SCÈNE XV
réparer l'offense qu'il m'a faite, même au prix de sa liberté. Hais il m'accordera peut-être quelque fierté aussi, et cette fierté, monsieur, m'Interdit d'accepter un pareil sacrifice.
GASTON
Oh! je tous jure que vous interprétez mal ma pensée.
AMÉLIE
. Assez, de grâce I insister davantage serait me blesser... [at« fnittj.) A mon tour, monsieur Faveuay, laissez-moi tous dire que les événements qui viennent de se passer, eu me donnant une précoce expérience, m'ont laissé je ne sais quel découragement, que je ne saurais surmonter pour reprendre des projets désormais Impossibles I C'est même la, croyez-moi, le reproche le plus grave que j'adresse à votre' ami. Monsieur Maurice ne m'a pas seulement offensée, il m*a atteinte dans ma foi à la vie, au bien, au, bonheur, il m'a troublée dans mes plus chères croyances,
GASTON, ipart.
Pauvre enfant I
AMÉLIE
Le temps, sans doute, aurait amené cette science amère que chacun, dit-on, doit acquérir. Mais cette œuvre des années eût été graduelle et peut-être insensible. Votre ami a pris moins de ménagements pour me corriger de mes Illusions.
GASTON, t pirt.
Mais elle est charmante 1
AMÉLIE
Dieu sait cependant que j'entrais dans la vie en toute
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confiance. Dieu sait aussi que Je voyais dans le mariage, non pas un roman (je ne suis pas romanesque), mais un Idéal qu'il ne me semblait pas impossible d'atteindre. Cette confiance qu'ont deux- amis l'un en l'autre, et qui s'accroît par les épreuves mêmes qu'ils traversent, dans leur commune destinée; surtout cette affection profonde. Inaltérable, pleine de bonne volonté réciproque et de mutuelle indulgence, tels étaient les sentiments que je demandais au mariage, tel était le rêve que je croyais réalisable. Encore une fois, je me trompais.'
GASTON, ■•« sothoDilums.
Ah! ne penses pas cela. Gardes, gardez précieusement votre sainte confiance. C'est elle qui est la vérité! C'est notre scepticisme qui est le mensonge I
AMÉLIE
Vous voyez, cependant...
GASïOS.
Je vous jure qu'il est encore des cœurs capables da comprendre, d'admirer rame la plus pure...
AMÉLIE
Tous dites, monsieur T
GASTON
Je dis que ma soeur avait mille fols raison quand, dernièrement encore, elle glorifiait le mariage, quand elle voulait, malgré mes résistances, car je résistais, j'avais la folle de résister... Mais aujourd'hui, je lui dirais: Ha chère sœur... Parce qu'il arrive des circonstances dans la vie... Quand on rencontre tout à coup,,. Tous comprenez.
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