SCENE VIT
LA PRÉSIDENTE
PATRiGAtlD, aiec humeur.
Ho'., Angélique!.. elle est fort mal nommée)
ARMANDE, UC htVOnt.
Je m'accommoderais peu de façons semblables.
LA PRÉSIDENTE
Il tsl bon qu'un mari montre parfois son autorité... (regardant^ toron ) mais, celui quo jo vous ai choisi n'en aura pas besoin, ot il vous rendra heureuse, je l'espère I LE BARON.
Oh I moi, j'en suis sûr. I
arm ande, à part, regardant le toron.
Et moi, j'en doute I
LA PRÉSIDENTE
Je me suis trompée, la première fois, en vous unissant au vicomte de Saint-Rambert... un fou, prodigue, joueur, duelliste... Aussi, ai-je horreur do tous ces vices.
ARMAMDR,
Pas plus que moi, je vous lo jure!
LA PRÉSIDENTE
Je vous aurai rendu, pour la seconde fois, un véritable service en vous aidant à repousser l’amour de ce petit chevalier de Follembray...
LE Baron, surpris.
Quoi 1 mon cousin, ce mauvuis sujet ?
PATRiGAtlD.
Un être sans raison...
armande, à part.
Qui écrivait avec bien de l’esprit I
LE BARON, inquiet, à la présidente.
U lui a fait la cour?..
LA PRÉSIDENTE
Par écrit... heureusement je surpris sa première lettre I ARMANDE, à part.
C'était la quinzième I
la présidentb, ou baron.
Le commandeur, votre oncle, par son testament, m’a laissé lu droit de choisir entre ses deux neveux, celui qui me semblerait le plus digne de recueillir son héritage.
PATIMAID.
De concert avec madame, nous avons fait une enquête... { Pendant ceci, Armande s'est assise sans affectation, près du pavilUm, et tout en réfléchis ■ ont pose indifféremment son e cent ail sur le siège qui est près d'elle).
LA PRÉSIDENTE
J’ai sa alors loi désordres do ce chevalier dp Follembray i ses aventures galantes I cet ofbcier qu'il tua en duel à Strasbourg !..
PATRICAUD, appuyant
Un meurtre I
le baron, de même.
Quelle horreur!
LA PRÉSIDENTE
Je savais que lo baron de Cotignac avait une toute autre existence, an d passait sa vie en voyages pour son instruction ; qu’il ne se battait pas...
lb baron.
Oh I Dieux! jamais !.. Je tiens des plus fameux médecins de l’Allemagne que rien n'est plus contraire à la santé.
LA PRESIDENTE
J’ai su qu’il était rangé... de bonne conduite... qu'il n’avait point de dettes...
sca pin, avec force, dans la maison.
Vous en avez menti !
(drmafufo se lève et oublie son éventail.) les autres, st retournant.
Hein T...
(Dans r intérieur, en entend le bruit d'une dispute avec plusieurs hommes.)
scapin, entrant à reculons et parlant à la porte.
Arrière I marauds!... je vous apprendrai à tenir do pareila propos chu uu homme de quulile.
le baron.
Qu’eal-cc donc?
SCAPIN, avec humeur.
Ce sont ces canailles de créanciers...
Des créanciers!
SCAPIN
Qui prétendent être payés ; on n'a jamais vu rien de pareils 1
LB BARONS étourdi.
Qu'est-ce que tu dis? quels créanciers?
LA PRÉSIDENTE, inJTïfUHf .
Quels créanciers?
SCAPIN
D’abord... les maçons qui ont abattu ce mur mitoyen... (Il montre la gauche.)
LE BARON
Je ne j’avais pas commandé encore...
SCAPIN
Et puis, le décorateur, le brodeur, le tailfaur. le tapissier, Je carossier, le bijoutier... le...
LA PRÉSIDENTE
. Ah I mon Dieu I
scapin, d'un air d'ironie. •
lis prétendent que les autres vont venir I...
LA PRESIDENTE
Les autres?... il y en a encore?
LB BARON
Déjà I... mais... ^
SCAPIN
Venu avec moi... nous allons les rosser, hein? les bétonner!..
le baron, le retenant.
Veux-tu bien...
LA présidente, avec indignation.
Baron I.. faites cesser cette scène scandaleuse.
le baron, auee embarras.
Oui, présidente... mais... il faudrait...
PATRIGAUD.
Eh ben, parbleu I payez!
LA PRESIDENTE, plu» fort .
Payez I
SCAPIN, comme à lui-même.
Payez ! payez ! c’est facile à dire... mais quand on u'a pas le sou... (Il descend sur le devant, à droite,)
LE BARON, à Scapin.
Oh! T imbécile !...
patriüacd, à mi-voix.
Jo vous Fai dit, ce valet est stupide 1
LE baron, à la Présidente.
Madame, je suis désolé... mais c'est inconcevable... car, ces malappris, ont à peine terminé quelques embellissements dans celte maison...
SCAPIN, réclamant.
Oh I une maison... dites donc on palais I
LA PRÉSIDENTS , gendarmée.
Un palais?., mais ce sont des folies...
LE baron, à Armande, d'un ton précieux.
Jo ne l’ai embelli que pour la reine qui doit l’habiter I la présidents, d'un ton gourmé.
ilemerciez donc Armande...
(Armand* fait une froide inelinotion de tête.) scapin, à part, regardant Armande.
Comment lui dire un mot ?
la présidente, au baron.
Je veux bien être indulgente pour cette fois... Nous vous laissons...
scapin, qui conçoit ane idée.
Ah!... (il jjéu*s du cété d’ Armande, prend son éventail qu'elle a oublié, et sans être vu y écrit quelques mots au crayon.) le baron, retenant la présidente.
Oh I déjà? du tout. Putrigaad. voyez i nous délivrer de ces espèces... (Il montra lamauon.)
PATRICACD.
11 vont venir ù mon étude.. .
la présidente, au baron qui veut la retenir.
Non, baron, il me faut chercher les papiers de ta succession que je dois vous remettre... fct je désire rentrer chez moi.