurs auraient contrecarré de même tout autre souverain.
ce D'autre part les monarques, pressés par les dettes et par Timminence de banqueroute, doivent aviser à grossir leur revenu. On ne peut prendre que sur le commerce qui accumule tant de millions, tout en plaignant sa misère. La partie lucrative du commerce est l'usure ; on remarquait, en \ 800, que les juifs y dans les quatre départements cis- rhénans (Mayence, Trêves, Cologne, Coblence), avaient envahi en dix ans, par Tusure, un quart des propriétés- : Il faut que le gouvernement s'empare de cette bran- [ che et des autres^ par entremise des fermes fiscales, c II acquerra bientôt un tiers des propriétés, tout en ( ménageant les emprunteurs. Il aura donc en France :< un domaine de deux milliards de rente, dont un pour x les actionnaires et agents, et un pour lui, indépenc( damment des impôts courants; il aura de plus une « influence par 80,000 fonctionnaires à sa nomination <( dans les fermes fiscales ; il perdra à la vérité quelce ques produits en patentes et autres genres, mais cette (( réduction sera plus que compensée par Taccrois- « sèment de Tagriculture , et par le retour de « 500,000 agents mercantiles au travail productif, a (Je ne parle ici que de la France.] Voilà des opérace tions grandioses à substituer aux pauvretés qu'on
(( nomme flans de finances, dont on peut dire : beati
« pauperes spiritUy puisque les pauvres d*espiit, les « gens dénués d'esprit mveatif, gagneat des renomc mées et des sinécures à ces pitoyal)les conceptions ce nommées plans de finance , livrant TËtat aux mice riers, au lieu de livrer l'usure à VÈiat.
C^witnMÉt^n i^APticAlc 4te '%^ fpévtoAe,
c< Obligé de franchir les détails» je transporterai le a lecteur à Tépoque où les fermes fiscales^ fermes dûce stUf auraient pris consistance, et commenceraient 2 « opérer grandement sous la direction du ministre de a l'intermédiaire; à Tépoque où elles approcheraient c( de leur but, qui est de rendre le peuple heureux, ce fier d'être admis k la ferme, aussi fier de cette noua velle condition qu'il est confus aujourd'hui de son a sort philosophique, de sa chaumière sans pain, de « ses légions d'enfants à qui il est obligé de donner le a fouet quand ils demandent du pain.
« Qu'en coùteraît-il à la ferme d'asile pour opérer « cette métamorphose ? Presque rien : quelques amé- « liorations faciles, comme les salles d'éducation des « petits enfants (sect. III), les tentes, ou dais mobiles « fournis aux groupes de jardiniers , les avances en « uniformes de travail bien remboursées sur leprodui/.
LE GENRE HUMUN. 335
Ces bagatelles, jointes à Tavantage de nourriture saine et copieuse, et de vie insouciante, suffiraient pour amener toute la classe gênée à détester ses petits ménages moraux, demander l'admission à la ferme, en lui Tendant leurs lambeaux de champs.
« Dès leur début, ces fermes extirperaient Vindi- : gence dans les campagnes; aucun mendiant n'obc tiendrait d'aumônes; chacun lui répondrait : — allez < k la ferme d'asile où tout indigent trouve bonne :< nourriture et travail varié k option. — Quant aux in- K firmes, la ferme s'en chargerait moyennant quelques c( centimes additionnels fournis par le canton d'envia ron^ à 3000 habitants.
« 11 ne resterait aucun risque de disette; la ferme « aurait des approvisionnements en silos, en greniers; «c aucun gouvernement ne redouterait les famines ; la c( restauration des climatures et des forêts serait assu- (1 rée, en ce que la consommation de bois serait trèsce diminuée et le vol de bois en même proportion; c( quelques poêles remplaceraient les feux de 50 et (( de iOO pauvres familles prodigues du bois qu'elles « volent dans les communaux, le vol étant Poccupaii tioB d«s paysans pauvres, des petits ménages si chers « k la morale.
