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PEINTRES A PARIS

29 mars 1678.

Apposition de scellés, le 29 mars 1678, après le décès de Nicole Ferdery, veuve de feu Ollivier, bourgeois de Paris, décédée rue Neuve S. Honoré, paroisse S‘ Roch, en une maison où est pour enseigne l’image Saint Sébastien, à la requête de François Delaporte, peintre et sculpteur, son fils, d’Antoine Delaporte, son fils, de Denis Verdillon, maître peintre et sculpteur à Paris, premier gendre de la deffunte, à cause de Marguerite Delaporte, sa femme, de Jacques le Gler, maître doreur sur cuivre, neveu de la deffunte et de Denis Delaporte, peintre à Paris.

Le mobilier, bien qu’assez considérable, ne contient aucun objet méritant d’être remarqué. Il se compose, comme d’habitude, de lits à hauts piliers, de tapisseries de Bergame, de sièges assez communs.

(Arch. nat., Y. iSSqfi.)

ANTOINE BARROY

PEINTRE ORDINAIRE DU ROI

6 novembre 1678.

Dans les actes dont nous nous occupons actuellement, l’accessoire offre parfois plus d'intérêt que le fond même du document.

ANTOINE BAEROY.

C’est ce qui arrive dans le cas actuel. Qui connaît aujourd’hui le nom à' Antoine Barrais? Sans doute ce peintre occupe une place des plus modestes dans le livre d’or de l’art français, et pourtant, par l’abondance de détails que ce scellé renferme sur les contemporains et collaborateurs du défunt, il nous a paru mériter mieux qu’une sèche analyse. Nous reproduisons donc tous les passages relatifs à des artistes, fussent-ils de vulgaires barbouilleurs de la corporation de Saint-Luc, ou même de simples compagnons peintres. On rencontre bien, dans le nombre, un ou deux membres de l’Académie royale; on ne s’attendait guère à les voir en pareille compagnie. Bien qu’il s’agisse de peintres assez obscurs, leur présence ne laisse pas que de donner une idée un peu plus relevée du talent du défunt. Un article même fournit quelques données sur le genre de talent di' Antoine Barrais. Nous voyons qu’il avait peint, en collaboration avec un certain de Quarmes, les décors du ballet d’Isis. Notre homme était donc ce qu’on appellerait aujourd’hui un peintre en décors, renseignement précieux parce qu’il explique le nombre considérable de collaborateurs employés par lui.

Le ballet ou opéra d’Isis est de Quinault, avec musique de Lulli. Il avait été représenté d’abord à Saint-Germain, puis à Paris dans les premiers jours de l’année 1677. Il fut retouché au dixhuitième siècle par Balot de Sovot, l’ami et le biographe de Lancret.

Procès verbal d"' apposition de scellés après le décès de Antoine Barroy, peintre ordinaire du Roi.

L’an 1678, le 6® novembre, deux heures de relevée, nous Jean Régnault, commissaire, requis qu’avons esté, sommes transporté rue des Moineaux, parroisse S. Roch, en la maison où est demeurant et dont est principal locataire Barroy, peintre ordinaire du Roy, bour-

geois de Paris, où estans, y avons trouvé Honoré Vuyet, maître maçon, entrepreneur des Bastimens du Roy, demeurant à Paris, rue Royale, susd. parroisse, qui nous a dit que led. s" Anthoine Barroy vient presen-

ANTOINE BARROY.

tement de decedder, et, comme il est subrogé tuteur des enfans mineurs dud. deffunct et d’Elisabeth Vuyet, jadis sa femme, à la conservation des droits desd. mineurs, il a requis notre transport pour, à sa requête, esd. noms, apposer nos cachets et scellez sur les biens et effets qui par nous seront trouvez ès lieux où est deceddé led. defîunt et qu’il occupoit ; inclinant à quoy, nous commissaire susd. avons proceddé à l’apposition de nos scellez... ainsy qu’il ensuit.

Ensuivent les meubles trouvez dans la chambre où est deceddé led. deflunt. (Sans intérêt.)

A l’esgard des tableaux qui estoient attachez contre le mur de lad. chambre, iceux ont esté portez dans le garde meubles, et n’est resté dans lad, chambre que quatre tableaux, le premier peint sur toille, représentant la Samaritaine^ garny de sa bordure dorée, un autre grand tableau peint sur toille, représentant le Montparnasse, aussy garni de sa bordure dorée, un autre tableau peint sur bois, représentant une Vierge, garny de sa bordure de bois doré, que lad. Frémont, servante dud. deffunt, a dit estre et appartenir à la dame Aubert, bellesœur dud. deffunt, un autre tableau sans bordure, peint sur toille, représentant un Paysage. (Suit l’apposition des scellés dans les autres pièces de l’appartement.)

!'■« Opposition. — Et le 7® dud. mois de novembre, aud. an, huit heures du matin, est venue en l’hostel de nous commissaire susd., Geneviefve Mouchel, femme de Charles Duchesne, compagnon maçon, demeurant rue des Moineaux, en la maison du sieur Michel..., qui a dit qu’elle s’oppose à la levée de nosd. scellés pour luy estre rendu et remis ès mains un clavier d’argent qu’elle a mise ès mains dud. deffunt pour nantissement de la somme de six livres pour loyers res-

NOUV, ARCH. DE L’aRT FR. l883 2

ANTOINE BARROY.

tans à payer du terme de Pasques dernier, qu’elle a depuis payez, au moyen de quoy led. defifunt ne luy auroit pas voulu rendre led. clavier qu’elle n’eust payé le terme qui escherroit le jour de la S. Jean, qu’elle n’a pas voulu payer, n’ayant pas jouy des lieux.

