FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
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AMBASSADEUK
La France et la GraDde-Bretagne s'élant mises d'accord pour confier aux Puissances, représentées en un congrès, le soin de conclure une pais générale, des conférences s'ouvrirent & Aix-la-Chapelle (24 avril 1748). Elles aboutirent aux traités signés, quelques mois plus tard, dans cette même ville {18-33 octobre). Ces accords mirent fia à la guerre de la succession d'Aulriche.
La pais d'Aix-la-Chapelle apporta de notables changements en Italie. Gharle^Emmanuel conserva la plupart des avantages territoriaux que lui avait concédés le traité de Worms'. Don Carlos garda U Sicile et Naples. Don Philippe obtint les duchés de Parme, de Plaisance eldeGuastalla. Deux conventions signéesàNice, le 4décembre 1748 et le 21 janvier 174fl, achevèrent de régler les détails d'exécution des stipulations du traité d'Aix-la-Cbapelle relatives à l'Italie.
Par suite du rétablissement de In paix, la cour de Versailles se trouva amenée à renouer des relations diplomatiques avec le roi de Sardaigne. Le marquis de la Chétardie', qui avait rempli d'impor-
1. Le iriilé d'Ail- la-Ctïpelk (uUcla 13) conliriaa en Urcai- du roi de SE!'diûg:ne In polieïsion de tout ce dont il jouissait ancieimeaient pl nouvelleni«nl el particuiiirstnent l'i>cqui«itiou qu'il arait l'aile par soiledu Iraité de Worms, du Vigevaniuque. d'oriR partie du Parcgui et du comté d'Anj^hierï. Mais l'acticle du trailé d'Aii-la- Qiap«Ûe qui confirma celte cessioa, n'assura pas k Chartea-Eoimaiiuel la partie du Plaiianlin qui lui niait élë concédée «n 1743, ni le marquisat de Final. Ce premier Icrriloire fui abandonné par les traités do 174S à l'Infaol Don PMlippc, et Final resta sui Qénots. ses légitimes possesscnri.
!. Joachim* Jacques TrotU. marquis de la Chétardie (1705-1758), lieutenant au régimeal du Roi, le 15 juin 1721, miniitre en Prusse de 1731 i 1739, colonel du régiment de Toarnaisis le 10 mari 1734, unbassadear en Russie de 1739 1 1742, MCCETL DK5 INSTB. DIPLOM. \V. — I
i LE MARQUIS DE LA CHETARUIE, 17*9-I7ai.
tanles missions en Prusse gL en Russie, fut désigné au mois d'avril 1749 pour l'ambassade de Turin.
I' LaCUiitardic nuus offre, en les cxagérauL, les principaux traits « du Français mondain au .wiii' siècle. Tantôt orficier, tanlAl diplo- « mate, et avant tout homme de cour, il se faisait remarquer en II quelque lion qu'il se Irouv&t. Passionné pour ta société, ofi sa a bonne mine et sa galanterie lui altirèrenl de nombreux succès, il « y comptait autant d'amis que d'ennemis, devait les uns & sa bonne « grâce et au charme de sa personne, les autres à son humeur n mobile et emportée. Doué d'une intelligence prompte et déliée, d'un n esprit vif et d'un jugement faux, frivole, aventureux, sûr de lui, « bouillant, irrélléchi, il sacrifiait tout au désirdebriller etde jouer <i un r(Me, se lançait dans tes plus téméraires entreprises sans en (I prévoir tu suite, et perdait par sou ûtourderie le fruit de son u adresse. Avec cela hautain, jaloux de son rang, attaché àses préro- « gatives de gentilhomme et d'ambassadeur, obstiné sur tout ce qui u concernait le cérémonial, il traitait les futilités avec sérieux et les « affaires avec légèreté. Où il se montra passé maître, ce fut dans u l'art de se ruiner en grand seigneur. De bonne heure les exemples M de dissipation fastueuse ne lui avaient pas manqué. Sa mère, « femme & la mode sous Louis XIV, avait épousé en secondes noces K un gentilhomme bavarois, M. de Monasterol, qui, après avoir « occupé par ses désordres et sa prodigalité la cour de Versailles et u celle de Munich, se ntsauter la cervelle, quand il ne lui resta rien. w A si bonne école, la Chétardie prit le goût et la science du luxe. « Dans les cours où il était accrédité, il fit admirer sa magnificence ; « on citait ses équipages, ses habits, la beauté de ses réceptions, la a tenue de sa livrée. Il eût pu donner aux étrangers des leçons d'étiu quotlc hautaine et d'élégance raftinée; malheureusement sa poli- « tique ressemblait trop souvent & une intrigue de salon, et il eut >i plus d'une fois à s'en repentir', m
L'objet principal de la mission de la Chétardie à Turin était de travaillernu maintien de la paix en Italie sur les bases établies par le traité d'Aix-la-Chapelle. Il devait, s'il était possible, s'assurer dans ce but le concours du roi de Sardaigne.
brigadier le 1" jinvior HIO, do nouTeau ambassadeur on Rusaie en 1T43 et 1743. NoRiind maréchal do cuap en 1715, il fil les cun^agnea da 1745, 17WI si 1747 en lUtlie et en Provence ; lieutenant général par brevet du 10 mai 1 718, il fut disignâ. au mais d'avril I7t9, pour l'ambasaiide auprâs duroi de Sardaigne. 11 arriva à Turin le IH novembre suivant, et en revint au mois d'octobre 17^2. Gouverneur de Furt-Loui*. le 8 aoùl 1751, puîi employé i l'artnée d'Allemagno sous le prioce de Soubisv, il combattit i Rosboch Dt mourut àHansu le !•' janvier I75S. Cf. Recueil de» liulructiom aux ambassadeuri ta Riiitie, par il. A. Rambaud, t. I, p. 3111 et 409, et Chronologie mititniit de Pinard.
I. Cf, lj.i.h XV el EtimMI, .le H-!<tie. par U. A. Vandal. p. 115.