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La vente a eu lieu à Paris le 23 avril i838. 142 numéros

ROBERT NANTEUIL

pour nous requérir, comme elle fait, de voulloir à sa requeste apposer nos scellés sur les coffres, cabinets, armoires et autres fermetures dans lesquels il peut y avoir desd. biens et effets, faire procès-verbal de ce que besoin sera et le tout mettre en bonne et seure garde, eslisant son domicilie en lad. maison, et a signé : (Signé :) Jaune Regnesson.

Sur quoy, nous commissaire avons donné acte à lad. demoiselle de son réquisitoire, suivant lequel, après avoir veu le corps mort dud. s^ Nanteuil estant sur la paillasse d’un lict, non encore ensevely, dans une chambre au dessus de l’antresol qui a veue sur le quay, avons en conséquence, à la requeste de lad. demoiselle et en sa présence, et aussy en présence de M® Jean-Estienne Isabeau, procureur en Parlement, amy dud. defîunt, et autres personnes estantes en lad. maison, proceddé ainsi qu’il ensuit :

Premièrement, lad. demoiselle veuve nous a représenté un pacquest de petites clefs en nombre de cinq qu’elle nous a dit servir à un cabinet à guichets et tiroirs qui est dans lad. chambre et autres fermetures, et que n’ayant point d’argent, pour subvenir à la despense qu’il convient faire, qu’il seroit à propos de voir dans led. cabinet et guichets s’il y en auroit, affin de luy en mettre en ses mains pour cet effet; en conséquence de quoy, avec l’une desd. clefs ayant ouvert lesd. guichets et les tiroirs dud. cabinet, il y a esté trouvé en escus blancs et pièces de 3o sols la somme de 108 livres qui a esté par nous baillée et mise es mains de lad. demoiselle veuve qui s’en est chargée pour en rendre compte à quy il apartiendra; quoy fait, ayant refermé les guichets dud. cabinet, avons sur iceux apposé treize scellés, sçavoir : cinq sur les tiroirs, etc.

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Item, estant entré dans un retranchement qui est à un coing de lad, chambre, entourré de paravents où led. deffunt s"^ de Nanteuil travailloit ordinairement, il s’est trouvé sur la table plusieurs papiers, livres, outils, burins, pierres et autres servant à graver, qui ont esté par nous mis dans quatre tiroirs d’une petite armoire de bois de haistre, lesquels tiroirs ayant fermez de leurs serrures, avons sur iceux apposez dix scellez, sçavoir, etc.

Item, ayant ouvert un cabinet qui attenoit lad. salle et qui a veue sur la court, de deux clefs dud, pacquest, il a esté porté et serré de lad. salle ensemble de la chambre plusieurs pastels, planches, bordures, glaces et estampes ; quoy fait, la porte a esté par nous fermée de sa serrure et cadenat sur tenture, etc.

Item, estant dessendu dans une petite chambre de l’entresolle, il s’est trouvé dans les guichets d’une armoire plusieurs planches de cuivre ; il s’en est aussi trouvé d’autres tant dans la chambre en laquelle ledit s"^ de Nanteuil est deceddé que dans lad. salle ; elles y ont esté apportées et serrées danslesd. guichets.

Item, sur un coffre bahue fermé d’une serrure y avons apposé trois scellés.

Item, dans la mesme chambre s’est trouvé un grand coffre bahue carré, sans fermeture, dans lequel s’est trouvé cinq draps, six chemises à l’usage dud, feu s, de Nanteuil^ deux calesons, une douzaine de serviettes d’une façon et quatorze d’une autre, et trois nappes, lequel linge a esté laissé dans led. coffre.

Item, sur un coffre bahue rond estant dans le passage de lad. entresolle, garny de deux serrures, dont l’une est seullement fermée, avons apposé cinq scellez.

Item, dans une autre chambre de lad. entresolle il s’y est trouvé une petite cassette fermée d’une serrure où

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l’on nous a dit que led deffunt s. de Nanteuîl s^en servoit lorsqu’il alloit en campagne, la faisant porter avec luy ; pour la conservation de ce qui peut estre dans icelle, avons apposé trois scellés dessus

Dans lad. salle s’est trouvé dix bordures ou cadres de bois, à sculpture dorré, et un autre grand cadre aussi dorré, attaché contre la tapisserie.

