ÉVÊQUE DE BÉZIERS AMBASSADEUR
Le traité des Pyrénées a rétabli la paix en Europe. Il a confirmé tofi stipulations du traité de Gherasco et décidé que les anciens différends existant entre les cours de Turin et de Mantoue relativement au paiement de la dot de la princesse Marguerite de Savoie, seront réglés dans des conférences sous la médiation de la France et de PEspagne*. Le duc de Mantoue ayant témoigné beaucoup de mauvais
1. Voici ks deux «Ttîcles du traité des Pyrénées relatifs aux affaires de Mantoue :
Article XCIV. Et d^autant que les divisions ou prétentions contraires des maisons de Savoio et de Mantoue ont plusieurs fois excité des troubles dans Tltalie, pour les apsistances que lesdits seigneurs Rois ont donné en dirers temps chacun à son allié, afin de ne laisser, ù TaTcnir, aucun sujet ni prétexte qui puisse de nouveau altérer la bonne intelligence et amitié de Leurs Majestés, il a été convenu et accordé, pour le bien de la paix, que les traités faits à Quérasque, eu l'année 1631, sur les différends desdites maisons de Savoie et de Mantoue, seront exécutés selon leur forme et teneur, et Sa Majesté Catholique promet et engage sa foi et parole royale, de ne s*opposer jamais, ni faire chose contraire, en aucune manière auxdits traités, ni à leurs exécutions, pour quelque raison, action et prétexte que ce puisse être, et de ne donner aucune assistance, ni faveur, directement ni indirectement, en quelque sorte que ce soit, à aucun Prince qui voulût contrevenir auxdits traités de Quéraaque : dont Sa Majesté Très-Chrétienne pourra soutenir Inobservation et exécution de son autorité, et s'il est nécessaire, do ses armes, sans que Sa Majesté Catholique puisse employer les siennes pour Tempecher; nonobstant le contenu au 3* article du présent traité, auquel il est expressément dérogé par celui-ci, pour ce regard seulement.
Article XCV, Comme le différend qui reste entre lesdits sieurs ducs de Savoie. et de Mantoue, sur la dot de la feue princesse Marguerite de Savoie, aïeule dudit sieur duc de Mantoue, n*a pu être accommodé en diverses conférences, ({uc les commissaires desdits sieurs ducs ont eues sur cette matière, tant on It.ilio quVn p«
PIERRE DE BONZI, ICf.2
vouloir pour Vexi^culion de c^s arrang^meiils, on ufTecta à Taris certaine froideur à son égard. D'autre port, l'état de tranquillité dans lequi^l se trouvait l'Ilalie ne donnait alors lieu a aucune préoccupation pour la France. Dans ces conditions, Louis XIV laissa plusieurs années la capitale du duc Charles sans Résîdeal Trançais. Durant cette période (lC57'1ti6S) les ambassadeurs du Roi ii Venise 'étaient chargés de renseigner la cour sur l'attitude du duc de Mantoue. Celte tàphe leur est relativement facile, le duc faisant pour ses plaisirs de fréquents séjours dans la licencieuse cité voisine de ses Etats.
L'évéque de Béliers', successeur de l'archevêque d'Embrun à Venise, fut ainsi chargé en 106S, en allant prendre possession de son ambassade, de nf-gocier plusieui'S affaires importantes avec la maison de Mantoue :
1° Le duc de Mantoue persistait à refuser l'arbitrage de la France et de l'Espagne dans ses difficultés avec la Savoie. L'évéque de Béziers devait donner au duc Charles l'assurance que le Roi n'avait pas d'autre désir que de procurer aux deux partis en cause un bon accommodement.
i' L'ambassadeur avait ordre de renouveler au nom de la France l'offre de payer l'indemnilé due pour les fiefs du Montferrat cédés on 1631 à la Savoie et de déclarer que le Roi ne pouvait, en ce qui le concernait, revenir sur des arrangements solennellement confii dans les traités de Mttnster et des Pyrénées.
lieu-ci, en préBence dcsdita plânipotentlûres de Lcuri Mignstés, à raltoi grand éloignement des prélenLlons dp l'un et des eicepUons de l'aulre. en sorte qu'ils n'ont pu convenir aTunt la conclusion do celte puii qui n'a pu dû ttrt retardée pour ce aeul intfrJC : il a él6 arr^l^ et accorde que lesdils sieun àaca feront assembler leurs commîuaireii en Italie, dans trente jours spris la signature de c« traita el plus tôt s'il se peut, su lieu qui sera concerU' entre le sieur dnc de NaTiillcs. et en san absence, l'ambassadeur du Roi Très-Chrétien en Pitmont, et le sieur comte de Fuengnldaiia. où. en la manière qu'ils jugeront plus ■ propos, aBn, qu'avec l'interTention des ministres des deux seigneurs Rois, qnl |M>urrn contribuer beituconp !t faciliter et aiancer cet accord, ils traTaillent i l'^ustement de cette affaire, en sorte que dans quarante autre jours, depuis qu'ils se seront assemblés, ledit ajustement soit conclu, et que les parties aient convenD de In somme qni est due. Et, en cas que cette nouvelle conférence ne produise pus l'effet qu'on pnitend, atant le printemps, que les deux plinipotenliaires de* deux seigneurs Rois se trouveront encore ensemble en cett« méma frontlAre des deux rojaumes, Leurs Majestiis alors, ayant la connoissance que leur auront donnée leurs minisires, des raisons de part el d'autre, et des expédients qui auront été proposés, prendront 'celui qui leur semblera juste el raisonnable, pour mojenner l'accommodement de celte affaire à l'amiable, et en sorte que lesdits sieurs duc* puissent el doivent demeurer avec satisfaction commune; el leurs dites Mi^eMés concourront après, uniformément, à procurer que ce qu'elles auront déterminé s'ciccute, en sorte qu'il ne reste aucun motif qui puisse altérer la tranquillité publique d'Jlalie.
1. Sur l'évéque de fiéiiers, I ambiu»ad«ttrt tH Sa»oit-Sardaigne, 1. 1, p.
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Bonii. Cf. Htcutil dtt Inttruclioni aux
[ DIFFICULTÉS DE CÉRÉMOMAL.
S* ?Tssnt des bons offices de l'Empereur, le duc avait rêuemmenl rail sortir de sa capitale la garnison que la république de Venise y t-nlrelenait en vertu des traités de Cherasco. Le Roi n'avait pas laissé ignorer au sénat vénitien son mécontentement de cette mesure prise sans consulter la France. L'évèque de Béziers était autorisé à entretenir le duc Charles de cette atteinte portée aux traités.
Le duc lui ayant fait savoir qu'il ne pourrait lui donner la maia comme l'exigeait Louis XIV*, l'ambassadeur du Roi se rendit directement & son poste sans s'arrêter Ji Mantoue [octobre 166â}. C'est k Venise seulement qu'il put, quelque temps après, aborder avec le
dac Charles et ses ministres l'examen des différentes questions
dont il était chargé de provoquer la solution. Voici le texte des instructions remises à Pierre de Bonzi au sujet
des alTaires de Mantouç. Lionne dirige alors en fait le ministère des
\ffaires Etrangères, dont Loménie de Brienne est encore Sous-Secrii-
taire d'Etat.