M. D'AUDIFFRET
rOta ont 6iè oublicîs dans le IraiW do paix. Le sieur d'Audïffret lui répondra que Sa Majesté no pouvoil faire davantage pour lui, que de l'y comprendre, comme Elle a fait par l'acte d'în- clusion qu'EUe a donné à tous les alliés.
Ces diffiîrenteB demandes du duc de Mantoue feront vraiscmblublement le sujet dos principales affaires que le siour d'AudifTrct nura dans le commencement de son emploi.
Lorsque le sieur Du Pré fut rappelé par le Roi. il ne fut pas au pouvoir du duc de Mantoue de conserver les trois ministres qui avoient le plus de part à sa confiance : l'Empereur l'obligea de les éloigner. Do ces trois, le comte de Caaoïin est morl ; l'Empereur a permis au duc de Mantoue de rappeler le marquis Amorotti ', et il ne reste plus que don Joseph Varan qui soi! encore éloigné. Quoique l'inlenUon de Sa Majesté soit que le sieur d'Audiffret n'entre point dans la manière dont ce Prince jugera à propos de distribuer les charges, et qu'il ne lui recommande personne pour faire entrer dans son conseiL Elle veut cependant qu'il demande le retour de don Joseph Varan, Il n'a éti^ éloigné que parce qu'il avoit paru trop attaché aux intérêts de Sa Majesté, et il y a même lieu de croire que le duc de Mantoue souhaite qu'EUe veuille bien s'intéresser pour le faire rappeler. Ce prince ne pourra refuser de le faire, en ayant usé de même à l'égurd du comte Vialardî, accusé d'avoir un commerce secret avec la cour do Vienne, el qu'il rappela sur la recommandation de l'Empereur. Cet exemple fera aussi voir que Sa Majesté n'oublie pas ceux qui ont marqué leur zèle pour son service. Le marquis de Fcrrero, ambassadeur du duc de Savoie, a supplié le Roi d'ordonner au sieur d'Audiffret de rendre au marquis Slrozzi * tous les bons offices qui dépcndroienl de lui. Sa Majesté a été depuis informée, par le sieur
I. Alphonso mariiuta Amorotti, miniatre d'Etat, goarerncur grinitril dii Monlfcrral, Gt, en 1 703, partie du Conseil de tUgeoce chargé d'administrer le ductid itr Mantoue en l'absence du dac Charles. tVof J:B biografiehe, 1. 1, p, IIi3.
S. Pompée, marquis iStroiiil, appartenait à l'illustre mabon florentine do rn ootn cl élut nu du marquis Palla Stroxii, quiétoit «ntrd >d service dciducs deUADUn* cl avait ilé gouromear du Munlfarrat. Il faisait partie du conseil wcrel du doc Churk-s IV ol était commandant de b citadelle de Porto, l'une des cleEi de UviSi da Mantoue. Il Tut nommii maître de chambre (maestro di camcrft) du duc C ea lG9j et mourut un 1717 (Liila. Famiglie eelebri ilalinne, t. IVJ.
MINISTRES Dll DUC DE MANTOlïE.
J'AudilTrel m^rne, fine le sieur Slro/zi avoil toujours paru l'un (les plus ddclanîs partisans de l'Empereur, el qu'il avoit conlribué pluB que personne à la r<?solulion (jiie |irii'ent les généraux de l'Empereur de demander au duc de Mantoue l'i^loignemcnt du sieur Du Pr&. Ainsi, le sîuur d'AodifTret ne doit entrer en aucune façon dans ce qui regardera les intt'rt'ts du marquis Strozzi.
Sa Majesté a bien voulu conserver, à la considération du duc de Mantoue, le régimentde Monlfcrral, quoiqu'elle ait réformé un grand nombre de troupes depuis la conclusion de la paix. Elle ne doute pus que ce Prince ne facilite, autant qu'il pourra dépendre de lui, les recrues nécessaires à ce régiment.
Outre les lettres de créance que Sa Majesté donne au sieur d'AudifTret pour le duc et pour la duchesse de Mantoue, Elle lui en fait remettre encore pour les ducs de Parme et de Mo^i^nc. Le sieur d'Audiffret se rendra auprès d'eux quelque temps après qu'il sera arnvi5 à. Mantoue. Il ne s'agit présentement que de les assurer de l'estimc' el de l'aircction que Sa Majesté u pour eux; de leur faire connoître combien elle désire leurs avantages particuliers et ceux de leurs maisons. Mais, comme il peut arriver des conjonctures où il seroil nécessaire do leur parler plus précisément, Su Majesté laisse à la prudence du sieur d'Auditfret de faire dilTérents voyages h Parme el îl Modt"ne. el d'y demeurer tout le temps qu'il croira nécessaire pour connoitre le pénie de ces princes et pour l'informer oxacliHoent du fondement qu'elle peut faire sur leurs sentiments.
Sa Majesté lui donnera des ordres plus particuliers suivant le compte qu'il aura l'honneur de luï rendre directement, tous les ordinaires, de ce qui aura quelque rapport au bien de son service. Il doit principalement l'informer de ce qu'il apprendra du Milanois et de Venise, et il entretiendra un commerce régulier avec le cardinal de Bouillon' à Rome, avec le sieur de la Haye*, ambassadeur de Sa Ma-
!. Eminanuel-Théudose de la Tour, cardinside Bouillon, ne en IHiS. grsnd aumânïar <if France, abbé et géniSral de Clunï, de SainC-Ouen do Kouon. elc, mourut à Romoleîmars 1715.
S. Denii de lu Hsye-VanUlel, ambassadeur de France A Venise de 1634