Dans la chambre en laquelle led. feu s. de Nanteuil est déceddé s’est trouvé sept tableaux tant grands que petits, garnys de leur bordure, et un pourtraict d’homme du père dud. feu s. de Nanteuil.

Tous lesquels nos scellez cy devant déclarez, linges dont la description a esté faite et tous les autres meubles demeurés, dont quant à présent il n’en a esté fait de description, mesme la vaisselle d’argent concistant en un buffet, une esguière, un petit pot à l’eaue, trois flambeaux, dont deux ronds et un carré, cinq cuillières et quatre fourchettes, ont esté baillez et laissez en la garde de lad. demoiselle veuve dud. s*' de Nanteuil qui s’en est volontairement chargée et promise le tout représenter quant elle en sera requise comme dépositaire de Justice, et a signé avec led. s*" Isabeau. Et nous a lad. demoiselle déclaré que le papier qui est dans le lieu où est une pièce à l’entresolle de la petite salle, qui conciste en six rames, comme elle croist, apartientau sMu Puys, marchand papetier en magazin, demeurant rue Saint Jacques, que led. Dupuis a envoyé pendant que led. feu s>^ de Nanteuil estoit à Versailles.

(Signé :) Ga^on, — Janne Regnesson, — Isabeau.

Et le dimanche, dix-huitième jour de décembre 1 678, par M® Jean Baptiste Baussay, procureur au Châtelet, et de dame Magdelaine Blondeau, veuve de M*' Michel

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D’Alligre, chevalier, seigneur de Boislandry, conseiller du Roy en ses conseils, maître des requestes ordinaires de son hostel, nous a [esté] mis ez mains la requeste par lad. dame présentée à M. le lieutenant civil, de laquelle et de son ordonnance estant au bas la teneur ensuit :

A monsieur le lieutenant civil,

Supplye humblement Magdelaine Blondeau, dame veuve de feu monsieur Michel d’Aligre\ chevalier, seigneur de Boislandry, vivant conseiller du Roy en ses conseils, maître des requestes ordinaire de son Hostel, tutrice des sieurs Estienne et Gilles d’Aligre, ses enfans et dud. deffunt, disante que. Sa Majesté ayant agréé que lesd. sieurs ses enfants luy dédient une thèse, elle a fait marché soubz signature privée avec deffunt Robert Nanteuil^ dessignateur et graveur ordinaire de Sa Majesté, le onze avril dernier, par lequel led. Nanteuil s’est obligé de graver, dans le dernier Jour d’avril de Pannée prochaine 167g, une grande thèse dans laquelle doit estre le portrait du Roy à demi corps, de la Juste grandeur du naturel, conformément à un nouveau tableau en pastel qu’il feroit d’après Sa Majesté et entierrement ressemblant, qui seroit gravé dans l’hovalle entouré de lauriers ou d’ollives, led. portrait en graveure ^ eslevé et

1. Michel d’Aligre, seigneur de Villenesle, de Boislandry, etc.,

intendant de la généralité d’Alençon, était mort le 10 août i66i. Il était le quatrième enfant d’Etienne d’Aligre, Chancelier de France, qui mourut seulement en 1677, Michel,

né vers 1621 ou 1622, n’avait épousé Madeleine Blondeau qu’en troisièmes noces, après 1657. Ses fils, Etienne et Gilles d’Aligre, qui figurent ici comme mineurs, devinrent tous deux conseillers au Parlement. Madeleine Blondeau était fille de Gilles Blondeau, président en la Chambre des Comptes; elle mourut le 12 juillet 1696 (voy. Moréri).