(( On aurait dans tout canton une grande affluence
« de volailles et bestiaux, de bons légames et boos oc fruits, par le jardin et la ferme d'asile : ponr Fagréc ment de ses ouvriers, elle s'adonnerait au soin des <c jardins et étables, de préférence aux travaux de « grande culture. Enfin on verrait natlre en petit la « plupart des biens que j*ai décrits dans Tabrégéde « Tasssociation.
a Le plus remarquable des avantages serait la chate « du commerce. Toutes les fermes dasile se concertett raient par entremise du ministre et des préfets, pour oc se passer des négociants, faire leurs achats et ventes a directement les unes aux autres : elles auraient oc abondance de denrées en vente , car elles tien- <c draient entrepôt pour les petits cultivateurs ou pro- « priétaires qui, n'ayant ni bons greniers ni bonnes « caves, ni valets nombreux, déposeraient volontiers <c à la ferme, sauf modique rétribution pour les frais de « manutention et vente. D'ailleurs le propriétaire, en oc versant à l'entrepôt, recevrait des avances à un prix X modique, et serait dispensé par là des ventes préce maturées qui avilissent les denrées.
oc Dès lors tous les amis du commerce, les légions de oc marchands se trouveraient dénués, comme des files <x d'araignées qui périssent dans leur toile, faute de oc moucherons, quand une fermeture exacte en interdit « l'entrée. Cette chute de marchands serait effet de
Ibre concurrence y car on ne les empêcherait pas lC trafiquer; mais personne n'aurait confiance en ^ux, parce que les fermes d'asile et leurs agences ïrovinciales, dont je ne peux pas décrire ici Vorgor aisalion^ présenteraient des garanties suffisantes de vérité. Les vertueux amants du commerce n'auraient d'autre ressource que de sonner la retraite, en déplorant le bon temps du mensonge, les beaux jours de Tanarchie philosophique ou liberté mercantile sans concurrence; car la licence mercantile n'a aucune concurrence, il n'existe de lutte qu'en fourberie 2 ce sont toujours les plus fourbes qui réussissent le mieux»
ce La retraite des marchands amènerait la formation oc de l'entrepôt trinaire, ou triple agence opérant sous K la direction du ministre. La concurrence est pleine- « ment établie à 3 compétiteurs : chacun des 8 entrent pAts aurait ses agences dans les diverses villes et dans c( les grands marchés, d où elles correspondraient avec tt les fermes fiscales, dont chacune serait libre de cona signer, soit à tel des 3 entrepôts, soit à chacun des m 3, selon son choix.
<c Les capitaux disponibles se trouveraient tous entre
« les mains des fermes fiscales, car on n'en aurait plus
a le placement chez les accapareurs, banquiers, ou
« marchands qui n'existeraient plus. Les capitalistes
« n^auraient d'emploi qu'en terres, fabriques, entrent prises judicieuses. Les 3 entrepôts n'auraient besoin ec d'autre -capital que de la petite somme nécessaire « anx frais de manutention.
<( Toutes les fabriques, ou du moins la très-majeure ce partie, abandonneraient les villes pour se dissémidaer « dans les fermes fiscales, où l'ouvrier, pouvant varier (c ses travaux, alterner entre les jardins,, les établis, (( les fabriques, etc., jouirait d'une existence aussi « douce qu'elle esJ; pénible dans les greniers des villes, « où il fait du matin au soir, pendant 365 jours^ le « même ouvrage, au grand préjudice de sa santé.
ce Je ne parle pas de sa nourriture et du bien-être a 4u peuple dans les fermes d'asile ; on a vu, dans le « COUTS de cet abrégé, combien les grands étàblisse- « ments sont favorables à la bonne tenue du peuple, « pourvu qu'on ne les organise pas à la manière philo- <( sophique, sous la direction de prétendus économes « dont personne ne peut inspecter les comptes ni les « tours de bâton, la comptabilité des fermes fiscales c( serait visible à tout porteur d'un certain nomibre « d'actions, à tout représentant des porteurs.