2® Opposition. — Et led. jour, est aussy comparu devant nous Anne Pelletier, veuve en premières nopces de Claude Carbonnet, vivant jardinier du Roy, et à présent femme de Bernard d’Albera, courier du cabinet de Monsieur, frère unique du Roy, demeurant rue neufve S. Honnoré, qui a dit qu’elle s’oppose à la levée de nosd. scellés pour estre payé de cinquante livres de rente racheptable à m'il livres, d’une part, et de soixante quinze livres de rente racheptable de i,5oo livres, soit principal d’icelle, à elle deubs par lesd. deffunt Barroy et sa femme par contracts passez par devant Moufle et Ferret, notaires aud. Chastelet, le ii mars 1669 et i5 juin 1674.

3® Opposition. — Et le novembre, aud. an, est comparu devant nous, en nostre hostel, s’' Guillaume Anguierre, peintre ordinaire du Roy en sa maison royale des manufactures des Gobelins..., qui a dit qu’il s’oppose à la levée de nosd. scellés pour estre payé de la somme de 700 livres à luy deue par led. defifunt Barroy, restant à payer de celle de mil livres, contenue au billet et promesse dud. defifunt du 10 février 1676, qu’il nous a représenté...

4” Opposition — de Jacques Enmoureux, maître batteur d'or et d’argent.

6® Opposition — de Jean Blanchard, compagnon peintre, demeurant rue d’Argenteuil, à l’image S. Louis, pour la somme de 12 livres i5 sols à luy deue de reste de plusieurs journées qu’il a travaillé pour led. defifunt.

ANTOINE BARROY.

7® Opposition — de François Enoch, aussy compagnon peintre, demeurant rue des Orties, pour estre payé de 1 3 liv. 1 5 sols restant à luy payer de plusieurs journées.

8® Opposition — de Henry Henry, aussy compagnon peintre, rue Beaubourg, à l’image S. Laurent, pour estre payé de 3o livres à luy deues pour plusieurs journées.

9e Opposition — d'Etienne Mermenlau, aussy compagnon peintre, pour estre payé delà somme de 35 liv. 2 s. 6 d. pour journées.

10® Opposition — de Dominique Guedeville, compagnon peintre, rue et proche la porte S. Denis, au Soleil d’Or, pour estre payé de i o livres pour ouvrages par luy faits à la journée.

Il® Opposition — de Louis Bourgeois, aussy compagnon peintre, demeurant rue de la Mortellerie, au Jardinet, pour être payé de 10 livres pour ouvrages à la journée.

1 2® Opposition — de François Berthault, compagnon peintre, pour estre payé de 4 liv. pour ouvrages.

i3® Opposition — de Jean Melotte, maître peintre à Paris, rue d’Argenteuil, a l’image S* Hubert, pour estre payé de 47 1. 10 sols pour ouvrages par luy faits à la journée.

1 4® Opposition — de Christophle Martin, compagnon peintre, demeurant rue Aumaire, au Grand Monarque, pour estre payé de 10 livres, pour ouvrages faits à la journée.

i5® Opposition — de Louis Dupuis, maître peintre, pour estre payé de 7 liv. 10 sols, pour avoir travaillé à la journée.

1 6® Opposition — de Georges Roussel, peintre, pour estre payé i3 liv. i5 sols pour ouvrages faits à la journée.

ANTOINE BARROY,

1 7® Opposition — de Claire Richard^ femme de Pierre Bouillie, maître peintre à Paris, demeurant Court neufve du Palais, à l’enseigne de la Fleur de Lis..., pour reste et parfait payement des ouvrages qu’il a faits pour led. deffunt, tant au balays ^ fait il y a quatre ans qu’à celluy fait il y a deux ans pour Sa Majesté.

i8® Opposition — de Guillaume de Froidemontagne^ , peintre ordinaire du Roy en son Académie, demeurant rue Grande Truanderie..., pour seureté de 3o liv, à luy deues pour ouvrages par luy faits il y a trois années.

19® Opposition — de Florentin Damoiselet, maître peintre ordinaire du Roy en son Académie, demeurant chez le sieur Vaultier, à l’enseigne des deux Globes, quay et proche la grande porte des Augustins, pour 36 liv. à luy deues pour ouvrages par luy faits il y a trois ans.

20® Opposition — d’Aubin Fremin, marchand espicier, rue S‘ Denis, pour 88 liv. i s. 6 d. pour marchandises par luy vendues, fournies et livrées aud. deffunt, depuis le i®'' janvier 1677 jusques au 22 avril 1678.

2 1® Opposition — de Remette Gueret, femme de René Roussel^ peintre travaillant aux ouvrages du Roy, demeurant à Paris, marais du Temple, rue de Bretagne, proche la maison de l’image S. Nicolas, pourestre payé de la somme de 108 liv. pour seize journées par luy employées pour led. deffunt aux ouvrages du Roy.

22® Opposition — dCIsaac Boiste, maître peintre à Paris, y demeurant rue Montmartre, proche le cul de sacq de la rue S. Pierre, pour estre conservé et payé de la somme de 1 5o liv. pour ouvrages par luy faits pour led. deffunt dans les balets du Roy.

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