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De Sacy

2. Charles-René d’Hozier, juge d’armes de France et généalogiste de la maison du Roi.

ROBERT NANTEUIL

qu’il ne reste plus rien à y comprendre, le contenu en icelluy a esté baillé et laissé en la garde de lad. Jeanne Regnesson, vefve dud. s. Nanteuil, du consentement des autres comparans, mesme le pastel et planche de feu M. le chancelier d’Aligre quy n’ont esté compris aud. inventaire, au moyen de la restitution quy en a esté demandée par led. de Baussay, aud, nom ; laquelle vefve s’est du tout vollontairement chargée.

Et à l’instant est venu en lad, maison messire François Thimoléon de Choisy \ abbé de S* Lô de Rouen, quy nous a dit qu’il a fait marché avec led. feu s. Nanteuil pour faire une planche représentante feue madame de Choisy, sa mère, moyennant cent louis d’or, dont il en a baillé cinquante louis d’or comptant, lesquelz cinquante louis d’or il requiert lui estre rendus comme n’y ayant eu rien d’exécuté, et, à cet effet, s’oppose sur les deniers quy proviendront de la vente des meubles, et a signé.

(Signé :) De Choisy.

Et par lad. vefve a esté protesté que le dire et opposition dud. s, abbé de Choisy ne pourra luy nuire ny préjudicier comme n’ayant aucune congnoissance de ce prétendu marché allégué et a signé.

(Signé ;) Janne Regnesson.

Ga^on. — Colin.

(Arch. nat., Y. logSg.)

1 , C’est l’abbé de Choisy, membre de l’Académie française, qui a laissé de si curieux Mémoires publiés après sa mort et bien plus connus aujourd’hui que ses ouvrages théologiques ou historiques.

PIERRE BAUGRAND.

PIERRE BAUGRAND

BRODEUR ORDINAIRE DU DUC d’oRLÉANS,

4 juin i68i.

Apposition de scellés, le mercredi, 4 juin 1681, par Pierre Le Musnier, commissaire au Châtelet, sur les biens et effets de Pierre Baugrand, brodeur ordinaire de M. le duc d’Orléans, décédé le même jour à sept heures du matin, en la maison du s. Nepveu, maréchal, vis-à-vis la place du Palais-Royal, au troisième étage, sur le devant ; à la requeste de Marie Le Bascle, femme du défunt, séparée de biens, mère et tutrice de Charlotte Baugrand, sa fille mineure.

La veuve réclame la propriété de tous les meubles garnissant l’appartement, en vertu d’une vente à la suite de laquelle elle s’est rendue adjudicataire desdits meubles. Samuel de Courcelles, maître brodeur-chasublier à Paris, créancier du défunt pour la somme de 60 livres, conteste la sincérité de la vente et la prétend simulée pour soustraire la fortune de Baugrand à ses créanciers.

Les autres créanciers formant opposition sont un marchand de vins, un boulanger et le propriétaire, s'' Mareschal, à qui est due une année de loyers.

Dans la description du mobilier, on remarque « quinze tableaux à bordure de bois représentant divers portraits et autres choses, un tableau représentant Madame, avec sa bordure dorée... »

GASPARD DE MARSY

SCULPTEUR ORDINAIRE DU ROI

10 décembre 1681.

Jal a publié l’acte d’inhumation de notre artiste, enterré le vendredi 12 décembre 1681, deux jours après sa mort. Il a précisé la date de son mariage avec Marie-Gabrielle Denison, célébré à

GASPARD DE MARSY

Saint-Merry, le 4 novembre 1664. Il a su que, des trois enfants nés de cette union, un seul, la fille mentionnée dans notre procès-verbal de décès, avait survécu à sa mère, morte le 3 juillet 1680, à l’âge de trente-deux ans, et à son père, décédé à la fin de l’année suivante. Enfin, grâce à Jal, nous connaissons le degré de parenté qui unissait le sieur Rahault aux de Marsy et l’avait fait choisir comme tuteur de la fille mineure de Gaspard. Alexandre Rahault, ayant épousé Thérèse de Marsy, le 20 février 1667, était beau-frère de nos artistes. Une autre sœur était la femme de Pierre Le Gros, le sculpteur bien connu.

La notice biographique de Guillet de Saint-Georges, insérée dans les Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Académiciens (I, 3o6-ii), présente, sous une forme analytique, un catalogue détaillé de l’œuvre des deux sculpteurs. Ils travaillèrent beaucoup pour le Louvre et pour Versailles ; aussi leur nom revient-il fréquemment sur les Comptes des Batiments du Roi, dont le premier volume (1664-80) a paru récemment, Guillet de Saint-Georges fait naître, probablement sur des documents authentiques, Gaspard en 1624 et Balthasar quatre ans plus tard. Ce dernier avait précédé son frère dans le tombeau ; il était mort dès 1674. Enfin le biographe signale un autre de Marsy, nommé Melchior, qui, suivant son expression, « eut quelques commencements de peinture. » Jal n’q pas retrouvé la trace de ce peintre aujourd’hui complètement oublié.

L’acte suivant donne sur les travaux de Gaspard de Marsy quelques renseignements curieux. On savait que les deux frères avaient, pendant toute leur carrière, travaillé ensemble. Guillet même assure que les travaux de l’aîné, après la mort de Balta^ar, étaient d’un moindre goût et beaucoup moins terminés que ceux auxquels ils avaient travaillé en commun. L’intervention et la déposition à^Anselme Flamen, au cours des opérations d’inventaire, font savoir que ce dernier avait remplacé Balta:(ar comme collaborateur de l’aînc des de Marsy. Est-ce à lui qu’il faut attribuer l’infériorité signalée par Guillet durant cette dernière période de la carrière de l’artiste?