« Redisons que la classe pauvre se bâterait de se dé- « feire de ses lawïbeaax de terre, pour acbeter des cou- « pons d'actions à la ferme, s'y enrôler, y mener une
c( vie joyeuse, et abandonner son ménage moral et « sans pain. II ne resterait d'exploitations séparées que ce celles des proj^iétsâres ou fermiers aisés, qui payece raieat eh^B les domestiques mieux disposés pouir la « ferme que pour eux. Elle jomdrai>t k ces parcelles, de ce terrain beaucoup de domaines acquis des emprunt- « teurs obérés ;; elle posséderait bien vite le lâers du c< territoire et des établissements industrielSr dont le ce produit, estimé six milliards en France, donnerait on a revenu de deux milliards^ élevé à trois : u& au fisc, ce et deux aux; actionnaires et coopérateurs.
c( Observons que la ferme serait lucrative, en raison (( du cbarme qu elle procurerait aux classes inféc( rîeures. A Tinstar des phalanges d'harmonie, on c( donnerait au peuple une fêle réelle aux purs de fes- « tivité, repas plus délicats, danses, jeux, etc., au lieu « des tortures et pénitences auxquelles on Tassujettit ce dans nos dépôts de mendicité : un pauvre y coûte « 25 sous par jour à TÉtat (voyez les comptes détaillés ce sur le dépôt de mendicité de Clermont en Auvergne » établi sous le règne de Bonaparte); il en rendrait au (c contraire 25 dans les fermes d'asile : on le stimule- « rail par les chances d'avancement en grade, esprit de c( propriété inhérent aux coupons d'action, insouciance ce de l'éducation dont se chargerait la ferme; elle se ee rapprocherait du régime sériaire et de l'attraction ce industrielle» dès que les enfants seraient assez nom-
« breux pour former les tribus et les chœurs, au moias ^ « trois tribus au lieu de cinq.
ce Je n*aborderai pas ici les détails relatifs à la ga- « rantie de vérité qui régnerait dans les fermes d'asile» « et d'où résulterait Tenvahissement du commerce ea « gros et en détail. Ce tyran des rois et des peuples « n'est qu'un colosse aux pieds d'argile, qui tombera « sans coup férir quand on saura l'attaquer par voie « indirecte. Si l'on heurte le serpent de front, Ion sera a atteint de sa morsure; il faut le saisir par la queue, a lui ôter son point d*appui : c'est c« qu'ont ignoré le c( ministère autrichien (401), et tous ceux qui comme « lui ont essayé la répression des menées mercantiles ; « tous ont commis double faute, laisser au commerce « son point d'appui, et nen donner aucun au gou- « vernement. Quand un siècle opère si gauchement, « faut-il s'étonner qu'il en vienne à dire avec Bona- « parte : On ne connaît rien au commerce! Dites plutôt (( que vous ne connaissez rien à la politique sociale.
« Au moins devait-on apercevoir dans ce colosse « nommé commerce ^ qui menace de tout envahir, les « propriétés odieuses de fourberie et d obscurantisme! « Si nos moralistes cherchaient sincèrement la vérité, « ils auraient bien vu qu'elle n'est pas dans le corn- « merce, vraie patrie de l'obscurantisme; car tout • « jeune homme qui laisse entrevoir du goût pour les « sciences et les arts est réprouvé dans les comptoirs
Les négociants et n'y obtiendra pas d'avancement. Le bon sens ne conseillait-il pas de suspecter ce i^ampire d^obscurantisme et de fourberie» qui peu à peu s'empare de toutes les richesses? N'était- il pas évident qu'à défaut de connaître un procédé pour rivaliser le commerce, on aurait déjà essuyé moins de lésions sous un monopole général et préservatif? Comment l'administration et la philosophie, qui ont reconnu les dangers de la fourberie dans diverses professions, telles que médecine et pharmacie, jugent-elles bon de la favoriser dans le commerce et d'y encourager une puUulation d'agents élevée au vingluple du nécessaire? D'où vient tant d'impéritie chez les modernes» sinon de leur obsti- ' nation à se confier aux sciences politiques et morales, dont la tactique est d'encenser tous les vices dominants, pour se dispenser d'en chercher le remède?
