MÉCANICIEN ET PENSIONNAIRE DU ROI
3 décembre 1782.
Le s. I.oriot, professeur de mécanique de l’Académie d’architecture, éleva la science qu’il professait à un tel degré, il en fit des applications si ingénieuses et si remarquables que son nom reparaît constamment avec force louanges dans les mémoires et les journaux de la seconde moitié du xvni® siècle. N’est-ce pas lui qui inventa la fameuse table mécanique de Trianon, ce chefd’œuvre qui lui valut, peut-être autant que son procédé pour
ANTOINE-JOSEPH LORIOT
fixer le crayon et le pastel, les faveurs du roi sous forme de pension avec un logement aux galeries du Louvre?
C’est dans ce logement qu’ Antoine- Joseph Loriot meurt le 3 décembre 1782, laissant d’un premier mariage avec Anne-Marie Pellechet un fils, nommé Claude-Antoine Loriot. Après la mort de Marie Pellechet, Loriot avait épousé en secondes noces Marie -Théodore Gilles, qui vint requérir du prévôt de l’Hôtel l’apposition des scellés.
Le mobilier ne présente qu’un article digne de remarque : un portrait du s. Loriot dans son cadre ovale de bois sculpté doré.
Voici le passage le plus curieux du procès-verbal. Il prouve que la réputation de Loriot s’était étendue à la province et qu’on avait recours à ses connaissances singulières de la mécanique dans les circonstances difficiles.
Et en procédant est comparu sieur Pierre-François Gillet de La Croix, premier secrétaire de l’intendance des domaines et finances de son Altesse Sérénissime Mgr le duc d’Orléans, demeurant à Paris, rue du Four- Saint-Honoré, parroisse Saint-Eustache , au nom et comme ayant charge et pouvoir de messieurs les maire, échevins et officiers municipaux de la ville de Chartres, lequel a dit que, dans un voyage fait cette année à Chartres par led. deffunt s. Loriot pour examiner les moyens de faire élever l’eau de la rivierre jusquesdans la haute ville, lesd. s. maire et échevins ont chargé led. s. Loriot de faire le modèle en bois d’une machine propre à remplir cet objet, et sont convenus avec luy qu’il leur porteroit lad. machine, qu’alors ils constateroient si elle étoit admissible ou non, et qu’en cas qu’on l’agréât, on régleroit avec led. s. Loriot la somme qui luy seroit payée pour la confection du projet et pour veiller à son exécution ; qu’en conséquence de ces conventions et si led. modèle a été fait par led. s. Loriot depuis son retouV de Chartres, led. s. Gillet de la Croix, pour lesd. s. maire et échevins, demande qu’il soit pro-
ANTOINE- JOSEPH LORIOT
cédé à la reconnoissance et que l’estimation en soit faite par des arbitres, pour ensuitte estre led. modèle remis auxd. s. maire et echevins ou à leur représentant, s il est jugé leur convenir et s’ils en traitent de gré à gré avec la veuve et héritiers dud. s. Loriot^ et a signé.
Gillet de la Croix.
Et par lad. dame veuve Lauriot, après avoir pris communication des dire et réquisitoire dud. s. Gillet de la Croix, a été dit qu’elle a connoissance de la commande faite aud. deffunt s. son mary par MM. les maire, échevins et officiers municipaux de la ville de Chartres d’une machine hydrolique propre à faire élever l’eau de la rivière j usques dans la haute ville de lad .ville de Chartres; que lad. machine hydrolique a été faite par led. s. Lau~ riot, lequel l’auroit livrée sans la circonstance de sa mort, et qu’elle s’est trouvée soubs nos scellés, et a été comprise et inventoriée comme faisant partie de la succession dud. feu s. Loriot et de la communauté de biens qu’il a été entre luy et lad. dame sa veuve; que, dans de pareilles circonstances, lad. dame veuve Loriot, n’ayant pris encore aucune qualité, elle ne peut accéder aux propositions dud. s. Gillet de la Croix, ny les contester ; pourquoy elle requiert que les parties soient renvoyées à l’audience.
Et, en procédant, lad. veuve Loriot, esd. noms, a été dit qu’il est intéressant de procéder incessamment à la vente des meubles et effets composants la succession de son deffunt mary et la communauté de biens qui a été entre eux, à l’exception toutefois de la machine hydrolique concernant la ville de Chartres et du cabinet dud. deffunt s. Loriot que lad. dame veuve Loriot a fait offrir à Sa Majesté, faire arranger l’attelier dud. s. Loriot au château du Louvre, à l’effet de parvenir plus facile-