2. Ce portrait existe; il porte le nom de Gérard Edelinck qui fut chargé de le terminer. M. Robert-Dumesnil le décrit dans son Peintre-Graveur français (t. VII, p. 291, n° 257 de l’œuvre

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posé sur un trophé de guerre pour luy servir de base, et, à cette fin, faire faire un dessein par un peintre entendu en ces sortes d’ornemens, mesme par le s’’ Lebrun, premier peintre du Roy ; dans la planche d’en bas au dessoubz dud . portrait seroit ménagé une place, soit banière, etendart, timbale ou autre, pour y faire graver au burin, par le s'^ Richer, le tiltre et les positions de philosophie pour en estre deslivré la quantité de deux mil cinq cent thèses complètes, composées de deux grandes feuilles de papier, collée, coignée et dorée sur tranche, et autres clauses et conditions portées aud. marché fait moyennant le prix et somme de dix mil huit cent livres; sur laquelle somme la suppliante a payé comptant audit Nanteuil la somme de cinq mil quatre cens livres, et s’est obligé de payer le surplus en livrant lesd. ouvrages suivant led. marché; en exécution duquel led. Nanteuil a commencé lesd. ouvrages ; mais, avant la perfection d’iceux, son deceds estant arrivé, scellé a esté apposé sur ses biens par le commissaire Gazon pour la seuretté de ses héritiers absens, ce qui apporte un grand retardement à la perfection desd. ouvrages, et d’autant qu’il ne pourra estre si tost proceddé à la levée et recoignoissance desd. scellés, inventaire et description de ce qui se trouvera soubz iceux, la suppliante qui a grand interest de faire parachever lesd. ouvrages auparavant le départ de Sa Majesté, désireroit faire tirer les pastel, dessein et planches qui sont encommencée par led. Nan~

d'Edelinck) et donne la légende suivante : Nanteuil ad vivum Bifflg. pinx. G. Edelinck sculp. Cum privil. Regis 167g. C’est une grande estampe en deux feuilles. La thèse des sieurs Etienne et Gilles Daligre est gravée dans la banderole de la trompette qui fait partie du trophée placé au bas du portrait. L’estampe ne mesure pas moins de i“o84 de hauteur sur o"78 de largeur.

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teuil estant soubz lesd. scellés pour les faire parachever par qui elle advisera bon estre, après que le tout aura esté veu et visitté, prisé et estimé par tel expert qu’il vous plaira nommer d’office, pour le prix de l’estimation desd. ouvrages estre déduit sur lesd. cinq mil quatre cens livres, pour quoy requiert luy estre sur ce pourveu.

Ce considéré, mond. sieur, attendu ce que dessus et que l’affaire requiert scelerité, il vous plaise à vous transporter en la maison où led. Nanteuil est décédé pour estre en vostre présence proceddé par le conseiller Gazon à la levée et recognoissance desd. scellez apposez dans les lieux où sont lesd. pastel, dessein et planches destinez pour lad. thèse, et iceux estre tirez et mis en mains de la suppliante, pour lesquelz veuz, visitez, prisez et estimez par telz expertz qu’il vous plaira nommer d’office à l’effet de faire parachever lesd. ouvrages par telles personnes que bon semblera à la suppliante, aux offres qu’elle fait de faire desduction à la veuve et héritière dud. Nanteuil de la somme à laquelle se montera le prix desd. prisées sur lesd. cinq mil quatre cens livres payez d’advance, sans préjudice du surplus de ses autres droits et actions, et vous ferez bien.

(Signé :) Baussay.

Nous ordonnons que le commissaire Gazon représentera son procès-verbal d’apposition de scellés par devant nous pour ce fait, et luy ouy, estre ordonné ce qu’il appartiendra, ce i8 décembre 1678.

(Signé :) Le Camus.

Suivant laquelle ordonnance de mond. s. le lieutenant civil, nous commissaire susdit nous serions le lundy, 1 9 dud. mois de décembre, huit heures du matin, transporté en l’hostel et par devers M. le lieutenant civil où nous luy aurions représenté le présent nostre procès-

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verbal et luy aurions aussi fait rapport du contenu en iceluy ; ouy led. M® Jean-Baptiste Baussay et son réquisitoire, mond. s. le lieutenant civil a donné acte audit Baussay, aud. nom, de son réquisitoire et, en conséquence, attendu ce dont il s’agit, que le temps presse pour la perfection de l’ouvrage dont a esté fait convention avec led. deffunt de Nanteuil, a ordonné que le cabinet dans lequel sont lesd. ouvrages sera ouvert (en) presence de mond. s. le lieutenant civil et de M. le procureur du Roy pour l’absence des intéressez en la succession dud. deffunt, les scellez par nous apposez sur lad. porte du cabinet préalablement recogneus et levez, pour estre lesd. ouvrages retirez dud. cabinet et ordonné ce que de raison , et pour l’exécution de la présente ordonnance, assignation à ce jourd’huy ii heures du matin, en la maison dud. deffunt de Nanteuil.

