VOYAGE DE LA COMTESSB DE PROVENCE
aura remis à M*" la comtesse de Proveoce, les lettres dont elle sera chargée du Roi et du comlu de Pruvonce, les autres dames nommées pour accompagner la Princesse lui seront présentées, ainsi que les personnes qui en ont le droit suivant l'étiquette qui s'observe eu France pour los présentations en pareil cas.
Dès ce moment, le chevalier d'honneur, la dame d'honneur, el toutes los autres personnes de la maison ou destinées au service de M"" la comtesse de Provence, entreront en exercice de leurs fonctions respectives et recevrout ses ordres, suivant les droits et prérogatives de leurs charges, conform<-ment h ce qui se pratiqueroit, si elle se trouvoit anprès du Roi. La dame duchesse de Braucas exposera ces usages à cette Princesse à mesure que les occasions de s'y conformer se présenteront. L'intention de Sa Majesté est cependant que le duc deSaint-Mégrin accompagne, en sa qualité de commissaire plénipotentiaire, la comtesse de Provence, jusqu'à ce qu'elle SOil arrivée auprès des Sa Majesté.
Si le duc de Saînt-Mégrin avoit quelque autre éclaircissement à prendre relativement ^ la ct^rémonie de la remise, il pourra les demander au sieur Desgranges, maître des cérémonies, qui est parfaitement instruit de tout ce qui s'est déjà pratiqué en pareille occasion.
la cérémonie de la remise étant achevée, M"^ la comtesse de Provence montera dans les carro-sses du Roi et se rendra à Lyon le même jour 3 de mai.
Aussitôt qu'elle y sera rendue, le duc de Saint-Mégrin chargera le comte de... de porter au Roi l'acte de remise et les lettres que M""" la comtesse de Provence pourra lui coniier "oil pour le Roi. soit pour M. le comte de Provence, ainsi que 'arfilalion de tout ce qui pourra dans cette circonstance intél'ciisrr Sa Majesté. Le tout sera adressé selon l'usage au ministre Jm Affaires étrangères avec qui le duc de Saint-Mégrin correspondra sur tous les objets de sa commission.
Quoiqu'il ne soit pas vraisemblable qu'il se trouve des Princes ou Princesses étrangers sur la route de Madame la liomtesse de Provence, le Roi désire que, s'il s'en préscntoit
quelqu^un, il garde V incognito , et ne soit présenté à la Princesse que sous un nom et une qualité empruntés.
L'intention de Sa Majesté est que, pendant la route, aucune dame ne soit présentée en cérémonie ; mais la dame d'honneur nommera à M°^ la comtesse de Provence celles qui seroient dans le cas d'être présentées à la Cour, ainsi que les femmes de commandants, des premiers présidents et des intendants.
Au reste, Sa Majesté ayant particulièrement chargé le sieur Desgranges, maitre des cérémonies de France, du soin de faire rendre à la Princesse les honneurs qui lui sont dus dans les lieux de son passage, le duc de Saint-Mégrin aura attention à ce que les ordres du Roi soient exactement suivis.
Le Roi charge le duc de Saint-Mégrin de recevoir les bijoux que M"* la comtesse de Provence doit apporter suivant l'article 7 de soti contrat de mariage, pour la valeur au moins de 200 mille livres, monnoie de Piémont, dont il fera la réception en les vérifiant avec le sieur de Paleme, secrétaire do cabinet de Sa Majesté; et ils donneront, au bas de l'état qui sera expédié en double, leur récépissé. Le duc de Saint-Hégrin remettra ensuite ces bijoux à la dame d'atours avec une copie dudit acte dont l'original sera remis au ministre des Affaires étrangères.
Fait à VersaiUes. le 28 avrU 1771.
PLÉHIPOTENTIAIRE
luraoL de 1 772, le comte de Plavigny se reodil & Turin en Tnîssion conridentielle. Il était ehar^i^ de Taire coanaitre à la Cour son impressioa sur les deux petites Glles, encore non mariées, du foideSardaigne. en vue d'un mariage avec le comte d'Artois. Son nyi^ eut pour résultai de préparer les fiançailles de la princesse Marie-ThÉrèse de Savoie avec le frère de Louis XVI. Elles furent sononcëes officiellement le 16 mars 1773, quelques jours après la tnorliiii vieux roi Charles- Emmanuel (20 février 1773).