Le biographe des Académiciens dit encore : a Le travail des deux frères fut toujours suivi d’une bonne rétribution... Ils gagnèrent du bien et l’employèrent à un bon usage. » Les renseignements incomplets fournis par le procès-verbal de levée

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des scellés confirment l’assertion de Guillet. Pour avoir une idée exacte de la fortune de Gaspard, il faudrait recourir à l’inventaire dressé par le notaire. On le trouvera chez le successeur de M' Marquis Desnotz.

Rappelons aussi l’inscription conservée dans l’église de Croissy, près Chatou, et deux fois publiée en ces derniers temps {Archives de l’Art français, VI, 21 3, et Inscriptions de la France par M. de Guilhermy, t. II, p. 297). Cette inscription constate que Gaspard de Marsy avait légué par testament à l’église de Croissy une somme de 1,000 livres pour être employée à l’achat et à l’entretien d’une lampe, et de plus que ce legs avait été acquitté par le s. Alexandre Rahault, exécuteur testamentaire du défunt, comme il est constaté dans un acte passé le 10 mars i683 devant les notaires Desnots et Gaudin.

N’oublions pas, en terminant, de rappeler un travail important de M. A. Durieux, de Cambrai, sur le père de Gaspard et de Baltha^çar de Marsy qui s’appelait aussi Gaspard. Cette étude a paru dans le volume consacré au compte-rendu de la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements à la Sorbonne en 1882. (Paris, Plon, 1882, in-8°, p. 99-108.)

Procès-verbal d' apposition de scellés après le décès de Gaspard de Marsy, sculpteur ordinaire du Roi.

L’an i68r, le mercredy, 10® jour de décembre, environ les deux heures de relevée, nous Jean David, commissaire au Châtelet de Paris, mandé et requis qu’avons esté, sommes transportez rue Fromenteau, paroisse S. Germain de l’Auxerrois, où estant entré en la maison où est demeurant le sf Gaspard de Marsy, sculteur ordinaire du Roy, vis-à-vis le vieux Louvre, y aurions trouvé le s*' Alexandre Raault, marchand bourgeois de Paris , demeurant rue des Prouvaires , paroisse S. Eustache, lequel nous a dit que le s. de Marcy seroit déceddé il y a environ un quart d’heure en la maison où nous sommes, et, comme il a appris avoir

GASPARD DE MARSY

esté esleu et choisy par led. deffunct s*" de Marcy pour l’exécution du testament et ordonnance de sa dernière volonté, il nous requiert, à la conservation des droits de qui il appartiendra et en lad, qualité d’exécuteur testamentaire dud. deffunct, qu’ayons à apposer nos scellez sur les choses qui se trouveront suject à scellé en lad. maison appartenant aud. deffunct s'' de Marcy^ mesme faire description sommaire, sy besoin est, de ce qui se trouvera en évidance, eslizant à cet effet son domicilie en la maison où il est demeurant, rue des Prouvaires, et a signé.

Rahault. — David.

Sur quoy, nous commissaire susd. avons aud. s‘‘ Rahault donné acte de son réquisitoire et, suivant icelluy, après qu’il nous est apparu du cadavre dud. deffunct sf de Marsy gissant sur la paillasse d’un (lit) estant à une première chambre ayant veue sur lad. place du Vieux Louvre, et que Anne Maillard, fille servante dud. deffunt s'" de Marsy depuis dix ans, nous a dit et après serment d’elle pris n’avoir veu emporter, détourner ny divertir aucuns meubles ny effects de sa succession, avant ny depuis son decedz, avons proceddé à l’apposition desd. scellez suivant et ainsy qu’il ensuit :

Ensuit ce qui s’est trouvé en évidance dans les deux chambres.

Premièrement, dans une où led. deffunct est déceddé : la couche sur laquelle est le cadavre garnye de ses rideaux et ciel de serge jaulne, le tour de lad. chambre garnye de tapisserye façon de Rouen de deux différentes façons, six sièges couverts de moquettes, etc.

Dans la chambre à costé ; ... trois chaises couvertes de moquette, un fauteuil couvert de brocatelle, un esca-

NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. l883

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beau de bois, un moyen miroir à bordure de bois de noyer, la tanture de tapisserye de Rouen faisant le tour de lad. chambre,

(Description des objets trouvés dans la cuisine :)

Dans la cave s’est trouvé un muid de vin nouvellement en vidange.

Dans les lieux occupés par le s*- Noury et qui estoient cy devant occupez par led, s. de Marcy, s’y est trouvé appartenant aud. s'’ de Marcy cinq pieds destalz, sur lesquelz sont cinq portraits, le tout de marbre.

Après quoy, nous a esté déclaré par lad, Anne Maillard, servante dud. deffunct, qu’elle a connoissance qu’il y a dans un hastellier où led, deffunt travailloit dans le pavillon du Vieux Louvre, vis-à-vis la rue du Chantre, plusieurs ouvrages comme stampes, modelles de piastre et plusieurs figures et statues, tant parfaittes qu’imparfaittes, de marbre, appartenant aud. deffunt et au sieur Flamant^ son associé. Et outre ce qu’il y a encore dans un cabinet au bout dud. astellier une Vénuse d’allebattre, un tableau représentant Dalila, un autre représentant VIncendye du bourgue (du Borgo), un autre les Leons Dor [sic pour VHéliodore), et un autre \si Bataille de Constantin, coppy és trois sur Râ^hael; un autre tableau représentant un Possédé; un autre représentant Charles-Quint lorsqu'il se jist religieux; un autre représentant la fabrique de V Escurial ; un autre saint André; un autre représentant saint Hiérosme, coppyé du Dominiquin ; un autre représentant l’Avsomption ; un autre le Monde de saint Rock; un autre une Vierge accompagnée de saint Jean et saint Mathieu, coppyé d’Annibal Carache ; un autre tableau représentant une coppyé du Corrège ; deux autres tableaux représentant, l’un les Nopces de Canappes (Cana) ,

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l’autre V Adoration des Rois, coppyé de Paul Véronnaise; un autre moyen tableau représentant une Justice; un autre représentant une teste de Diogène et un autre un petit paysage ; plusieurs desquels sont garnys de leurs bordures dorez; qu’elle a connoissance qu’ils appartiennent aud. deffunct. Et, à l’esgard du surplus, ne sçayt quelle part led. deffunt y peult avoir; scayt bien néantmoins que la plus grande partye luy appartient, laquelle déclaration elle nous fait pour servir ce que de raison ; et a déclaré ne scavoir signer, de ce interpellée suivant l’ordonnance.

