‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 154 sur 174 · LOUIS AUTREAU · texte numérisé non relu

LOUIS AUTREAU

PEINTRE DE l’ ACADEMIE ROYALE.

2 5 août 1760.

Nous avons rédigé, il y a de longues années, une notice biographique sur le peintre de portraits Louis Autreau ou Autcreau, pour le nouveau Nagler publié sous la direction du docteur Julius Meyer. Par un singulier oubli, le nom de Louis Autreau ne figure même pas dans l’ancien Dictionnaire des artistes publié en Allemagne, tandis qu’une courte note rappelle le souvenir de son père Jacques Autreau.

LOUIS AUTREAÜ.

Né en 1692 à Paris, Louis Autreau fut reçu Académicien le 25 février 1741, sur les portraits du sculpteur René Frémin et du peintre de Favannes. Le premier est encore conservé à l’École des Beaux-Arts, dans ces salles obscures où le public n’est pas admis et ou sont si mal éclairés les débris de l’ancienne collection académique.

Notre artiste prit assez régulièrement part aux expositions de 1738 à 17595 il envoyait des portraits et parfois des scènes de genre. Baléchou a gravé d’après lui le portrait de l’abbé J. -G. Grillot. Au reste, bien qu’il ait appartenu à l’Académie de peinture, il a eu moins de réputation que son père qui s’était fait connaître aussi par des poésies et dont Voltaire a parlé en ces termes : « Homme assez franc, d’ailleurs mauvais peintre et mauvais poète. »

Mariette, qui a consacré quelques lignes à Jacques Autreau, lui attribue à tort le meurtre du peintre Godefroy, dont nous avons publié le récit détaillé à la fin de notre premier volume de scellés. Mais 1 erreur a été rectifiée dans le manuscrit même par un anonyme mieux informé, et le véritable auteur de l’accident, le peintre Chantereau, est signalé par lui. Cette note de Mariette nous avait échappé lors de la publication du volume qui contient la relation de ce fait; on en comprend facilement la raison, et on peut apprécier par là combien les tables sont utiles même dans les ouvrages publiés sous forme de Dictionnaires alphabétiques.

Le scellé de Louis Autreau permet d’ajouter quelques détails à sa biographie.

11 meurt, comme on le savait par les registres de l’Académie, le 25 août 1760, un lundi, sur les six heures du matin. Il habitait le premier étage d’une maison du cul-de-sac Berthault, dans la rue Beaubourg. Les fenêtres de son appartement prenaient jour sur des jardins. Agé de soixante-huit ans au jour de son décès, Louis Autreau ne laisse ni femme ni enfants, car son héritier le plus proche est un cousin germain , curé de la paroisse de Saint-Firmin de Grigneville, dans le diocèse de Sens, le s. Louis Berseau. D’autres cousins plus éloignés se présentent pour recueillir une part de la succession; ce sont le s. François- Louis Martineau-Duplessis, contrôleur général des Véneries et Fauconneries du Roi, et un ancien chirurgien major des armées, nommé Pierre Cresellet-Duplessis. ’

Page 1