Umarqais de Brancas', lieutenant général des armées du Roi et Snod d'Espagne, fut chargé d'aller en qualité de plénipotentiaire, présidera la cérémonie de la remise de la Princesse, et de ta ramener en France.
Us instructions suivantes lui furent données pour cette mission. le dut; d'Aiguillon était alors ministre des Affaires étrangères.
™ IBfiihl. .1.
—— .-Ptul de Brancis de Forcalquier, manjaig de Brancas, SU de Louis, ™3»li de BraQCU. rawéchal de France, et de Charlotte- Candide de Branca*. m l* *^ nii i;|g, reçu cbeialier de Ualte de minorité, capitaine de cavalerie dani ^''iimtDide Piémont an mois de novembre 1737, mestre de camp d'un régimenl ''Uv^mo, aa mois do novembre 1739, brigadier des armées du Roi le 1" mai "y, nurtchal de camp en IT48, marquis do Céreste et grand d'Espagne le 3 fér"* IIM. lieutenant gdndral au gouvernement de Provence, le 1" avril si ,1^'uiuit général des armées du Roi. le 17 décembre 1759, ebevalier de* ordres, ■ ' doc de Cd reste -Bran cas le 16 février 1785.
MÉMOIRE POL'R SERVIR D INSTRUCTION AD SIEUR MARQUIS DE BRAKCAS, LIEUTENANT CÉ.NÉRAL DES ARUÉES QV ROI, CMEVALiER DE SES OBDaES. GBAND d'eSPACNE DE LA FREHIËRE CLASSE, ALLANT DE LA PART DU noi, KN QDALirË DE SON COMMISSAIRE PLÉNtPOTENTlAIBE, RECEVOIB 8CR LES FR0DTIËBE8 DU ROYAUME ET CONDUIRE AUPRÈS DE SA HA/ESTÉ, LA PRINCESSE MARIE-THÉHÉSE DE SAVOIE. ÉPOUSE D£ , H. LE COMTE d'aRTOIS.
\ff. ètr,. Corr. Turin, ïoI. CCLVII, fol. 118.
Venoille*, octobre niS.i
Le Roi ayant concerW et rempli conjointement avec la de Turin, toutes les formalités rel;itives au mariage de M. le comte d'Artois et de la princesse Marie-Thérèse de Savoie, et voulant que cette Princesse soit reçue conformément à son rang à la frontière du royaume, Sa Majesté, aprf s avoir choisi les personnes qui doivent se trouver à cet effet au pontde Beauvoisin, est dans l'intention de destiner pour chef de l'accompagnement un sujet également distingué par sa naissance el par ses qualités personnelles. Elle a en conséquence nommé à cet effet son commissaire plénipotentiaire le sieur marquis de Brancas, qui réunit à ces avantages les preuves qu'il a déjà données de son empressement el de son zèle à exécu ter les ordres du Roi, et la fidélité avec laquelle il s'en est acquitté, ne laisse aucun doute à Sa Majesté, sur la manière dont il jusUtiera, en cette occasion, la marque particulière de la conOance dont Elle l'honore.
Comme il est important de pourvoir au hon ordre qu'il convient d'observer pendant la cérémonie de la remise et par rapport au détachement de la maison et garde de Sa MajcstiJ, Elle a confié au marquis de Brancas l'autorité principale pour tout ce qui doit Ctrc exécuté à cet égard, et lui a fuit expédier un brevet pour constater sa volonté, sans préjudice des prérogatives des gardes du corps qui ne reçoivent d'ordres que de leurs officiers, et ceux-ci des Princes ou Princesses c^U^Bj
REMISE UE LA COMTESSE DaRTOIS. 115
■or ordonne de servir. Le Roi se repose sur le marquis de Braacas du soin de prt^venir tous les différends qui pourroient naître sur cet objet.