« On a vu, dans ces deux chapitres» la marche que X suivrait l'industrie dans le cas de progrès réel et c antérieur à la découverte des Séries passionnées : K j'aurais pu distinguer dans cette marche bien des oc degrés dont le plus bas forme la i^ phase de civili- « sation, et le plus élevé est la 2'' phase de garantismc, «c 6* période sociale et initiative de bonheur dont nous (( allons parler.
« Tirons de ce chapitre une conclusion sur le savoir-
« faire die nos écmains politiques : ils yenleiil, dôeni- «t ils, pondérer les pouvoirs, équilibrer ït mécanisme « social, et ils confient la direction: dti movyemeQl a industriel à une caste mercantile qni, par le Kbd <t exercice de la fourberie, envahit toutes les ricbessesj <r maîtrise tons les ressorts dekeirealation, et paralysa a les gouvernements mêmes. Nos économisl^ noppo- (c sent à ces cosaques industriels aucun contre-poids^ «t ancnne corporation opérant par la vérfté. Biès tors II <x mensonge doit triompher sans obstacle : amsri Farfir^ « de fttusseté grandit-il à vue d'œi)'; hrbaaqae, FagioJ « tage et le commerce accomntettC de p W en phs là « trésors, tandis que la pauvre agricnttnre végète sasi a moyens de fortune. Voilà l'oeuvre de ces pbttosqAd « modernes , dont les éerils f» retenfissenl que à (X haiiMeey€onire^poid^jg&raniie,épiilière\et€m9Ui <x âe VaiAguste vérité. N'est-ce pas le c«( da^dire, 8^« « Beaumarchais» que les gens d'esprit sont bétes; ot c bien que les hedâuds soM bétes de sê confier m « beaux esprits, et qne les goa^ernement» sont av«it <c gles de ne pas voir qu'ils ma/Êquené ^u» jKH'ni « d*appui pour résister a» eômmsree.
LE GENBB HUMAIN. 243
C«iiuApaettoii Iniéf «aie dte la «e p^rioée.
« l'en^sâge m VeiamMe en Fégk»e des gaFftB^ies ; « le HMs-eonnnim noag en inique id'^i*4*4eH9[, saa iFoir : t^fle de "travftiU dofcâstanœetbieii-^lre'pmir ce la eki66e {>afawe9 «t ccflle de vérîté*em Tetatims 'Soda- <i( les pcmr les classes «loyeone et riche.
c< La philosophie ne veut entendre à aucune de ces « garanties; elle consacre la pleine licence des mara (âiands, cfui font régner la fouAerie trniverseBe en « relations ^'^acfeals et vefttcs, puis eJte t)rganise -«ne « lëgi^Âtton^i expose -tout ^propriétaire sans défense, « ou ^ans astuce, à être spolié par les gens d affaires, « gens de juirtice, «te.
c< Voilà pour la classe aisée ; quant aux pauvres, la «philosophie leur donne, pour toute ressource, les « dépôts de mendicité, séjour de supplice, et les bac< gnes industriels nommés grandes fabriques; deux (( sortes de prisons où le pauvre fait son -enfer dès ce « monde.
