‹ Scellés et inventaires d'artistesChapitre 138 sur 154 · CHARLES SEVIN DE LA PENAYE · texte numérisé non relu

CHARLES SEVIN DE LA PENAYE

PEINTRE

17 mars 1740.

Apposition de scellés, le jeudi 17 mars 1740, sur les quatre heures de relevée, par le commissaire Pierre Regnard jeune, sur les meubles et effets de Charles Sevin de la Penaye, peintre, décédé garçon, un quart d’heure auparavant, après une maladie de deux jours, dans un appartement au troisième étage d’une maison de la rue Montmartre, vis-à-vis celle des Vieux-Augustins, appartenant à demoiselle Marie-Anne Gateau, fille majeure; à la requête de Marie Landelle, veuve du s. Christophe Vigier, marchande mercière, principale locataire de la maison, qui déclare que les héritiers présomptifs du défunt sont en province.

3y6 CHARLES SEVIN DE LA PENAYE.

Sur la déclaration de la dame Vigier, le commissaire cherche et trouve dans un petit coffre renfermé dans un bahut le testament olographe du défunt, portant la date du 8 juillet lySg; ce testament est déposé chez m' Jacques Gillet, notaire à Paris.

Angélique-Cécile Sevin de la Penaye, femme séparée de biens de Pierre Giton, bourgeois de Fontainebleau, et sœur du défunt, est désignée par lui comme exécutrice testamentaire. Les autres héritiers sont : Elisabeth Sevin de la Penaye, fille majeure, Pierre Pacot, marchand tapissier à Fontainebleau, à cause de Jeanne- Geneviève Sevin de la Penaye, sa femme, et Antoine Sevin de la Penaye, absent; ce dernier neveu et les autres nièces du défunt.

Opposition de Jean-François-Robert Secousse, prêtre, docteur de la faculté de Navarre et curé de la paroisse de Saint-Eustache, pour sûreté de la somme de qSo livres, laissée par le testament dud. défunt aux pauvres de la paroisse de Saint-Eustache, et de la rétribution de trente messes qu’il a ordonné être dites pour le repos de son âme.

Le notaire Gillet est chargé de l’inventaire.

Parmi les objets en évidence lors de l’apposition des scellés, il faut signaler : neuf tableaux sans bordure, sur toile, probablement de la main du défunt, représentant : un Ecce homo, un saint Pierre et un samt Paul, une tête de nègre. Moïse trouvé sur le bord de Veau, Notre Seigneur portant sa croix, Louis XV dans sa jeunesse; un portrait d’homme commencé, un grand tableau dans sa bordure de bois sculpté, non doré, représentant divers fruits; huit autres tableaux; deux estampes dans leur bordure; un chevalet; une boîte à couleurs garnie de ses pinceaux et tablettes; cinq vieux châssis à mettre toile.

Argenterie : une cuiller, une fourchette, un couteau à manche d’argent et une montre. Enfin 3g3 livres i8 sols d’argent comptant.

(Arch. nat., Y 15247.)

PIERRE LEMESLE

PEINTRE DE l’aCADÉMIE DE SAINT-LUC.

17 avril 1740.

Apposition de scellés, le dimanche 17 avril 1740, huit heures du soir, par le commissaire Thomas Mourseault, sur les biens et

PIERRE LEMESLE

effets de Pierre Lemesle, maître peintre à Paris, décédé garçon d’une hydropisie de poitrine, en un appartement au troisième d’une maison à porte cochère, rue Jean-Pain-Mollet, appartenant à la veuve Martin ; à la requête de Jeanne Masquin, épouse du s. André Lemarchand, marchand limonadier à Paris, créancière du défunt.

Se présentent comme héritiers : Pierre-Guillaume Patigny, sculpteur-ciseleur, en raison de Marguerite Lemesle, sa femme, sœur du défunt, demeurant rue Jean-de-l’Epine ; Pierre Gosse, marchand limonadier, au nom et comme tuteur des enfants mineurs de lui et de défunte Elisabeth Lemesle, sa femme, neveux du défunt, rue de Bersy ; Roch Collet et demoiselle Sylvine Lemesle, sa femme, marchand limonadier, rue des Ecrivains, héritiers en partie du côté maternel, qui requièrent l’apposition des scellés. La mère du défunt se nommait Marguerite Harouard ; son père, Pierre Lemesle, était marchand limonadier. L’inventaire après décès de Marguerite Harouard avait été fait par m® Loison, notaire, le i5 avril lySg.

Le mobilier en évidence comprend ; sept têtes en plâtre, une bosse sur un modèle de Michel Ange, une toile peinte représentant un portrait d’homme. A ces objets, comme à d'autres détails de l’acte, on reconnaît que le peintre en était encore à ses débuts.

L’intérêt principal de la pièce consiste dans les oppositions.

Nous reproduisons les plus curieuses.

Le premier qui se présente est le propriétaire réclamant plusieurs termes de loyer. Puis, Jean La Laune, ciseleur à Paris, rue du Harlay, créancier du défunt pour 42 livres.

Les autres oppositions sont faites au nom de :

Louis-Jean-Baptiste Binet, marchand à Paris, pont Notre-Dame, à renseigne du Grand-Turc, pour sûreté, conservation et payement de la somme de 220 livres à luy due par led. deffunt Lemesle.