Et le jeudy, 29® jour de janvier 1682, deux heures de relevée, nous Jean David, commissaire susd.,., sommes transportez en la maison où led. deffunt s*' de Marsy est déceddé, seize rue Fromenteau, où estant, sont comparus par devant nous :

Le sieur Alexandre Rahault, marchand, bourgeois de Paris, exécuteur du testament et ordonnance de dernière volonté dud. deffunt s^ de Marsy et tuteur de damoiselle Marye-Gabrielle Marsy, fille mineure dud. deffunt Gaspard de Marsy, assisté de M® Salomon Pothouin , son procureur , lequel , aux protestations par luy faites par l’acte d’acceptation de lad. tutelle, a requis estre proceddé à sa requête à la reconnoissance et levée de nosd. scellez, à l’inventaire et description de ce qui se trouvera soubs iceux et en évidence par M® Marquis Desnotz, notaire au Chastelet de Paris, et la prisée par Nicolas Guyart, sergent à verge aud. Chastelet, le tout à la conservation des droits de lad. mineure; à l’effect de quoy led. s' Rahault, aud. nom, a fait appel- 1er les opposans à nosd. scellez, contre lesquelz, du moins contre les non comparants, il requiert deffault.

Est aussy comparu le s‘‘ François Delavergne, mar-

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chand drappier, bourgeois de Paris, subrogé tuteur de lad. damoiselle de Marsy, piineure, assisté de M« Emanuel Régnault, son procureur, qui a dit qu’il consent la reconnoissance et levée de nosd. scellez, inventaire et description et prisée de ce qui se trouvera sous iceux et en évidence, à la conservation des droits de lad. mineure et de qui il appartiendra, et à cette fin accorde la nomination dud. M® Marquis Desnotz, notaire, et pour la prisée nomme de sa part Pierre Dinyé, sergent à verge aud. Châtelet.

Est aussy comparu M® Claude Aury, procureur de Pierre Fabre, mareschal des logis de la première compagnye des mousquetaires du Roy et de damoiselle Claude-Geneviefve Pettuin,sa femme, auparavant veuve de deffunt s^ Balta^ar de Marsy ^ sculteur ordinaire du Roy en son Académie royalle, en leur nom et encore comme tuteurs naturels de Claude-Baltazard de Marsy, fils mineur dud. deffunt s® Balta^ard de Marsy et de lad. damoiselle Pettuin, ses père et mère, lesquels ont consenty la reconnoissance et levée de nosd. scellez, description et inventaire des effects qui se trouveront sous iceux et en évidance, à la conservation de 1 1 ,060 1. 9 sols 8 deniers portez par la closture du compte clos par le commissaire de la Marre, le 16 juin 1681, en deniers ou quittances vallables deubs ausd. sieur et dame Fabre; pour estre rendue aud. s'" Fabre une frange d’or pezante unze onces mise sur une paire de gands que led. s*" Fabre a baillé aud. deffunt peu de jours avant la malladye dont il est déceddé, la valleur de laquelle frange d’or n’a point esté payée aud. s>^ Fabre par led. deffunt, et comme tuteurs naturels de Claude-Baltazard de Marsy, à ce que le s’’ Rahault, tuteur de lad. damoiselle de Marsy soit tenu de luy rendre compte de l’ad-

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ministration que led. deffunt st de Marsy a eu de la personne et biens dud. Claude-Baltazard de Marsy, comme ayant esté led. deffunt son tuteur; et à ce que les tiltres mentyonnez en l’inventaire fait après le decedz de deffunt Balta'{ard de Marsy ^ le 5® juin 1674, par devant Huart et son compagnon, notaires, soient rendus et restituez ausd. sieur et damoiselle Fabre, attendu que led. deffunt en est chargé par led. inventaire.

Est aussy comparu M® François Prévost, procureur de Pierre de Sève^ peintre de l’Académye du Roy, qui a dit que l’opposition qu’il a formée à nosd. scellez est affin d’estre payé de la somme de i,5oo livres pour plusieurs ouvrages de peinture qu’il a faits dans les maisons appartenantes aud. deffunt s*' de Marsy ^ scizes hors la porte de Richelieu et dans la rue de Richelieu, ou du moins suivant la prizée et estimation qui sera faite desd. ouvrages ; n’empesche néanmoins la reconnoissance et levée de nosd. scellés, inventaire, description et prisée de ce qui se trouvera sous iceux par les officiers nommez.

Est aussy comparu Ancelme Flamand, sculteur ordinaire du Roy, assisté de M® Fiacre Dufour, son procureur, qui a persévéré en son opposition pour la seureté et conservation de ses droits, nottament pour tous les ouvrages qui se trouveront en la maison dud. deffunt de Marsy, avec lequel il estoit associé pour faire tous les ouvrages de leur acte, suivant un escrit qui se trouvera sous nos scellez et suivant le livre journal dud. deffunt qui se doit aussy trouver sous nosd. scellez; pour raison de laquelle société il est créancier de lad. succession de sommes considérables, tant à cause desd. ouvrages qui se trouveront en sa possession que ceux qui auront esté faits pour particuliers, le tout conformément

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aud. traitté et livre journal, desquels il nous requiert la délivrance, lorsqu’ils auront esté inventoriez, pour discuter ses intérêts dans la succession dud. defîunt; ne veult empescher la reconnoissance et levée de nosd. scellez et qu’il ne soit proceddé à l’inventaire et description de tous les meubles et effects, tiltres et papiers qui se trouveront sous iceux, sans néantmoins que l’inventorié des effects, tiltres et papiers qui se trouveront concerner lad. société et le travail qui a esté fait entre led. deffunt et led. Flamant puisse préjudicier à ses droits et actions et à la restitution de ce quy luy appartiendra.