a fai déjà démontré qu'il n*eûtpas été difficile d'i- « maginer les deux méthodes qui créeront une garantie « de sûreté et vérité pour les riches, en affaires ^!in-
S4i SAUVONS
« térét ; une de bien-être ponr le paavre qni n a, n « civilisation, d^aalre garantie que celle d'être fasillé, « décimé, s*il vient en masse demander do travail et « du pain qu on refuse aux individus, ou s'il ose de- « mander un adoucissement aux corvées et tortures d qu*on lui inflige pour prix d^une chétive subsistant; « puis d'être décoré du beau nom d'homme libre, lors- « qu*on TenvoiCji la cbatne au cou , mourir pour me « charte octroyée. Telles sont les garanties que la pli- « losophie a su imaginer pour le peuple dont elle se « dit lamie. Quel génie en amitié I
« Les garanties, en cadre général, doivent s'appli- « quer aux douze passions, assurer du plus au moins c le libre exercice de chacune. Il suffit que la garantie < s'étende aux neuf dites sensuelles et afifectueuses ; « elle s'étendra par suite aux 3 autres, nommées méc canisantes.
c En relations industrielles on avait, dans le sysc tème monétaire, un beau fanal de garantie qu'il eût t fallu étendre au commerce entier. Tel serait l'effet € de Ventrepôt trinaire concurrent. Ce serait une c régie à double contre-poids formé par la liberté de c ventes particulières, et par lentremise d'actionnaires c surveillants. Les fermes fiscales ou fermes d'asile c rentrent dans ce mécanisme.
« Les garanties doivent s'étendre aux plaisirs des
LE G£NR£ HUMAIN. 245
« sens comme aux autres passions; or la philosophie,
« sous prétexte de liberté individuelle, frustre de bien-
« être sensuel tout le corps social. Examinons les
« lésions des sens.
« 4*> Le tact: une de ses branches les plus pré- « cieuses est le contact de Tair ; un air insalubre donne « la mort, et pourtant les philosophes consacrent la « liberté de constructions insalubres qui, dans certains « quartiers de Paris, font périr les sept huitièmes des « petits enfants dès leur première année. Un système ce de garantie en tact défendrait ces constructions a meurtrières; il mettrait en vigueur un code architec- « tural pourvoyant à la salubrité et à rembellissement, <K et astreignant à ces deux fins Tinlérieur comme l'ex- « térieur des édifices (voyez II!, 302, un aperçu de ce « code auquel on n'a jamais songé).
« 2** La vue : elle est de toutes parts blessée par a cette licence de construction. L'on voit quantité de a vandales travailler à plaisir pour Tenlaidissement, tt construire tel mur qui ne leur donne d'autre profit a que de masquer une demi-douzaine de voisins: c'est «le bonheur suprême pour les petits esprits; ils « aiment à enlaidir le quartier, les alentours, et mott lester les voisins pour jouir du beau nom d'homme « libre. La philosophie applaudit à ce vandalisme « qu'elle nomme liberté, et qui n est que désordre
<x comme toutes les libertés indivîdaelles sans contR^ c poids, sans sobordiaation aax dooze garanties. Oi <x croit faire preuve de sagesse eu méprisant les garan- « ties de lagréable, comme celle des constructions « harmouiques (III, 302); Tesprit humain a commis tt dans cette affaire un fâcheux mécompte, car en né- «( gligeaut les constructions harmoniques, branche de <c garantie visuelle, il a manqué Tinvention des approii- <c mations sociétaires, oti Taurait conduit ce genre de oc construction.
(( 3* L*orïE : la nation française, remplie de préten- « tiens, a ToreiUe faussée comme Tesprit ; une seule « ville fait exception : le peuple, ou du moins partie ce du peuple de Toulouse, a l'oreille juste et va chanter a sur le théâtre dans les chœurs. Ce fui a été possible « à Toulouse ne Tétait-il pas dans toute la France? <c pourquoi donc laisse-t-on passer des siècles sans sonce ger k régénérer les oreilles? La morale répond que (c cela est inutile, qu'un vrai républicain ne doit s W <c cuper qu'à planter des raves : c'est avec ce sot prince cipe qu'elle a faussé le jugement des nations a civilisées. Dans l'ordre garantiste, il îmiquerutiU a et V agréable marchent de front; si on manque les a garanties de l'agréable, on manque par contre-conp « celles de Tutile, et de là vient que les civilisés sont (X privés des unes et des autres. Ils ont si peu d'idées «u justes sur ce point, qu'ils autorisent dans Paris, sons
L£ GBNR£ HUMAIN. 247
prétexte de liberté, 3 à iOOO empoisoimeurg .publics nommés marchands devin, vrai^ marchands de poisons déguisés qui minent la santé du peuple; c'est absence de garantie sur le sens du goût.
