JEAN-BAPTISTE ANTOINE
MAITRE PEINTRE
3o janvier 1778.
Jean-Baptiste Antoine, maître peintre à Paris, meurt dans son domicile, rue Princesse, au coin de la rue du Four, le 3o janvier 1778. Il laisse tout ce qu’il possède à sa mère, demeurant à Sorcy en Lorraine, nommée Anne Le Page, femme de Claude Masson. Le mobilier prouve de l’aisance j il renferme un certain nombre de tableaux à l’huile et au pastel, dans leurs bordures de bois sculpté doré.
Déclaration que le défunt a acheté un tableau en société avec
PIERRE-MARIE MAUGAIN. 89
le S. Picot, peintre. Il lui est dû plusieurs sommes pour leçons de dessin, notamment par d’Aguesseau, par la comtesse de Saint-Cyr, par la présidente Lepelletier de Rozambo, par une Anglaise et autres dames demeurant à l’abbaye de Panthemont. Le s. Antoine laissait un testament daté du 10 janvier 1772. Vingt-cinq opposants se présentent, réclamant les sommes dues par le défunt. Tous sont des commerçants ou des fournisseurs. Leurs réclamations montent à un chiffre assez élevé, 2,000 ou 3,000 livres au total.
Le sieur Pierre-Charles Bidard, maître peintre et marchand de tableaux, demeurant rue Princesse, est appelé pour donner son avis sur la prisée des tableaux et dessins du défunt.
(Arch. nat., Y. 14341.)
PIERRE-MARIE MAUGAIN
PEINTRE
i5 mars 1778.
Était-il simplement marchand, ou artiste véritable, ce Pierre- Marie Maugain, peintre, qui meurt d’une maladie contagieuse à l’hôpital Saint-Louis (on dit ailleurs à l’Hôtel-Dieu), le dimanche, i5 mars 1778? C’est ce que le procès-verbal d’apposition de scellés ne permet pas de décider.
Par son testament, déposé chez M« Sauvaige, notaire, le 16 fevriei précédent, il désignait comme exécuteur testamentaire le sieui Pauze, principal locataire de la maison qu’il habitait rue Bourbon-le-Château, maison appartenant au s. Locquet,^ vicaire de la paroisse Saint-Martin. Par le même acte de dernière volonté, le s. Jean-Baptiste Piauger, premier peintre de S. A. S. M. le prince de Salm-Salm régnant, demeurant rue des Fossés-Saint- Germain-des-Prés, recevait mission de procéder à l’examen, ordre et arrangement, prisée et estimation des tableaux, estampes, curiosités, gravures, outils et ustensiles de peinture qui remplissaient l’appartement du défunt. Ces prescriptions sont soigneusement observées. Le notaire Alexandre-Philippe Sauvage est chargé de l’inventaire. Il est trouvé en especes la somme de 240 livres. Les héritiers sont ; Guillaume-François Maugain, domicilié à Melun, frère du défunt; Pierre Maugain,
manouvrier à Arçon, proche Pontarlier, fils de Didier Maugain, aussi frère du défunt; enfin, les enfants de défunt Gard, fermier à Lièvremont, et de demoiselle Maugain, sœur du défunt, par représentation de leur mère.
^ Il ne faut pas moins de quatre vacations au s. Piauger pour s’acquitter de sa mission d’expert, et cette circonstance semblerait bien indiquer que la véritable profession du s. Maugain était celle de marchand de tableaux.
(Arch. nat., Y 14563.)
SCULPTEUR DU ROI
27 mars 1778.
Dans le précédent volume de la présente série (p. 273, n»^ CLXXXri) a été publié le scellé de Lambert-Sigisbert Adam, frere amé de Nicolas-Sébastien, décédé en 1769. A cette occasion^ on a rappelé les documents les plus récents mis au jour sur cette intéressante dynastie de sculpteurs; il est inutile d’y revenir.
Le mariage de Nicolas - Sébastien avec Christine -Thérèse Lenoir, fille d’un marchand orfèvre de Nancy, remontait, d’après Jal, au i5 février 1767. Né en 1705, notre artiste avait attendu la cinquantaine pour prendre femme. D’ailleurs, il conserva sans doute jusqu’à la fin une robuste santé, car un des commissaires appelés pour apposer les scellés dit qu’il paraît âgé de soixante ans, tandis qu’il en avait, en réalité, soixante-treize.
^Aussi, cette union, bien que tardive, n’avait-elle pas été stérile. L’artiste, en mourant, laissait deux fils mineurs, Gaspard-Louis- Charles, âgé de dix-huit ans passés, et Jean-Charles-Nicolas, âgé de treize ans passés, placés sous la tutelle de leur mère, avec leur cousin Claude-Michel, ou, — pour l’appeler par le nom qu il a rendu célèbre, — Clodion, comme subrogé-tuteur.
Un de ces fils, qui prend plus tard le nom de Carie Adam (est-ce l’aîné ou le second? la question est difficile à trancher) étudia la peinture dans l’atelier de Nivard et adressa, en 1787, une supplique à M. d’Angiviller pour obtenir le solde des tra-
vaux de son pèrei. Un autre document publié à la suite du précédent montre que la veuve Adam conserva le logement de la rue Champfleury jusqu’en 1790. Un conflit de juridiction dont on a déjà rencontré plus d’un exemple, est provoqué par 1 apposition des scellés. Comme la maison de la rue Champfleury, ou habitait et où mourut Nicolas-Sébastien Adam, appartenait au Roi, le Prévôt de l’Hôtel ou son représentant avait seul qualité pour procéder aux opérations d’apposition de scellés. Ce qui n’empêche pas le commissaire au Châtelet, Romain-Armand Legretz, remplaçant de son confrère Pierre Thiérion, absent, bien que dûment prévenu de la situation particulière de la maison de la rue Champfleury, d’apposer ses scellés et de décrire le mobilier en évidence. C’est lui qui constate la mort et déclaré le défunt âgé de soixante ans environ. Ceci a lieu le samedi, 28 mars 1778, à neuf heures du matin, le s. Adam étant mort le 27 mars, sur
les dix heures du soir. ...... j
Le 3o mars, survient le lieutenant général de la Prevote de l’Hôtel, qui, en exécution de ses droits, croise ses scelles sur ceux du commissaire au Châtelet, comme on le verra tout a l’heure par le détail de cette opération. Enfin, le 6 avril, parait Pierre Thiérion, qui lève les scellés apposés par son confrère au Châtelet, remet les clefs à la veuve, non sans faire toutes réserves de droit pour les intérêts et droits du Châtelet et de sa compagnie réserves toutes platoniques; car, en somme, cest e leute nant de la Prévôté de l’Hôtel qui obtient gain de cause, ainsi que cela résulte du procès-verbal suivant.
Le scellé du commissaire au Châtelet, auquel nous venons de faire allusion, porte la cote Y 10913,
Procès-verbal d’' apposition de contre-scellés par le lieutenant général de la Prévôté de I Hôtel apres le décès Nicolas-Sébastien Adam, sculpteur du Roi.
3o mars 1778.
L’an 1778, le lundy, 3o mars, cinq heures de relevee, nous, François-Jean Greban, écuyer. Conseiller du Roy, lieutenant général civil, criminel et de police de la Pre-