Pour l’execution de laquelle ordonnance de mond. s*" le lieutenant civil, nous estant transporté en la maison dud. feu s'' de Nanteuil sur les unze heures du matin de ced. jour, 19 décembre 1678, où estant, sont comparus, etc. :

Lad. demoiselle Jeanne Regnesson, vefve dud. s*" Robert de Nanteuil^ quy a dit qu’elle n’empesçhe la recognoissance et levée desd. scellés et que les pastel, planche et dessein dont est question soient tirez du

cabinet

consentant aussy que la prisée et estimation des ouvrages faiclz par led. deffunt soit faicte par expertz et gens à ce congnoissans, dont les partyes conviendront; à l’effet de quoy elle a nommé de sa part Gérard Edelinck, graveur ordinaire du Roy et de son Académie, si mieux n’ayme lad. dame d’Aligre consentir que lad. d"® vefve face parachever lesd. ouvrages par led. Edelinck.

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(Même désignation faite au nom de Pierre Geoffrin et Claude Bonnemain, neveux^ à cause de leurs femmes, nièces dud. delîunt, et habiles à se dire et porter heritiers dud. de Nanteuil.)

Et par led. M® J. -B. Baussay, procureur aud. nom, a esté dit qu’il nomme, pour lad. dame vefve dud. s. d’Aligre, aussy pour faire la prisée et estimation desd. ouvrages dud. delîunt et dès maintenant, la personne de... Simon, graveur en taille-doulce.

En exécution de laquelle ordonnance et en la présence de mesd. s''® le lieutenant civil, procureur du Roy et comparans, avons recongnu les scellez par nous apposez sur la porte du cabinet, lesquels ayant levez et ouvert led. cabinet, il en a esté tiré le pastel de Sa Majesté quy a esté mis entre les mains de lad. vefve dud. s. de Nanteuil...; ensuitte estant dessendu en la salle quy est en l’entresolle, avons aussy recongnu les scellez par nous apposez sur une armoire, lesquelz ayant levez et ouvert lad. armoire, les planches et desseins pour servir à la thèze en question en ont esté tirrez et mis aussy entre les mains de lad. vefve dud. de Nanteuil.

Le jeudy, 22® décembre 1678, huit heures du matin, nous commissaire susd... nous serions transporté en la maison où est deceddé led. s. de Nanteuil, où estant, sont comparus par devant nous :

Lad. demoiselle Jeanne Regnesson, vefve dud. s. de Nanteuil, tant en son nom, à cause de la communaulté quy a esté entre led. delîunt s' Robert de Nanteuil, son mary, et elle, que comme donnataire mutuelle d’icelluy delîunt, son mary, sauf à elle à accepter ou renoncer à lad. communauté... 5 a requis estre présentement proceddé à la recognoissance et levée de nos scellez pour

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estre faict inventaire et description de ce quy se trouvera dessoubz et en évidence par M® Jean Carnot % notaire et garde nottes au Chastelet de Paris, et la prisée des meubles par Pierre Berthelot, sergent à verge, qu’elle a nommez pour cet effect, etc,

Claude Bonneman, maître chappelier, demeurant en la ville de Reims, et Pierre Geolfrin, maître chaudronnier, demeurant en lad. ville de Reims, à cause d’Anthoinette et Nicolle Martinet..., niepces dud. deflfunct, habiles à se dire et porter ses héritiers chacun pour moityé, qui ont consenty la recognoissance et levée de nosd. scellez et inventaire, et description estre faicte de ce qui se trouvera dessoubz et en évidence...