(Signé :) Flamen.

Est aussy comparu le s*’ Jean-Baptiste Tuhy, sculteur ordinaire du Roy, assisté de M® Louis Girard, son procureur, qui a dit qu’il réytère l’opposition qu’il a formée à la levée et reconnoissance de nosd. scellez, laquelle il déclare estre pour l’exécution du marché qu’il a sollidairement passé avec led. deffunt pour la construction du mosolée de feu monseigneur de Turenne par devant Bru et Pillault, notaires, le 17 avril 1676, moyennant une somme de 5 1,680 livres; n’empesche la reconnoissance et levée de nosd. scellez et qu’il soit proceddé aud. inventaire.

(Signé :) Bapt^ Tubjr.

(Opposition du s. Vincent le Roy, maître menuisier et menuisier ordinaire du Roy , demeurant place du Louvre, sans détails.)

Et par led. s*' Rahault, aud. nom, assisté dud. M® Pothouin, son procureur, a esté protesté que les comparutions des dessusd. ne puissent nuire ny préjudicier à lad. mineure, et de se defifendre de leurs prétentions et de les en faire desboutter en temps et lieu.

GASPARD DE MARSY

sommant et interpellant led. s^ Delavergne de convenir pour la prizée dud. Guyard nommé pour la prisée par led. s"- Rahault; et, en cas de contestation, requiert renvoy.

Par led. Delavergne, aud. nom, assisté dud. Régnault, a esté persisté en sa nomination dud. Disnyé, sergent à verge, pour faire lad. prisée, qu’il a fait venir à cet effect, et affin que cela ne soit point à la charge de la mineure, led. Disnyé, sergent, se contentera de moityé de son sallaire des vaccations qu’il fera à la prizée et vente, laquelle vente sera de conséquence à la mineure, et attendu que les choses qui sont les ouvrages de sculture ne sont pas communes et que l’on doit souhaitter d’avoir des officiers cogneus, comme est led. Disnyé, antien officier et de réputation.

(Opposition du s' Héron-Augustin Denison, bourgeois de Paris, pour la conservation des droits et actions qu’il a contre la succession dud. deffunt sieur de Marsy qu’il desduira en temps et lieu.)

Comme aussy est comparu M® Jean Philipponnet, procureur de damoiselle Marguerite le Clerc, veuve de Jacques le Royer, vivant M« des forges de Monbouville (Yfc), ayant droit, par transport de M® Abel de Sainte-Marthe, conseiller du Roy en sa cour des Aydes, et de dame Marye Héron, son espouse, créancier de i5o livres de rente, faisant partye de i,5oo livres de rente en trois partyes constituez au proffit de dame Margueritte Héron , veuve d’Eustache Dubois , de laquelle lad. dame de Marthe est héritière constituée par contrat passé par devant les nottaires du Châtelet, les 23 décembre i65o, 28 avril i65i et septembre i652; pourquoy il forme son opposition à nosd. scellez, ne veult empescher la reconnoissance et levée d’iceux et

GASPARD DE MARSY

inventaire de ce qui se trouvera sous iceuxpourla conservation de son deub.

(Les différentes parties contestent les droits du survenant :)

Sur quoy, nous commissaire susd., avons ausd. partyes donné acte de leurs comparutions, etc., etc., et en conséquence... lesd. Guyard et Disnyé, sergens, sont demeurez pour faire la prisée et vente des meubles conjointement ensemble, à la charge par eux qu’ils ne prendront qu’un seul et mesme sallaire, et qu’il sera proceddé aud. inventaire et prisée en la présence dud. Me Philipponnet qui est demeuré seul et procureur plus antien des opposans, lesd. Girart et Aury s’estans retirez, et dud. consentement des partyes, a esté proceddé à l’inventaire des meubles en évidence.

Vendredi et samedi, 3o et 3i janvier 1682 :

Inventaire des objets renfermés dans le garde meuble.

Item, avons reconnu sains et entiers, levez et ostez les scellez par nous apposez sur... un salloir de bois fermé à clef.

En proceddant, led. Régnault, aud. nom, a requis que le sel qui s’est trouvé dans led. salloir soit mesuré, mis et inventorié aud. inventaire au proffit de la mineure ; interpellé led. Rahault de l’accorder.

Et par led. sieur Rahault, interpellé comme dessus, a esté dit qu’il n’a point empesché et n’empesche point que led. sel soit mesuré et mentionné aud. inventaire non plus que les autres choses qui se sont trouvez sous nos scellez, puisque que est pour le proffit de la mineure.

Mardi 3 février i632 :

Continuation de l’inventaire (nippes et argenterie trouvés dans un cabinet de bois de noyer, or et argent monnayé et non monnayé).

GASPARD DE MARSY. 57

Le mercredi 4' jour de febvrier aud. an, deux heures de relevée ;

Sont comparus devant nous,

Led. sr Alexandre Rahault, ès noms et qualités qu’il procedde, assisté de M® Salomon Pothouin, son procureur au Châtelet, aux protestations par luy cy-devant faites, lequel a dit qu’il consent la continuation de la reconnoissance et levée de nosd. scellez reapposez, et qu’auparavant de procedder à l’inventorié des papiers qui se trouveront sous iceux, comme il y a plusieurs tableaux, dessins et plusieurs figures de marbre en un astellier où il travailloit et faisoit travailler ordinairement sur lad. place du Louvre, et qu’il convient les inventorier, du moins ce qui se trouvera appartenant à sa succession, pour la prisée et estimation d’iceux led. s«- Rahault a nommé de sa part le s" Pierre Legros, sculteur des bastimens du Roy pour la prisée desd. ouvrages, et le s'' Arnoult, peintre, pour la prisée desd. tableaux.