« Tout absorbés dans les visions de charte et de système représentatif» les modernes sont frappés de cataracte sur tout ce qui touche aux vraies libertés, aux garanties solidaires. Je n'ai examiné ici que les matérielles, parce qu'on les aroit indignes d'attentions é (je «passais aux -spirituelles» h celles d'ambition, d'amoar^ damilié, de paternité, je pourrais : analyser dans notre politique plus d'tfvenglement encore qu'elle n'en a wr le matériel : son traversin : toutes branches de garantie est de vouloir opérer sur c l'utile sans y joindre l'agréable ; croire qu'on peut ( scinder le système de la nature, en admettre telles ( branches et repousser telles autres ; établir des ga- ( ranli«{ pour les droits des farouches républicains, 1 sans en -établir pour les classes moins farouches.
ce Si je donnais une théorie détaillée du mécanisme x des garanties sociales, on y verrait toutes les passions K marcher de front, et l'agréable toujours allié àl'uv< tile; Comment des hommes qui ne veulent pas recon* c( naître ces règles primordiales an «louvement osent^ « ils nous dire qu'ils étudient la nature, qu'ils sont a amis de la nature? Voyez la belle nature sociale
i48 SADVONS
« qu'ils ont établie sar ce globe! Quatre sociétés, cItI- « Usée, barbare, patriarcale et sauvage, qu'on croirait «L 1 ooYrage des esprits infernaux! Si on donnait aai « démons notre globe à gouverner, pourraient-ils y a organiser un ordre plus odieux que ces 4 sociétés, « réceptacles de toutes les infamies? »
Les autres ouvrages de Fourier compléteront ces pages par les détails utiles qu'on peut leur emprunter, et c*est le Comptoir communal qui est le centre do nouveau monde.
En ramenant k Tunité tous les éléments brisés de cette société garanliste que Fourier a détruite après ravoir entrevue, on doit avoir le plus grand soin de les puriGer de toute innovation en fait d'amour.
Il faut innover en devenant pur, innover en apprenant à aimer avec le cœur, innover en demeurant fidèles, le mari k sa femme, la femme à son mari.
Cet enseignement doit-il être entendu en ce sens que Ion doive immédiatement extirper du monde tous les vestiges de Tancienne impureté?
Il y a des exécutions immédiatement nécessaires. Dieu a voulu montrer à Thumanité quel abominable résultat devait produire la luxure associée au meurtre; il a envoyé sur la terre M. de Sade comme un épouvantail, une révélation de Tablme.
Telle était la désespérante corruption des àmes,qae Dieu n*a pas été compris, et que parmi les meilleurs de votre société française, Dieu a surpris des hommes
LE GBNRE HUMAIN. S49
émus de douce volupté en lisant les horreurs dont ce monstre a souillé toutes ses pages.
L'épreuve est termiuée ; elle a été désolante pour Dieu et pour vous. Anéantissez le nom, les œuvres de M. de Sade; qu'on les donne à la police ; quelle les mette au pilon, sans en excepter un exemplaire.
Purgez vos murailles et les vitrages de vos boutiques de toutes les exhibitions obscènes qui déshonorent votre grande cité. Soyez impitoyables surtout pour ces hypocrites indignes, qui encadrent des nudités de la dernièrç espèce dans des images destinées, en apparence^ à représenter des scènes de vertu.
Faudra-t-il fermer les maisons de 611es ?
Ces maisons disparaîtront un jour, mais on doit avoir égard à Tétat actuel des choses.
HARMOIfOE.
L'harmonie de la société à venir est décrite incidemment, dans le courant de ce livre, assez du moins pour que T homme ait occasion de mériter, en s'efforgant, de la concevoir tout entière.