CCLXXXVII
JACQUES CHÉREAU*
ANCIEN GRAVEUR ET MARCHAND d’eSTAMPES.
I®'’ décembre 1776.
Les détails ne manquent pas sur la vie et l’œuvre de Jacques Chéreaii, dit le jeune, pour le distinguer de son frère aîné, François Chéreau, graveur comme lui. Consultez Nagler, Le Blanc et surtout les Graveurs du XVIIF siècle de MM. Portalis et Beraldi, et vous verrez que les deux frères obtinrent une certaine réputation en qualité de graveurs sur cuivre, ce qui ne les empêcha pas de joindre, comme nombre de leurs contemporains, le commerce des estampes à la pratique de leur art. Tous deux ont laissé des portraits cités avec éloge à côté de ceux des plus illustres maîtres du burin.
Tous deux étaient nés à Blois : François en 1680, Jacques le 29 octobre 1688. Nous n’avons à nous occuper ici que du dernier.
MM. Portalis et Beraldi ont élucidé les principaux points de la généalogie de cette famille. François Chéreau, deuxième du nom, fils du François né à Blois en 1680, avait épousé sa cousine Geneviève-Marguerite, qui figure ici avec son fils Jacques- François Chéreau, graveur et marchand d’estampes, comme son père et ses grands-pères.
On connaissait également la fille de Jacques Chéreau, qui avait épousé Jacques-Gabriel Huquier.
Enfin, MM. Portalis et Beraldi nous apprennent que, le lendemain de sa mort, c’est-à-dire le 2 décembre, le vieux graveur fut inhumé dans les caveaux de l’église Saint-Benoît.
Il était mort de vieillesse et de fièvre, à quatre-vingt-huit ans passés, le dimanche, i" décembre 1776, sur les neuf heures du
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matin, dans une chambre au premier étage d’une maison de la rue des Mathurins, près la rue de Sorbonne, occupée par le s. Jacques-François Chéreau, son petit-fils, marchand d’estampes à l’enseigne des Deux-Piliers d’or.
Geneviève-Marguerite Chéreau, fille du défunt et veuve de François Chéreau, marchand d’estampes, même maison, requiert le commissaire Louis-François Formel d’apposer les scellés sur les meubles et effets de son père, pensionnaire de son petit-fils Jacques-François.
Les autres héritiers sont Jacques-Simon Chéreau de Villefranche, secrétaire de M. le prince Frédéric de Salm Kirbourg, rue de Varenne, et, pour le dernier tiers, les trois filles de Jacques-Gabriel Huquier, peintre et graveur, absent du royaume depuis plusieurs années, domicilié à Londres, et de Anne-Louise Chéreau, décédée, son épouse, qui était séparée de biens d’avec son mari. Ces trois filles, Anne-Geneviève, Rosalie et Julie- Marie, sont placées sous la tutelle de leur cousin-germain Jacques-François Chéreau, par une sentence du Châtelet du 3 juin 1776. Le mobilier est insignifiant, le défunt étant logé chez sa fille et son petit-fils.
Parmi les oppositions figurent celles de Gobert-Denis Chambon, graveur en taille-douce, rue Saint-Jean-de-Beauvais, qui réclame la somme de bq livres, et celle de Louis Brion de la Tour, ingénieur géographe du Roi, rue du Petit-Pont, créancier du s. Chéreau de Villefranche.
Par son testament olographe, daté du 19 août iqqb, et déposé chez M“ Guépreau, notaire, le défunt avait désigné comme exécuteur dudit testament Louis- Bonaventure Prévost, dessinateur et graveur à Paris, demeurant rue Saint-Thomas, porte d'Enfer; celui-ci charge le notaire Guépreau de la confection de l’inventaire.
Il est trouvé, en deniers comptants, la somme de 571 livres ig sols, plus quelques jetons.
Parmi les papiers dont le récolement est fait, on voit figurer l’inventaire après décès de Marguerite-Geneviève Chiquet, décédée, épouse du feu s. Chéreau, daté du 17 mai iqq'i, celui de la mère de cette dame Chéreau, en date du 22 août 1741 (Bcllanger, notaire), et enfin l’inventaire après décès de Louise- Pierrette Charpentier, épouse de Jacques-Simon Chéreau.
(Arch, nat., Y H092.)
PHILIPPE HAFFELIN.