(Même désignation faite par les s‘‘® Delavergne et Philipponet.)

Sur quoy a esté proceddé à l’inventorié, prisée et

estimation desd. ouvrages et tableaux ; et, pour cet efîect, sont comparus lesd. sieurs Legros, sculteur, demeurant rue Saint-Mars, à la porte de Richelieu, et Arnoult, peintre, demeurant en la maison dud. s. de Marsy; lesquels, après serment par eux fait en la manière accoustumée, ont promis de faire lad. estimation en conscience, et ont signé :

Legros. — Arnould.

En proceddant, led. s*’ Rahault, aud. nom de tuteur de lad. damoiselle mineure, assisté dud. Pothouin, son procureur, a esté requis que le s'' Ancelme Flamand

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et M® Fiacre Dufour, son procureur, qui sont icy présens, soient tenus de se retirer présentement, attendu que jusqu’à présent ils n’ont point justiffyé ny fait veoir que led. s. Flamand soit créancier de la succession dud. deffunt s. de Marsy, ny qu’il ayt aucun intérêt d’estre présent à l’inventorié desd. efifects dud. defîunct et principalement aux papiers et enseignements de sa succession, à la description desquels l’on va procedder, ne pouvant estre présent à la description desd. tiltres et papiers, ny prendre connoissance des affaires de lad. succession sans avoir un tiltre et sans le justiffier.

Est aussy comparu le s>- Ancelme Flamand^ assisté dud. M® Fiacre du Four, son procureur, qui nous a dit que son opposition a esté formée à nos scellez et sur les biens effects et papiers de la succession dud. s. de Marsy pour la seureté et conservation de ses droits à cause de la socciété qui a esté contractée entre led. defîunct et luy, dont il y a eu acte par escrit qui est demeuré entre les mains dud. s'’ de Marsy ^ et qui est sous nos sellez, en exécution de laquelle ils ont travaillé conjoinctement à plusieurs ouvrages, dont partyes sont encore dans Tastellier dud. s'' de Marsy ^ tant à Paris qu’à Versailles et autres endroits, nottament le mosolée de M. le duc de Nuailles que cette vérité paroist sur le livre journal dud. defîunct qu’il requiert estre présentement examiné en sa présence, et supposé mesme qu’il n’y eust aucune societté, comme il est certain qu’il y en a une, led. Flamand a travaillé à plusieurs ouvrages pour raison desquels il est créancier du prix d’iceux ; soustient qu’il doit assister pour examiner dans lesd. papiers tout ce qui se trouvera de la societté, et ont signé.

Flaman. — Dufour.

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Et par lesd. s. Rahault et Delavergne, esd. noms, assistés comme dessus, a esté persisté en ce qu’ils ont dit cy-dessus et, sans y préjudicier ny approuver le dire dud. Flamant, ont requis qu’il ayt à faire sa déclaration présentement des ouvrages où il prétend estre en societté avec led. deffunt s^ de Marsy, et quelle somme icelluy s"' Flamant peult avoir reçue, tant par quittance qu’aultrement, et de qui, nottament depuis le compte qu il vient de dire de bouche avoir esté fait avec led. deffunt il y a quinze mois, consentant en satisfaisant à ce que dessus de luy faire veoir après le livre dud. deffunt s’^ de Marsy et dire ensuitte par eux ce que de raison pour l’intérest de lad. mineure, et ont signé.

Sur quoy, nous commissaire susd. avons ausd. partyes donné acte de leurs comparutions, dires, réquisitions, protestations et consentements, et, en conséquence, avons proceddé à la reconnoissance et levée de nosd. scellez, suivant et ainsy qu’il ensuit ;

Ce fait led. s. Flamand, assisté comme dessus, nous a requis acte de ce qu’en proceddant à 1 examen des papiers qui se sont trouvez sous nosd. scellez, il s’est trouvé un registre journal dud. deffunt sur lequel il est fait mentyon de plusieurs ouvrages ausquels led. deffunt de Marsy et Flaman travailloient en commun, en conséquence de la societté qu’il avoit avec luy qu il est fait mentyon du compte qui a esté cy-devant fait de partye desd. ouvrages, et qu’il est aussy fait mention de ce qui a esté reçeu par led. deffunct de Marsy, ensemble de ce qu’il prétend avoir payé aud. Flamand ; nous a requis que led. registre soit présentement inventorié, ensemble les mémoires qui se sont trouvez dans icelluy et tous les autres mémoires et papiers qui se pourront

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trouver cy-après, au fur et à mesure que se trouveront, pour la conservation de ses droits, et ont signé.

Et par lesd. s. Rahault et Delavergne, esd. noms, assistez comme dessus, a esté persévéré au réquisitoire qu’ils ont cy-dessus fait, et soustenu que led. Flamant y doit présentement satisfaire, et, faulte de faire sa déclaration et reconnoissance précise, au désir de leurd. réquisitoire, ont protesté contre luy de requérir acte de son refîus pour servir et valloir à lad. mineure en temps et lieu ce que de raison.

Ce fait, avons ausd. Rahault et Delavergne, esd. noms, donné acte de ce que led. Flaman n’a voulu respondre à leur réquisitoire et qu’il s’est retiré avec led. Dufour, son procureur, en disant qu’il ne voulloit rien dire davantage.

(Inventaire des papiers sans détails.)

Jeudi, 5 février 1682.

(Continuation de l’inventaire des papiers.)

