‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 61 sur 223 · Villars au Roi, 13 juin · texte numérisé non relu

Villars au Roi, 13 juin

< méthode de M. d'Hemery pendant son ambassade. Celle de M. Ser- « Yien était trop molle et trop rampante '. » Ces deax extraits de la correspondance du marquis de Villars font connaître mieux que tout commentaire les motifs du rappel de Senrien, les Tues et les procédés du nouvel ambassadeur.

Le marquis de Villars était c l'homme de France le mieux fait et

< de la meilleure mine... Sa figure lui donna entrée chez les dames ;

< il était galant et discret, et cette voie ne lui fut pas inutile... Il

< réussit et se fit estimer et aimer partout *. » Sa femme ' joua à Turin un rôle qui ne demeura pas inaperçu et qui parait ne pas avoir facilité la mission du marquis de Villars. Saint-Simon la représente comme < ayant de Tesprit infiniment, plaisante, salée, ordinai- « rement méchante ». « Sèche, vive, méchante comme un serpent,

< de Tesprit comme un démon », dit de son côté M°*^ de Sévigné.

Au moment où Villars va prendre possession de son ambassade à Turin, la France est aux prises avec une nouvelle coalition. Les succès des armées françaises sur nos frontières du Nord et de TEst permettent à Louis XIV de tenir avantageusement tête aux Hollandais, aux Espagnols et aux Impériaux. Mais on a compris dans les conseils du Roi que de lointaines diversions sont nécessaires. Déjà le duc de Vivonne, en soutenant les Siciliens révoltés, vient de porter un coup très sensible à la monarchie d'Espagne. Le Roi se promet de reprendre également dans la Haute-Italie la politique de Richelieu et d'attaquer les Espagnols dans le Milanais.

Pour ce projet, la connivence de la Cour de Savoie est nécessaire. Dans les instructions qui lui furent remises pour son ambassade, le marquis de Villars est mis au courant de ce plan politique. Le Roi sait qu'il sera probablement difficile d'entraîner les Piémonlais dans une guerre. L'ambassadeur devra d'abord, avec mille précautions et comme de lui-même, tâcher d'éveiller l'ambition de la Cour de Savoie et de substituer à Turin le goût de la guerre au goût du repos et de la neutralité.

Les démarches du marquis d'Arcy en faveur du marquis de Livourne étant demeurées sans effet, il devra les renouveler^.

Villars tâchera d'obtenir, en outre, que les quatre régiments piémontais, mis par Charles-Emmanuel à la disposition du Roi, entrent complètement au service de la France au même titre que les régi-

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