Paul- Guillaume Ledoux, maître peintre à Paris, rue Gervais-Laurent , au Panier Fleury, pour sûreté de 746 livres à lui dues par led. deffunt Lemesle, suivant billets.

378 PIERRE LEMESLE

Michelle Petit, lingère à Paris, rue Galande, réclamant 1 9 livres.

Pierre Filleul, maître graveur en taille-douce, rue du Fouarre, demandant payement de 66 livres prêtées au défunt et 2 5 livres pour estampes à lui vendues.

Jerosme Chéron, maître peintre et sculpteur à Paris, rue des Arcis, à qui est due une somme de 55 livres 2 sols, et qui réclame en outre un tableau ébauché représentant une Leyda, que le comparant avoit confié aud. défunt pour le finir avec une toille faite exprès en blanc de trois pieds un pouce sur deux pieds et demy.

Jean-Thomas Maury, maître perruquier, rue Aubryle-Boucher, pour 44 livres de perruque et barbes.

Simon-François Ravenet, graveur à Paris, y demeurant, rue de la Harpe, vis-à-vis la Sorbonne, pour sûreté, conservation et avoir payement de la somme de g6 livres 8 sols restante de plus grandes sommes qui luy estoient dues par led. deffunt, tant pour fournitures d’estampes, argent avancé pour ouvrages de peinture qu’il devoit livrer au comparant, que pour le restant de deux billets sur le s' Emery, imprimeur libraire.

Pierre Thévenard, maître imprimeur en taille-douce, à l’effet d’estre payé de la somme de 124 livres pour le prix de deux galleries de Luxembourg et un Salvator Ro^a, avec les intérêts, le tout à luy deub par led. deffunt; plus à l^eflfet qu’il luy soit remis entre les mains trois desseins, le premier représentant une Justice de Didon, le second Enée qui veut tuer Hélaine et le troisième une Vénus supliante ; lesquels trois desseins doivent se trouver sous nosd. scellés et dont il entend en faire la revendication, comme à luy appartenants et à luy mis ez mains.

Charles Jourdain, maître 'peintre à Paris, y demeu-

PIERRE LEMESLE

rant quay Pelletier, à la Belle Hollandaise, pour sûreté de 24 livres à luy dues par led. deffuntpour estampes que le comparant luy a fourny.

Ce dernier est désigné par les parties pour faire la prisée des tableaux et ustensiles de peinture trouvés chez le défunt.

Elisabeth Jollain, femme de François Idelot, compagnon tabletier, réclame la somme de 1 5 livres pour avoir veillé et gardé led. deffunt pendant sa maladie.

i3® Opposition à la requête des Directeurs-gardes de l’Académie de peinture et sculpture de Saint-Luc, afin de réclamation d’une grande toille imprimée, montée sur son châssis, destinée à faire un tableau de contretable, qui avoit été remise par lesd. s''® Directeurs aud. s’’ Lemesle pour faire son chef-d’œuvre en lad. Académie et exécuter le sujet qui luy avoit été prescrit; empêchant formellement l’inventorié et vente qui pourroit être faite de lad. toille, et requérant sa remise.

En procédant, est comparu le s'^ Jean Lalanne, cizeleur à Paris, demeurant rue du Harlay, lequel nous a dit que les causes de l’opposition par lui formée à nosd. scellés sont non seulement pour estre payé de la somme de 42 livres à luy due par led. deffunt s" Lemesle, suivant le billet qu’il a de luy, mais encore de celle de 400 livres qu’il a aussy prestée aud. deffunt pour subvenir aux frais d’une succession qu’il avoit à recueillir avec lesd. s''® Caullé et Patigny^ ses beaux-frères, suivant le billet à ordre que led. deffunt en a fait aud. s"" Gaulle, le 26 mars dernier, lequel s*" Caullé en a passé son ordre aud. s'' Patigny^ qui en a passé le sien aud. s'’ Lalanne.

En procédant, led. Lalanne a représenté cinq pièces attachées ensemble et qui ont esté reconnues composer

PIERRE-LOUIS BAUVIOLLE.

la cotte quatre de l’inventaire fait par M. Loison, notaire, datté au commencement du i5 avril lySg, après le décès de Marguerite Harouard, à son décès veuve du $'• Pierre Lemesle, marchand limonadier, mère dud. deffunt.

(Arch. nat., Y 14788.)

PIERRE-LOUIS BAUVIOLLE

PEINTRE

29 avril 1740.

Apposition de scellés, le 29 avril 1740, après le décès de Pierre- Louis Bauviolle, peintre, en son domicile, rue des Amandiers, paroisse Saint-Etienne-du-Mont, à la requête de : 1° Louise Crochet, sa veuve, mariée en premières noces à Louis Henon, bourrelier à Paris, et, en secondes, à Pierre Bauviolle, suivant contrat du 27 novembre 1733 ; 2° ses enfants : Jean-Louis Bauviolle, compagnon peintre à Paris, et Marie-Anne Bauviolle, veuve de Thomas Gibou.

Le mobilier est insignifiant, quelques tableaux de famille, cinq estampes et deux Christs. 1

L’inventaire est confié à m“ Brelier de la Grange, notaire au Châtelet de Paris.

(Arch. nat., Y ii3o3.)

Page 1