En proceddant est comparu led. s'' Fabre, ès nom et qualités qu’il procedde, assisté dud. Auvry, son procureur, lequel en persévérant à l’opposition par luy formée à nosd. scellez, nous a requis qu’il soit inventorié un mémoire escrit de la main dud. deffunct s*" de Marsy commençant par ces mots : Mons'^ et au-dessous, nous sommes demeure^ d'accord, et finissant à la dernière ligne par ces mots : somme qu'il faut adj oust er à notre compte 1 ,5oo /., lequel escrit a requis estre, comme dit est, inventorié, et ont signé.

Par lesd. s*"® Rahault et Delavergne, esd. noms,... a esté requis acte de ce que led. s"^ Fabre et led. Auvry, son procureur, n’ont parlé du mémoire que lorsqu’il s’est rencontré par hazard parmy des papiers de peu de

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conséquence, n’empesche néantmoins qu’il soit inventorié suivant le réquisitoire dud. s"" Fabre, aux protestations que l’inventorié ne puisse nuire ny préjudicier à lad. mineure, y ayant apparence par|rinspection dud. mémoire qui paroist n'estre qu’un brouillon qui n’est signé de qui que ce soit, sont d’aucune considération.

Vendredi 6 février 1682.

(Continuation de l’inventaire des papiers.)

Le samedi, 7 février 1682.

Led. s’’ Rahault, ès noms et qualités qu’il procedde, a requis l’inventaire et description des ouvrages de marbres, morceaux et pièces de marbres, ustanciles et statuts ou figures qui se trouveront dans led. astellier deffunt s*" de Marsy.

(Continuation de l’inventaire des objets garnissant l’atelier.)

En procédant est comparu M® Charles Noury, avocat en la Cour, lequel nous a dit qu’il s’est opposé, comme par ses présentes il s’oppose et empesche formellement que les ornemens .de la cheminée et deux bustes estans à costé d’icelle soient inventoriez, attendu que l’un desd. bustes, représentant un portrait de fille, luy a esté donné en pur don par led. deffunt s'' de Marsy ^ et quand à l’autre buste et les ornemens cy dessus, sont chose deppendantes de la maison de laquelle led. Noury a pris un bail judiciaire, aussy bien que plusieurs autres augmentations que l’on dit avoir esté faites par led. deffunt sf de Marcy dans lad. maison, sur le pied desquelles augmentations et ornemens led. Noury a pris led. bail, lequel est à un prix presque exceddant de la moityé du prix auquel l’avoit led. deffunt s" de Marcy, protestant au surplus de se pourvoir ainsy qu’il advisera bon estre.

Par lesd. s''® Rahault et Delà vergue, esd. noms,... a

GASPARD DE MARSY

esté dit que lesd. ornemens de cheminée et bustes sont et appartiennent à la succession dud. deffunt s" de Marcy^ attendu que led. deffunt les y a posez, et une preuve de cette vérité, c’est que l’ancienne cheminée qui est au derrière desd. ornemens est encorre toute entière, et se peuvent lesd. ornemens enlever et emporter sans aucune destérioration de lad. ancienne cheminée et de la maison ; c’est pourquoy led. s*” Noury est mal fondé en sa protestation et empeschement, lesquels mesme sont venus à tard, attendu que lesd. ornemens et bustes ont esté inventoriez dès le jour d’hier, sommant et interpellant led. s*" Noury de déclarer de quel jour il est locataire de lad. maison par bail judiciaire; s’il est pas vray qu’il tenoit l’appartement par luy occuppé dud. deffunt s'’ de Marsy^ et que led. appartement estoit cy devant occuppé par led. s^ de Marcy du vivant de sa deffunte femme.

Par led. s*’ Noury a esté dit qu’à l’esgard des ornemens et bustes, il convient qu’ils ne sont deppendans de la maison; mais qu’estant entré en lad. maison en conséquence du bail judiciaire qui luy a esté fait pour en jouir du jour de Noël dernier et y ayant trouvé lesd. ornemens et buste posés comme ils sont, il a droit d’en jouir pendant sa jouissance de lad. maison ; et, au surplus, déclare qu’auparavant led. bail judiciaire, il tenoit l’appartement qu’il occuppé présentement dud. s»- de Marsy qui estoit locataire judiciaire de lad. maison avant luy, pourquoy il est redevable à la succession dud. deffunt de six mois de loyers escheus à Noël dernier, à raison de zSo livres par an, sur lesquels six mois il offre faire desduction du terme courant des lieux qui estoient occuppez par led. deffunt s"" de Marcy ^ lequel terme courant est deub aud. s"" Noury en conséquence

PIERRE FAUBERT. 63

de sond. bail judiciaire, mesme des loyers qui peuvent escheoir cy après.

Ce fait, avons ausd. partyes donné acte de leurs comparutions, dires, réquisitoires, protestations et interpellations, et, après qu’il a esté proceddé à l’inventorié de tous lesd. ouvrages, figures, statues et autres choses appartenant aud. deffunt, qui estoit dans son astellier, ainsy qu’il est mentyonné aud. inventaire, et qu’il ne

s’est plus trouvé aucune chose à inventorier les

meubles meublans, or, argent monnayé, ensemble les tiltres et papiers ont esté baillez et laissez en la garde et possession dud. sieur Rahault, l’exécuteur du testament dud. deffunt et tuteur de lad. mineure.

(Arch. nat., Y. 14739.)

PIERRE FAUBERT

MAITRE PEINTRE

28 octobre 1682.

Le titre de maître peintre s’applique, au xvii® siècle, aussi bien à un marchand de tableaux, de couleurs et de pinceaux qu’à un artiste proprement dit. Les membres de la corporation de Saint- Luc, les simples barbouilleurs avaient le droit de le porter pourvu qu’ils eussent payé les frais de réception, et ils ne s’en faisaient pas fautç. C’est le cas de Pierre Faubert ; il vendait des couleurs, des vernis, des pinceaux et aussi des tableaux; on en mentionne quatre-vingt-dix dans la description sommaire de son mobilier. On en trouve partout, dans l’escalier et jusque dans la cuisine. Il n’y a donc aucun doute sur la nature du commerce du défunt.