Et M® Jean-Baptiste Baussay, procureur de dame Magdelaine Blondeau, vefve de messire Michel d’Al-

ligre , tutrice de M" Estienne et Gilles d’Aligre, ses

enfans, quy a dit que lad. dame est opposante à la recongnoissance et levée de nos scellés pour seureté de la somme de 5,400 livres qu’elle a payée et advancée aud. deffunt Nanteuil sur celle de 10,800 livres, à laquelle estoit convenue avec led. deffunt pour graver une grande thèze, ainsy qu’il est porté par le marché fait entr’eux le ii avril 1678, laquelle thèze led. deffunt Nanteuil a seullement commencé; et, pour congnoistre l’estât d’icelle et à quelle somme peut monter ledit ouvrage encommancé de lad, thèze, lad. dame a requis qu’elle fust retirée de dessoubz nosd. scellés, ce qui a esté faict, etc., moyennant quoy, elle consent la recongnoissance et levée de nosd. scellés.

Et encorre led. Baussay, procureur de lad. dame

I. Le titulaire de l’étude de M' Jean Carnot est aujourd’hui M® Alfred-Alexis-Michel Châtelain.

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d’Aligre, tutrice desd. sieurs ses enfans, héritiers de deffunct monseigneur le chancelier d’Aligre, leur ayeul, et pour leurs autres cohéritiers en la succession dud. deffunct seigneur Chancelier de France, quy a dit qu’elle est opposante à la recognoissance et levée de nosd. scellés pour la restitution de la somme de i,ioo livres qui a esté payée et advancée aud. deffunct Nanteuil sur la somme de 2,200 livres , à laquelle a esté fait prix et marché avecq led. deffunct Nanteuil^ le 26 décembre 1675, pour graver le pourtraict de mond. seineur le Chancelier % suivant et ainsy qu’il est porté par led. marché, que led. deffunct Nanteuil s’est obligé de livrer à la fin de l’année 1 676, et qu’il s’est obligé depuis ' envers lesd. s. et dame héritiers dud. feu seigneur le Chancelier, par acte du premier febvrier 1678, de leur fournir et livrer dans trois mois lors prochains, à quoy il n’a point satisfaict, et pour seureté de leurs dommages et intérests, proceddant faulte d’avoir par led. deffunt Nanteuil satisfait aud. marché dans led. temps.

Et encores led. Baussay, procureur de messire Barthélémy Chappuys de la Faye, licentié en théologie de la maison et société de Sorbonne, quy a dit qu’il est opposant à la recognoissance et levée de nos scellés pour la restitution des sommes de deniers qu’il a advancées aud. deffunct Nanteuil sur celle à laquelle ils sont convenus pour graver une grande thèze que led. s*" de la Faye dédye à Mf le cardinal de Bouillon, et pour ses dommages et intérestz, proceddant pour n’avoir par

I. Voir Robert-Dumesnil (VII, p. 247, n“ 178). Le portrait, de grandeur naturelle, porte cette légende : Nanteuil ad vivum pinxit. G. Edelinck sculpsit. Ambo offerebam {offerebant sur le 2“ état).

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led. deffunt Nanteuil satisfait aud. marché; consent néantmoings, etc.

Pareillement est comparu Salomon Pothouin, procureur de messire Nicolas Seguier^, chevallier, seigneur de S' Brisson, seigneur de S* Cire et autres lieux, quy a dit qu’il n’empesche mais consent la recognoissance et levée de nos scellez et que l’inventaire, prisée soient faictz par les officiers nommez, le tout pour seureté et estre payé de la somme de neuf cens livres deue aud. s. Seguier par led. Nanteuil^ faulte d’avoir par luy satisfaict au marché fait entr’eux le 3 febvrier 1676 et prorogué du 20 aoust aud. an, dans le temps porté par led. marché et prorogation, lesquels led. Pothouin a exhibez et représentés.

(Sur quoy il est procédé à l’inventaire et à la prisée des meubles.)

Vendredi, z3 décembre 1678, deux heures de relevée... (continuation de l’inventaire).

Item, led. s. abbé de la Paye, ayant tesmoigné le désir que le pastel et planche de M. le cardinal de Bouillon^

1. Nicolas Séguier, fils de Pierre, conseiller au Parlement, mourut sans alliance le 17 mars 1679 (voy. son scellé où il porte le titre de marquis de Saint-Brisson). Il habitait à cette époque rue Saint- Antoine. Son neveu Jean-Baptiste Séguier vendit au Roi la terre de Saint-Cyr.

