AMBASSADRICE EXTRAORDINAIRE
Victor-Amédée avait k peine onze ans que déjà l'on se préoccupait à la cour de France de le lier par un mariage à la maison royale. En 1677, le bruit ayant couru que le duc de Giovenazzo, ambassadeur d'Espagne à Turin, proposait une princesse autrichienne, Louis XIV chargea le marquis de Villars d'insinuer à Madame Royale l'idée d'un mariage entre le jeune duc et Mademoiselle de Valois, nièce du Roi et seconde fille de Monsieur. Ces premières ouvertures ne produisirent aucun résultat.
L'année suivante, la Régente s'attacha à faire prévaloir une combinaison qui, pendant quelque temps, fut Tunique objectif de toute sa diplomatie. Appelée jeune encore, par suite du décès prématuré de Charles-Emmanuel, à exercer, au nom de son fils, les fonctions souveraines, Madame Royale a pris goût au pouvoir et elle entend, s'il est possible, en conserver l'exercice après la majorité de Victor- Amédée. Un moyen s'oflfre à elle pour y arriver. Elle mariera le jeune prince à sa cousine germaine, héritière de la couronne de Portugal. De cette façon, Victor-Amédée ira régner à Lisbonne, et elle continuera de gouverner à Turin. Entre la duchesse et sa sœur, la reine de Portugal, l'affaire s'arrangea sans difficulté. Louis XIV, qui trouvait son compte à voir se prolonger à Turin le pouvoir d'une princesse docile à ses volontés, donna d'ailleurs de bonne grâce son approbation à ce projet.
Mais on avait compté sans les Piémontais et sans Victor-Amédée. Le mauvais vouloir des uns, l'obstination sourde et tenace du second,