‹ Scapin maquereau; drame en deux actesChapitre 8 sur 9 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

LES MÊMES. SCAPIX SCAPIX

(A Pignouflard.)

Découvrez-vous, monsieur! respectez l'Innocence... Il est de ces vertus, au monde, qu'on encense. Qui ne la valent pas! Sais-tu, faible cerveau, Ce que d'elle j'ai fait r

PIGNOUFLARD

(Toujours avier.)

C'est clair!... un simple veau.

LUCINDE

(Offensée.) Il m'insulte, je crois? Malhonnête!.

Rei^arde

(On apporte une cuvette pleine d'une eau noire à l'excès.)

PIGNOUFLARD

De l'encre de Guyot?

SCAPIN

Non : c'est l'eau que je garde, Et qui lava le cul de cette enfant, le jour Qu'on vint la préparer aux actes de l'amour.

PIGNOUFLARD

(Reculant, suffoqué.)

0 ténèbres! ça pue étrangement... Il semble!... Qu'on ai fait infuser deux Cochinats ensemble!...

(On apporte une seconde cuvette.j

SCAPIN

Regarde maintenant cette autre... Eh bien!

Vide.

PIGNOUFLARD

Elle est

(Triomphant.)

\'ide! non pas, mais pleine, s'il vous plaît, D'une eau pure et limpide à ce point, que l'on pense Ne rien voir...

PIGNOUFLARD

En effet.

LUCINDE

(Avec une douce fierté.)

C'est là ma récompense!

Je me lave depuis huit jours avec cette eau... Est-elle assez propre, hein ?

PIGNOUFLARD

(Subjugué.)

Les amours de Watteau Y mirent leur visasre où la rose foisonne !...

LUCINDE

(D'un air de reproche.) Diras-tu maintenant que mon cul empoisonne ?...

PIGNOUFLARD

(Avec ivresse.)

On ne se lave bien qu'au bordel ! Des ingrats Peuvent seuls à ton con préférer un con gras !

LUCINDE

Et tu méconnaissais mon cœur...

(Ému.)

Ma tâche est douce.

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