Si nous l’admettons ici, c’est en raison, non pas de l’importance de sa fortune, mais des détails que la description nous donne sur l’intérieur et la boutique d’un marchand de couleurs au xvu® siècle. En lui-même, Pierre Faubert nous intéresse médiocrement; mais il exerçait un état touchant de très près à

PIERRE FAUBERT

l’art et sur lequel les renseignements sont rares. On voit ici que cette profession ne laissait pas que d’être assez lucrative. Nous avons d’ailleurs retranché tous les passages n’apportant pas quelque indication utile.

Procès-verbal d’apposition de scellés après le décès de Pierre Faubert, maître peintre.

Le lundy, 28® jour d’octobre 1 68 r , . .. heures du matin ou environ, nous Nicolas de Vendosme, commissaire au Chastelet de Paris, estant requis, sommes transportez en une maison seize rue Darnetal, où pend pour enseigne la Cornemuse, paroisse Laurent, où estant, avons trouvé Denise Duhamel, à présent vefve de Pierre Faubert.^ vivant maître peintre, bourgeois de Paris;. qui nous a requis, à cause du decedz arrivé présentement dud. Pierre Faubert., son mary, vouloir à sa requeste, tant en qualité d’habile à accepter la communauté d’entre led. deffunt et d’elle ou d’y renoncer que comme exécutrice de son testament et ordonnance de dernière volonté, receu par Desnots et Douet, nottaires, le 27 mars 1680, mettre et apposer nos scellez sur tous les biens et efîectz par luy délaissez, à la conservation de ses droits et de qui il appartiendra.

(Signé :) Denise Duhamel.

Inclinant auquel réquisitoire, nouscommissairesusd., après avoir veu le corps mort dud. defîunt gisant sur un lit en une chambre au premier estage du corps de logis du milieu de lad. maison , ayant veue sur la seconde cour, avons mis et apposé nos scellez sur tous les biens et eflfects par luy délaissez, ainsy qu’il ensuit ;

Premièrement, avons mis et apposé notre scellé sur la serrure fermant un coffre de bahud quarré garny de doux de trois ou quatre piedz de long ou environ.

PIERRE FAUBERT

estant dans la chambre où led. deffunct est deceddé...; sur une petitte cassette couverte* de cuir noir de deux piedz de long ou environ, estant dans lad. chambre..., sur une cassette de bois de noyer.

Et à i’esgard d’une armoire à quatre guichets estant à costé de la cheminée, enclavée dans le mur, nous n’avons sur icelle apposé aucun scellé, attendu qu’en ayant esté fait ouverture avec les clefs, il ne s’y seroit (trouvé) que des confitures, sucre et autres choses servant à la nourriture.

C’est trouvé dans lad. chambre (on commence, suivant l’habitude, par les chenets, lit, etc.) : vingt-trois tableaux de dévotion et paysages de différentes grandeurs, garnys de leurs bordures dorées ; huict autres tableaux, aussy de différentes grandeurs, représentant des figures et des paysages, sans bordure; un autre tableau représentant une mer, avec sa bordure de bois; dix autres petits tableaux, partye peints sur bois, d’autres sur toille, représentant des paysages, des fleurs, une Vierge; quatre ayant des bordures dorées, trois n’en ayant pas.

Dans une chambre à costé, avons mis et apposé notre scellé sur la serrure d’une armoire de bois de noyer à quatre guichets à l’antique; sur un grand coffre de bahud couvert de cuir noir, garny de doux de quatre pieds de long ou environ.

C’est trouvé dans lad. chambre (nous passons le lit, les sièges et tapisseries de Bergame) : quatre tableaux à bordures dorées représentant des paysages, figures et fruits; vingt autres tableaux de différentes grandeurs représentant des paysages et figures, sans bordure.

Dans une chambre, au mesme estage, respondante sur le mesme palier vis-à-vis la précédente, avons mis

NOUV. ARCH. DE I.’aRT FR. l883 5

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nostre scellé sur le volet d’une grande armoire de bois de sapin de 6 pieds de hault ou environ ; sur la serrure d’un grand coffre de bahud rond, de 5 pieds de longueur; sur la serrure d’un grand coffre de bahud quarré, couvert de bois noir garny de clouds.

Cest trouvé dans lad. chambre : huict tableaux peints sur toille représentant des paysages , fruits et fleurs et des figures, l’un ayant une bordure dorée.

Sur la moitié du principal escallier : quatre tableaux peints sur toille représentant des figures.

Dans le grenier : nous a esté dit par lad. vefve qu’il n’y avoit que des planches servans à leur mestier.

Dans la cuisine (on passe les ustensiles qui ne méritent pas d’être cités) : quatre tasses, neuf cuillières et neuf fourchettes d’argent; sept tableaux peints sur toille representans des figures, dévotions et paysages, un autre grand tableau peint sur toille, avec sa bordure, représentant une Nativité.