Il a étt^ convenu que M" la comlesse d'Ârlois seroit rendue in pont de Beauvoisiu, le 4 du mois de novembre prochain, et que la remise de cette Princesse se ferait le 5. Le marquis de Btsocas prendra en consi^quencc les arrangements qu'il jugera nécessaires, pour se trouver à la m^me époque à portée d'exéeotur les çrdres du Roi, et de procéder à l'acte solennel de la remise de cette Princesse, en vertu des plein-pouvoirs ci-joints de Sa Majesté, et qui lui sera faite par le comte de la Trinité ', chevalier de l'ordre de l'Annonciade, grand maître de la maisondu roi de Sardaigne, et lieutenant général de ses armées, désigné à cet effet, et qui sera également muni des pleinpouvoirs du roi de Sardaigne.
Cette cérémonie aura lieu dans une maison située au pont de Beauvoisio, et qui se trouve dans la partie qui est sous la souveraineté du roi de Sardaigne, mais qui, en conséquence d'une convention particulière signée à Turin, sera censée neutre el commune aux deux dominations.
Uneulraiité de cette maison étant ainsi proposée, le cortège pifmoDtois de M™ la comtesse d'Artois l'accompagnera jusque- *■ Elle se rendra d'abord dans le cabinet destiné pour elle, et elle s'y reposera le temps qu'elle jugera à propos. Elle passera ensuite dans le salon censé commun, où le marquis de Brancas '«orapagné du sieur Le Clerc, secrétaire de la chambre et du
«Itinet du Roi el du sieur que Sa Majesté a nommés ses
wmmissairespour participer i\ cette fonctiou, l'aura attendue. Le marquis de Brancas communiquera alors ses plein-pouvoirs au commissaire piémontois et lui en remettra une copie. Il en recevra également une des plein-pouvoirs du comte de Is Trinité où ils échangeront leurs originaux respectifs ainsi îi'il en sera convenu entre eux.
U légitimation étant ainsi reconnue, le secrétaire du cabinet
I. Vlclor-Amjdâe CosU , coinU d» la Triniti , seigiuur de C&rru et it Pelon- >><te«-nù de Sanlftigne (1133}, gooTemeor da Novare, cheralierde l'Annon-
du Hoi lira ili haute voix lacle solennel Je la remise el de 1» r&eption donl le module esl ci-joinl. Les commissaires resp«tifs signeront cet actp, chacun de son côté, en échangeroiit réciproquement les exemplaires, ctalln dï-viter toute difBculU concernant la présence et raltemative, chaque commisiairc nommera son souverain le premier dans l'un des deux exemplaires qu'il lui restera.
Le marquis de Brancas aura soin de faire préparer d'avance CCS exemplaires, afin que rien n'en arrête la signature an moment de la remise.
Cette formalité remplie, le cortège piémonlois qui aun accompagné M"" la comtesse d'Artois, prendra congé d'eUî après que le marquis de Brancas aura pris ses ordres pour k distribution des présents que le Roi a destinés aux persono» qualiliées de la suite de celte Princesse, et pour savoir si elle est dans l'intention de la faire elle-même, ou si elle jugea propos d'en charger le commissaire plénipotentiaire du Roi, qui fera remettre par le sieur le Clerc aux officiers suhaltcmcs de M"" la comtesse d'Artois les présents de moindre prix que Sa Majesté leur a également destinés, et dont le secrétaire du cabinet prendra une noie exacte.
Le marquis de Brancas aura ensuite l'honneur de donner la main il cette Princesse, et de la conduire dans la pièce qui sera censée être le cabinet de la France, et où toutes les personnes destinées pour le service et l'accompagnement de M™" la comtesse d'Artois se trouveront assemblées. Il présentera à la Princesse le comte de Vinlimille ', son chevalier d'honneur, et ta dame comtesse de Forcalquicr ', sa dame d'honneur ; et après que celle dernière aura remis àM"" la comtesse d'Artois les lettres dont elle sera chargée du Roi et du comte d'Artois, les autres daines nommées pour accompagner la Princesse lui seront présentées ainsi que les personnes qui en ont le droit suivant l'étiquette qui s'observe en France pour les présentations en pareil cas.
1. Jean-Baptiite-Fâlii-Hubert comte d» Vinlimilla el du Luc. gourerncur de ParqueroUes, mort le 10 septembre 1777 k Vige de cinquante -sept ans.
2. Harie-Frantoiae-RenAe Carlionnel de Canisj, mariée le 6 mars 171S JL Lnuu BafSte de Brancas, comte de Forcalquier, lieuteauil géDËrd du gauTcroemMitifa
Provence, grand d'Espagne.