2. Le procès-verbal n’explique pas très clairement si les trois portraits du cardinal de Bouillon mentionnés ici et réclamés par îe s. de la Paye sont gravés ou peints au pastel. Il semble que Nanteuil reproduisit trois fois aux crayons de couleur les traits du cardinal et qu’il exécuta trois planches d’après ces différents originaux. M. Robert-Dumesnil décrit ces trois portraits différents d’Emmanuel-Théodose de la Tour-d’ Auvergne, cardinal de Bouillon, sous les n°* 5i, 52 et 53 de l’œuvre de Nanteuil (t. IV, p. 5i et Suiv.). Le premier porte pour légende : R. Nanteuil ad vivum ping, et sculpebat, cum privilégia Regis 1668, légende reproduite sur les deux autres avec ces additions ; sur l’un :

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que led. s. Nanteuil a fait marché, suivant l’escript fait entr’eux, fussent tirez desd. cabinet et armoire où ils sont pour voir ce quy peut manquer et rester à parachever à ce subjet, du consentement des autres partyes comparantes , aurions recongneu les scellés par nous réaposez sur la porte dud. cabinet, et entrant dans led. cabinet, il en a été tiré trois pastels dud. seigneur cardinal de Bouillon dont le s"^ Ferret, secrétaire de Sad. Eminence, a dit y en avoir deux appartenans à luy s’’ Ferret, lesquelz il avoit baillez aud. feu s" Nanteuil pour y retoucher, et, à Tesgard du troisième, est celui que led. s. Nanteuil a fait pour led. s. de la Faye; a esté aussy tirré deux glaces, Tune pour led. pastel dud. s. abbé de la Faye, et l’autre appartient aud. sif Ferret, ainsy qu’il a dit; lesquels trois pastels et glaces avecq leurs bordures, dont led. sr Ferret a dit luy en appartenir deux, ont esté laissez entre les mains et garde de lad. vefve dont elle s’est chargé.

Comme aussy avons recongneu les scellez par nous réaposez sur l’armoire en laquelle sont les planches sains et entiers, lesquelz ayant levez et ouvert lad. armoire, la planche faicte par led. s’’ Nanteuil pour led. s*" abbé de la Faye en a esté tiré et, après veue, il a esté trouvé que l’ouvrage est presque achevé, laquelle armoire a esté refermée, etc.

(Les opérations sont continuées le jeudi 29 et le 3o décembre; à cette dernière date survient l’incident suivant ;)

Item, avons, ce requérant lesd. partyes, recongneu

Offerebat humill‘ et obsequentiss‘ S’ Leonorius Feret, et sur l’autre : Offerebat Bartholomeus Chappuis de la Fay. Ce dernier représente le Cardinal dans un âge plus avancé que les précédents. (Voir pour plus de détails le Peintre-Graveur français.)

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les scellez par nous apposez sur les tiroirs d’une petite armoire qui est dans le cabinet dans lequel led. Nanteuil travailloit... les pappiers quy s’y sont trouvez en ont esté ostez pour les examiner comme il a esté, et les burins, pierres et oustils servant à graver en ont esté aussy tirez et mis dans Pun des tiroirs du cabinet quy est dans la chambre dudit deffunt.

Lundi, 9 janvier 1679, avons recongneu les scellés par nous apposés sur l’armoire en laquelle sont les

planches lesd. planches en ont esté tirées et portées

en la chambre en laquelle led. s*" Nanteuil est déceddé pour estre plus commodément faitl’inventoryé d’icelles et la prisée par les s’’® Vallet' et Poilly^, maîtres graveurs.

Et le même jour, deux heures de relevée, il a esté proceddé à l’inventoryé des tableaux estant en évidence par led. M® Jean Carnot et son collègue, notaires, et à la prisée d’iceux par led. Berthelot, sergent, par l’advis des sieurs Gilbert de Sève^ et Anthoine Paillet\ peintres ordinaires du Roy, led. s*' de Sève^ conseiller de Sa Majesté en son Accadémie royalle et led. s. Anthoine Paillet^ professeur en la mesme Academye, desquels les partyes sont convenues ; comme aussy il a esté proceddé à la prisée desd. planches par led. Berthelot par l’advis desd, s*'® Poilly et Vallet^ et à l’inventoryé d’icelles planches.

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