Ce fait, aurions esté conduit par lad. vefve dans une salle basse appellée la boutique, oü estant, elle nous auroit dit et remonstré que l’on ne pouvoit apposer scellés dans icelle sans faire un tort considérable à la succession, attendu le destail journallier qu’il faut faire des couleurs et marchandises y estans, et que, si l’on discontinuoit, cela ruineroit le commerce et deschallanderoit la maison, estant mesme obligée de débiter les jours de festes aux peintres qui sont employez à Versailles aux Maisons Royalles et dans des atteliers considérables où ils travaillent tous les jours d’obligation, en sorte qu’ils n’ont que les festes et dimanches pour se venir assortir de couleurs; pour toutes lesquelles considérations lad. boutique ne pouvant estre scellée, elle offre de se charger de toutes les marchandises en l’estât

PIERRE FAUBERT

qu’elles sont, offrant de les représenter et tenir compte exact de ce qui en sera par elle vendu jusques au jour de l’inventaire. Et, pour cet effect, s’est chargée de la quantité de cinquante boettes, tant quarrées qu’auvalles, de différentes grandeurs, estant dans son comptoir, dans lesquelles il peut y avoir environ quinze livres de différentes couleurs ; plus des boettes où il y a des pinceaux ; plus dans une boette longue fermante, environ pour 3oo livres d’outremer^; plus dans une autre petite armoire, environ pour une pistolle de coquillages et boettes pour les enlumineurs. Comme aussy s’est chargée de la quantité de quarente boettes estant dans lad, salle vis-à-vis led, comptoir, à costé de la cheminée, où il y a des couleurs communes, des gommes pour faire des vernys ; plus de huict boettes où il y a des pinceaux et brosses, deux douzaines de godets remplis de couleurs communes. C’est aussy trouvé dans lad, boutique des bouteilles de vernys, trois terrines d’ocre broyé, un comptoir dans les tiroirs duquel ne s’est rien trouvé, un petit cabinet de bois de poirier noircy, un autre comptoir, une grande armoire servant à mettre les couleurs, très grande paire de balances avec ses poids de fer, deux autres moyennes balances, quatre autres petites paires de balances avec deux marcs, vingt-trois tableaux, sans bordure, représentant des testes, deux tableaux avec leurs bordures dorées, l’un représentant ‘des fleurs^ l’autre le vendeur de noir^ deux autres paires de balances.

I. L’outremer, fabriqué avec du lapis lazuli jusqu’aux découvertes modernes de la chimie, était toujours d’un prix élevé, comme nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le constater et comme le fait voir le présent article.

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Dans l’attelier : deux pierres à broyer avec leurs mollettes.

Lesquelz scellez, meubles et hardes, ustanciles, vaisselle d’argent et marchandises estans dans lad. boutique mentionnée en nostre présent procès-verbal, nous avons baillez et laissez en la garde et possession de lad. Denise Duhamel, vefve dud. deffunt Faubert, qui s’en est volontairement chargée, a promis le tout représenter et nosd. scellez sains et entiers, et tenir un estât et mémoire au vray de tout ce qui sera par elle vendu desd. marchandises et des deniers qu’elle en recevra jusques au jour de l’inventaire ; lad. apposition et description faite en presence de Pierre Vielton, peintre et cousin dud. deffunt, et ont signé :

Denise Duhamel. — Pierre Vielton.

[Le vendredy, 8® jour de novembre 1680, la veuve requiert la levée des scellés pour procéder à l’inventaire qui sera dressé par Pierre Douet, notaire. Marin le Noury, sergent à verge, est chargé de la prisée, et les marchandises sont estimées par Charles Hubert, marchand épicier, bourgeois de Paris.]

Du mardy, 12 novembre 1680.

Continuation de l’inventaire des marchandises (dans une chambre au second étage) ;

Et s’estant trouvé dans lad. chambre un coffre-fort fermé à clef, et la clef n’en ayant pu estre représentée, ce requerrant les parties, auroit este mandé Pelletier, maître serrurier, lequel estant venu et ayant fait ouverture dud. coffre en leur présence, se seroit trouvé dans le coffre les espèces qui ensuivent :

277 écus d’or vallant 1,578!. i8s.

69 louis d’or vallant 7^9

PIERRE FAUBERT

3 0 demy louis d’or vallant . . . .

zj quadruples vallant

1 5 lis d’or vallant

io5

1 2 1 pistolles d’or vallant ....

22 demy pistolles vallant ....

59 demy escus d’or vallant. . . .

7 doubles pistolles vallant ....

iSq

Monnoye blanche.

22 escus blancs vallant

36 pièces de trente sols

5o pièces de cinq sols vallant . . .

En pièces de 36, cent soixante-huit

livres

Revenant le tout à la somme de . .

Comme aussy se sont trouvés dans le coffre-fort plusieurs papiers que y sont demeurez pour estre examinez avec les autres.

Du Jeudy 14 novembre 1680.

Dans une grande armoire de bois de noyer à quatre guichets à l’antique, estant dans une chambre attenant celle où led. deflfunt est deceddé, se sont trouvés des habits et linge qui ont esté inventoriés et prisés aud, inventaire.

Et avons trouvé dans lad. armoire la vaisselle d’argent qui ensuit :

Une esguière descouverte, deux escuelles, une sallière, un sucrier, six tasses, douze cuillers et neuf fourchettes, y compris celles trouvées en evidence lors de l’apposition de nos scellez qui a esté représentée et pezée avec celle cy-dessus; en tout, s’en seroit trouvé

yO FRANÇOIS PACQUE.

quinze marcs deux onces, qui ont esté prize aud. inventaire, à raison de 27 liv. le marc, revenant le tout à la somme de 419 liv. 7 sols 6 deniers.

L’inventaire est clos le lendemain vendredi, i5 novembre.

(Arch. nat, Y. 12282.)

FRANÇOIS PACQUE

MAITRE PEINTRE

20 mars 1684.

Apposition de scellés, le lundi, 20 mars 1684, sur les biens meubles de François Pacque, maître peintre à Paris, décédé le même jour, au deuxième étage d’une maison sise rue Saint- Denis, vis-à-vis l’église Saint-Sauveur, ayant pour enseigne le Cornet; à la requête de Nicolas Roze, cocher du S. Faradel, et Nicolas Pacque, aussi cocher, ses neveux et seuls héritiers.

Le défunt laisse une veuve nommée Marie Bourdet. Bien que le mobilier soit des plus modestes, il s’y trouve deux tasses d’argent, l’une marquée P, l’autre FP et MB, initiales du défunt et de sa veuve.

(Arch. nat., Y. 11620.)

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