LE VOYAGE AU PAYS ROSE
devoirs, n'est-ce pas? sois soumise, dévouée; — ton mari est on être nul d'ailleurs, sans aspirations, sans idéal, enfin c'est ton mari, ça ne compte pas — pourtant les circonstances...
— Ah 1 au moins as-tu de l'eau de mélisse? » — Papa, lui, a été très bien : f Cher ami, lui a-t-il dit, pas de phrases. — Les bases sacrées de la famille d'accord avec les lois... enfin, tenez, le vrai bonheur c'est encore d'être heureux* Vous savez ce que vous avez à faire. Après tout ça vaut mieux que d'aller au cafél »
Enfin nous étions seuls! seuls — avec une famille d'Anglais. — C'est étonnant on en trouve partout des Anglais — même à Londres.
A Milan » on m'avait beaucoup parlé de Milan — vu deux ou trois modistes — une dizaine de magasins, acheté douze robes, des chapeaux, de la lingerie, des dentelles, des...
— oh 1 pour le voyage seulement — eh bien, c'est bien moins joli que Paris, Milan, et puis voilà il y a trop de monde, on n'est pas seuls, pas d'abandon, pas d'intimité; nous sommes partis le soir même.
Non ; mon but n'était pas là, mon but, mon rêve, c'était Venise. — La Venise des romances que l'on voit sur les pianos avec le pont des Soupirs dans le fond et un fromage blanc mélancolique qui se reflète dans l'eau. —Venise, la mer immense,le chantdes gondoliers, la vie à deux pleine d'oubli; — c'est là que nous avons retrouvé nos Anglais dans une gondole omnibus qui suivait la nôtre et puis des tas de monde, des tas de gondoles, — on n'est pas seuls du tout ou bien il faut aller loin, loin, loin, et alors le mal de mer; -• nous avons quitté Venise le soir même.
Maman m'avait dit: Surtout va à Vérone, on te montrera la chambre où est né Roméo et Juliette. — A l'hôtel ou nous avons demandé ça, on nous a dit: Ça se trouve bien, c'est dans la maison, une petite chambre au troisième sur la cour — avec une pendule empire, sous globe. — Elle est de l'époque, la pendule; — nous dînons, mais le poulet aussi était de l'époque et nous sommes partis.