Saynètes et monologues
De ce foyer de tous les vices Je sayats !— déiail f apuiliar ! -* Qu'on y mangeait des écr^isâes En cabinet particulier.
Cette fantaisie qne nous avons éditée à parc avec douze dessins de M. S. Abcos, lait partie d'un volume de ^ers quâ If. Jacqubs NoRMAiTD va prochaineweiit p«^.liQp»
LES ÉGRËYISSËS
Avez vous connu Véronique?...
Ma tante?... Non?... — Ça ne fait rien 1 Me trouvant son parent unique Quand elle mourut, j'eus son bien.
Je dus, pour certains bénéfices.
Gagner Paris, comme béritier...
Et je songeais aux écrevisses En cabinet particulier.
Cependant, réglant mes affaires.
Je refis vite mon paquet.
Car Paris ne me plaisait guères Et Pont-à-Mousson me manquait.
J'allais partir, plein de délices, Quand j'eus le désir singulier D'aller manger des écrevisses En cabinet particulier.
C'était ma dernière soirée.
Quand, vers six beures moins le quart
— Heure à mon dîner consacrée —
Je descendis au boulevard,
De Brébant, lieu des plus propices,
Je gravis le large escalier... •
Et commandai des écrevisses
En cabinet particulier.
LB8 AGREYISSES
Noas avions an salon praline...
Je dis noti^, car bien tous penses Qae seul, j'eusse fait triste mine Yis-à-yis de mes crustacés.
Une enfant blonde, aux cbeveux lisses, Daignait m'avoir pour cavalier...
Et partageait mes écrevisses En cabinet particulier.
VU
Que vous dirai-je?... Elle était belle!
Nos cœurs battaient à l'unisson...
€ Ah! si tu m*aimes, me dit-elle, c Ne va plus à Pont-à-Mousson! i Je dus céder à ses caprices :
Le lendemain, pour varier...
Nous remangions des écrevisses En cabinet particulier!
Dès lors un tourbillon m'entraîne...
Par l'engrenage je suis pris...
Deux jours, trois jours, une semaine, Six mois... et je reste à Paris !
Je glissais dans des précipices Cherchant en vain à m'enrayer...
(I nie fallait des écrevisses Kn cabinet particulier!
LES ÉGREYI&SEf
Lo tôte-à-tète obligatoire
Pas une fois ne fat banni :
Mais — brane on blonde» blancbe ou noire
Il se changeait à Tinfini.
Seul, présidant aux sacriûees,
Le menu restait régulier...
C'étaient toujours des éerevisses
En cabinet particulier!
Oh ! ees femmes étaient divines I Desmainsl... des aentsi... un sans-façon !.•• Et des œillades assassines A troublar tout Pont-à-Mousson i J'aurais voulu que tu les visses Saint Antoine, sans sourciller^*.
Croquant leurs pattes d'écrevisses En cabinet particulier!
Mais hélas I au bout d'une année Je vis — sans être encor lassé! — Qu'en ma course désordonnée Tout mon avoir était passé!
Plus rienl... Rentes et bénéfices.;* Véronique... et mon mobilier...
Absorbés par les éerevisses En cabinet particulier!
LES EGREYISSES
Mais je sais d'ane rade étoffe!
Et, gaéri par cette leçon, — Trop tard, hélas ! — en philosophe Je revins à Pont-à-Mousson.
Pour expier mes anciens vices J'y suis devenu marguillier...
Ne mangez jamais d'écrevisses En cabinet particulier!
VIN DRS ÉCKXVISSBt