SCÈNE VIII
STANISLAS, SPENGLER, AMANDA.
SPENGLER, entrant.
Comment! votre bon bel amant?...
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STANISLAS
Belamandopoulos, monsieur... Ahl je r.e pense plus aux femmes, allez I
A3^lANI>Ây alUuit à son mari.
Yoland!
SPEN6LBR.
Ma femme! Seule avec ce bandit?
STANISLAS
Je vais vous dire: j*ai enlevé votre femme pour la préserserver du contact de mes hommes, qui sont des bêtes fauves; je vous la rends pure.
SPBNGLBR.
Bien vrai?
STANISLAS
Je vais mourir, monaîeur, je ne saurais mentir.
AMANDA
C'est la vérité, Yoland; monsieur est un gentilhomme.
STANISLAS
Oh! madame, que de bontés I
Oui, monsieur, vous êtes un loyal chevalier.
STANISLAS, Mofes.
Oh! madame, pour un simple sauf-conduit que je vous donne avec joie, je ne mérite vraiment pas...
SPEN6LER, a?ec admiratioa.
Quels hommes que ces Klepfates! (a Amanda.) Si tu savais comme ils m'ont bien traité!... Quelques coups de crosses de fusils, c'est vrai; mais, à part ça, quels égards, quelle hospitalité, quelle lang^uel La langue de Salamine et des
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Thermopyles!... t Ouh élabon^ podas ôkus Achilleus,.. > Belle citation, hein?
STANISLAS
Oaiy et sartout en situation.
SPBNGLER.
Ainsi, monsieur, je suis libre avant l'arrivée de ma rançon ?
STANISLAS
Oui. On va môme vous rendre votre argent.
SPENGLER.
On rend l'argent?...
STANISLAS
Toujours, — quand on a cessé de plaire-
SPENGLER.
Quels hommes que ces Klephtes!
Seulement, fuyez vite. Je n'ai plus le temps de bavarder. Celui qui va mourir vous salue... A propos, monsieur, vous êtes journaliste ?
Directeur de YEvening Moming,
STANISLAS
Bigre I vous par2^i§seï matin et soir? — (a Aipfpdn.) Mes compliments, madame. — J'ai toujours beaucoup aimé les journalistes, monsieur; ils nous sont si utiles, nous prévenant toujours k l'ay^nçe des dangers que nous courons et rendant compte de pos dernières moments* -- J'espère, n^onsieur, que vous voudrez bien attester que je me suis éteint avec grâce et dans les meilleurs sentiments d'honnêteté?
SPENGLER.
Comptez sur moi ; mais quelle idée baroque vous avez de mourir subitement?
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STANISLAS
C'est nue idée héréditaire, mais trop longue à raconter. Adieu.
FansM sortM.
AMANDAy redescendant.
Eh bien, non, monsieur) je ne puis p^^s ps^rtir ainsi |
STANISLAS
Je le regrette autant qu^ yous, inadai^e, piais monsieur votre mari est là... et jamais devant lui je n'oserais...
SPENGLBB.
Quels hommes que ces Klephtes!
Monsieur Belamandopoulos, êtes-vous un homme d'hon^ neur et me promettez-vous, quoi qu'il advienne, de n3 pas revenir sur votre bon mouvement?
STANISLAS
Foi de bandit, je tous le jurel
AMANDA
Eh bien, Stanislas, du courage! Relevez votre belle et noble tête, vous ne mourrez point/
STANISLAS
ciel, que dites-vous?
AMANDA
Je connaissais la prophétie qui vois concerne et j'ai avancé les aiguilles de nos deux montres^ il n'est pas minuit.
SPENGLER, à part.
Pas minuit!... Que veut-elle dire?
AMANDA
n est onze heures cinquante.
SPENGLBR, regardant sa montre.
En effet onze heures cinquante; regardez yoas-même.
STANISLAS
C'est vrai.. . Ah! ils vous ont rendu votre montre? Tant mieux ! Bravo 1... mais puisque je ne vais pas mourir, rendez-moi le sauf-conduit, je me rétracte.
AMANDA
Oh I Stanislas I Et votre parole ?
SPENGLER.
Oh ! Belamandopoulos ! Et la foi jurée?
AMANDA
D'ailleurs, si vous voulez un bon conseil, couchez-vous vite; vous n'avez que dix minutes pour vous endormir.
STANISLAS
Diable! Je n'y pensais plus; je vous remercie. Partez donc, (a spengier.) Mais, à une condition...
SPENGLER.
Dites.
STANISLAS
C'est que vous me conserverez votre estime?
SPENGLER.
Je le crois bien. — Quels hommes que ces Klephtesl — Allons, couchez-vous.
STANISLAS, sonpiraot.
Adieu, madame !
SPENGLER, impatienté.
Ah! trop de paroles, à la fini... Aidez-moi, Amanda,
puisqu'il faut employer la force. (SpeDgler et Amaada antnJDM
suDidtf nu le Ut.) Pardonnez-nous cet acte de violenee, mais il 8*agit de votre vie 1...
AM ANDAy à Spsoglor.
Là, à droite, sa robe de chambre.
Sptoglw fort pAT la (boite.
STANISLAS, ie eenlmst.
Madame, r<^ndez-moi mon décret de lioenciement ?
AMANDA
Jamais 1
SPRNOLBR, rentrant.
Voilà la robe de chambre; Tancienne chlamydel C'est bien toujours la môme coupe... quel pays 1
Atf ANDA, à Spengler.
Son bonnet de nuit, vile, vitei
Speni^er iort de noiiTeMt STANISLAS.
Rendez-moi, au moins, masoumission au gouvernement?...
AMANDA
Rien du toutl
SPBNOLER, rentrent, une ptntonfle à le mêla*
Victoire! Triomphe! Eurêka !... Enfoncés les partisans de Cléopàtref...
STANISLAS
Qu'avez-vous donc ? Ce n'est pas là mon bonnet de nuit.
SrEiNGLER, radieux.
Parbleu t Je le sais bien * ''-'est la deuxième pantoufle de la Belle Hélène, je la reconnais! Quelle chance inespérée 1 Nous avons la paire t...
STANISLAS
Mais pas du tout; c'est la pantoufle de ma femme, de Pôricline.
SnMMilB» bAbété.
Non!
STANISLAS
Elle a perda l'autre, il y a un an, dans on aoaterrain
d'Athènes où nous nous étions réfugiés.
SPENGLBB, à part.
C'est bien là qu'on l'a retrouvée.
AHANDA.
Allons, monsieur Spengler, partons.
SPEN6LER, à part.
Ça m'est égal, je soutiendrai mon dire... D'ailleurs, oe brigand peut bien se tromper. (Haat.) Oui, partons, (a s^hmu,) Venez-vous quelquefois à Paris, Stanislas?...
STANISLAS
Les jours de premières, sealement.
SPEN6LBR.
Votre couvert sera toujours mis chez nous. Adl^. (a pan.) J'emporte la pantoufle.
STANISLAS, se loiiIeTant.
Un mot, madame...
AMANDA, s'approdiaot.
Parlez.
STANISLAS, à toîz hua».
Je VOUS écrirai tous les dimanches, poste restante; passezsans faute.
U retombe sar son oreUler. — Speog^er %t Ananda le regardât mir. — Minait sonne.
SPENGLER.
Minuit !...
Oa eatead ronQer Sfaoislas.
ÀMANDA.
Il est sauvé ! Partons, monsieur.
SPENGLER.
Quels hommes que ces Klephtes !
ÂMANDAi pénétrée.
Ah ! ouij quels hommes t
U* lortenk.