‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 52 sur 224 · PLÉNIPOTENTIAIRE · texte numérisé non relu

PLÉNIPOTENTIAIRE

La mission conGée aux mois de novembre et de décembre 1769 au marquis de Chauvelin à Turin, avait préparé le mariage du comte de Provence avec la princesse Marie- Josèphe-Louise, petite-fille du roi Charles-Emmanuel. Un instant interrompus, les pourparlers furent repris dans le courant de Tannée 1770, par le baron de Choiseul. Le 9 décembre 1770, on annonça officiellement les fiançailles.

Le Roi chargea le duc de Saint-Mégrin' d'aller, en qualité de plénipotentiaire , chercher la princesse en Savoie , pour l'amener à Paris.

Les instructions suivantes lui furent remises pour cette mission, en même temps qu'un plein pouvoir daté du 8 avril 1771. Le comte de Saint-Florentin était alors ministre des Affaires étrangères.

1. Paul-François de Quélen d*Estaer de Caassade, marquis de Saint-Mégrin, appelé le duc de Saint-Mégrin, né le 30 juiUet i746, fils d'Antoine -Paul- Jacques duc de la Vauguyon, premier gentilhomme de la chambre du Dauphin (Louis XVI) et du comte d'Artois. Paol-François succéda à son père comme pair de France et duc de la Vauguyon, le 4 fémer 1772. Il fut nommé en 1776 ambassadeur en Hollande.

MÉMOIRE POUR SERVIR D'INSTRUCTION AU SIEUR DUC DE SAINT-MÉGRIN, GOUVERNEUR DES VILLE ET CHATEAU DE COGNAC, MENIN DE M. LB DAUPHIN ET COLONEL-LIEUTENANT DE SON RÉGIMENT d'iNFANTERIE, ALLANT DE LA PART DU ROI EN QUALITÉ DE SON COMMISSAIRE PLÉ- NIPOTENTIAIRE RECEVOIR SUR LA FRONTIÈRE DU ROYAUME ET COM- DUIRE AUPRÈS DE .SA MAJESTÉ LA PRINCESSE MARIE-JOSÈPHE-LOUISK DE SAVOIE, ÉPOUSE DE M. LE COMTE DE PROVENCE.

AS, Étr., Corp. Turin, vol. CCLIl, fol. 162.

Versailles, 18 avril 1771.

L'intention du Roi étant que Madame la comtesse de Provence soit reçue convenablement à son rang à la frontière de son royaume. Sa Majesté a choisi les personnes qui doivent se trouver au pont de Beauvoisin, lorsqu'elle y arrivera, et a destiné pour chef de l'accompagnement le duc de Saint-Mégrin qui réunit aux avantages d'une naissance distinguée tous les talents et les vertus qui justifient la confiance dont le Roi lui donne une preuve éclatante. Sa Majesté la nommé pour cet effet son commissaire plénipotentiaire ; et elle est trop persuadée de son attachement et de son zèle pour son service, pour douter de la satisfaction qu'elle aura de la manière dont il répondra à cette marque particulière de son estime et de sa bienveillance.

Le Roi voulant pourvoir au bon ordre qu'il convient d'observer, tant pendant la cérémonie de la remise, que par rapport au détachement de la maison et garde de Sa Majesté, elle a confié au duc de Saint-Mégrin Tautorité principale pour tout ce qui doit être exécuté à cet égard, et lui a fait expédier un brevet pour constater sa volonté sans préjudice des prérogatives des gardes du corps qui ne reçoivent d'ordres que de leurs officiers, et ceux-ci des Princes ou Princesses qu'elle leur ordonne de servir. Le Roi se repose sur le duc de Saint- Mégrin du soin de prévenir tous les différends qui pourroient naître sur cet objet.

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